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Venezuela. Washington passera-t-il enfin aux actes ?

Manifestement, le pouvoir américain qui affirme plus que jamais sa volonté de renverser Nicolas Maduro, président du Venezuela, paraît hésiter. Mais pourquoi la plus grande puissance militaire du monde hésiterait-elle à affronter l'armée vénézuélienne qui pour le moment reste fidèle à Maduro ?


A ce jour 24/02/2019, Caracas continue à s'opposer aux livraisons de marchandises en provenance des Etats-Unis, souhaitées par l'opposant Juan Guaido. Des camions ont malgré tout tenté de franchir la frontière colombanio-vénézuelienne, par le pont Francisco de Paula Santander, mais ils se sont heurtés à l'armée de Maduro. Deux camions ont été détruits. Il y a eu aussi des victimes civiles. Nul n'ignore que ces marchandises, comportant une assistance alimentaire, comportent aussi des armes fournies par Washington et destinés aux opposants à Maduro. Ceux-ci s'en étaient d'ailleurs été vantés. Un autre convoi est en attente à la frontière du pays avec le Brésil, également bloquée 1) . Le même jour, Nicolas Maduro avait annoncé la rupture des liens diplomatiques avec la Colombie, dénonçant l'appui apporté par le président Ivan Duque à Juan Guaido, pour faire entrer l'aide humanitaire au Venezuela.

Dans le même temps, un important envoi de médicaments provenant de Russie, par l'intermédiaire de l'OMS, a été reçu avec reconnaissance par Maduro . «Je dois remercier l'Organisation panaméricaine de la santé et le président Vladimir Poutine pour ces opportunités, cette fermeté dans l'approvisionnement en médicaments, ils viennent tout le temps, chaque semaine», avait déclaré Nicolas Maduro, le 21 février.

Dans la suite de ces tensions à la frontière, Washington a annoncé que les Etats-Unis allaient «passer aux actes» contre «ceux qui s'opposaient à un retour paisible de la démocratie au Venezuela». Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo a en effet estimé que Nicolas Maduro avait envoyé «des gangs armés» pour attaquer des civils innocents. Il a affirmé qu'il était temps d'agir « pour soutenir les efforts du peuple vénézuélien désespéré». En fait, comme on le sait, les soutiens populaires à Maduro se poursuivent. 

Cela fait déjà plusieurs jours que Washington menace Maduro d'une intervention militaire. Mais il ne fait rien. Ceci tient sans doute, comme nous l'avons plusieurs fois écrit, que la Russie et la Chine ne pourraient pas accepter le renversement de Maduro par des opposants directement manipulés par les Etats-Unis. Ceci mettrait fin sans doute définitivement à toute présence économique et politique de Moscou et de Pékin en Amérique du Sud. Les trois Amériques, y compris l'Amérique centrale et Cuba, formeraient alors un continent entièrement dominé par Washington et le Pentagone.

Mais des réactions militaires russes et chinoises seraient très difficiles, vue la distance, sauf à faire appel à des missiles hypersoniques lancés de sous-marins. Ils n'en ont pas pour le moment sur zone. Ils ne pourraient qu'employer des missiles intercontinentaux dotés de têtes nucléaires, ce qui serait la guerre mondiale. Washington va-t-il courir ce risque en pariant que Russes et Chinois ne feraient rien ? Il y a tout lieu de le penser.

1) Au 24/02, voir un article de Europe1, à lire avec circonspection compte-tenu de la non-neutralité de cette station.

Voir aussi Tass Colombian leader orders humanitarian convoy to return

 

24/02/2019
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