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Une destruction préméditée du modèle français de l'Etat

On sait que le candidat Sarkozy à la présidence de la République française s'était donné le profil d'un réformateur et d'un défenseur de l'initiative privée. Malheureusement, dans son esprit, la réforme consistait principalement à détruire le modèle français de l'Etat protecteur, tandis que le soutien à l'entreprise privée devait bénéficier à un certain nombre d'amis, patrons et titulaires de grandes fortunes.

Arrivé au pouvoir, et malgré les conséquences d'une crise qui ne cesse de s'étendre, le président Sarkozy n'a rien voulu retirer des décisions qu'il avait décidé de prendre. Concernant notamment la prétendue réforme de l'Etat, il a continué d'imposer contre vents et marées des réductions d'effectifs et de moyens aux administrations, bien que ceci pénalise de plus en plus gravement leur fonctionnement. Peut-être compte-t-il sur l'insatisfaction que pourrait ressentir l'opinion face à des services de plus en plus débordés. Il y puiserait de nouveaux arguments pour remplacer ces services publics par des entreprises privées, sur le modèle américain où le poids désormais pris par la firme Halliburton dans le domaine de la sécurité et de la défense est emblématique.

Or on voit et on verra les conséquences véritablement dramatiques pour la nation qui découleront de cette destruction préméditée du modèle français de l'Etat. C'est la police handicapée par les réductions d'effectifs qui n'est plus en mesure de limiter la croissance des activités criminelles, ceci malgré les exhortations des chefs hiérarchiques et du président lui-même. C'est l'éducation nationale qui doit assurer la rentrée 2009 dans des conditions de plus en plus difficiles, du fait de pertes de milliers d'emplois.

Mais ce sera bientôt l'hôpital qui sera à son tour la victime des économies en personnels et en moyens techniques imposées envers et contre tout depuis deux ans. L'hôpital va connaître bientôt ses moments de vérité, avec l'explosion prévue et désormais inéluctable de la pandémie de grippe A. Quand les urgences seront saturées, quand les services de réanimation et d'assistance respiratoire ne pourront offrir que 2 à 4 lits là où il en faudra des dizaines, à qui fera-t-on porter la responsabilité des morts qui auraient pu être évités : aux soignants, aux directeurs d'hôpitaux, aux Agences régionales de santé, à la ministre ? A  tous sens doute mais pas à un président qui s'était mis en tête de faire fonctionnel l'hôpital comme une entreprise, à flux tendus, sans aucune réserve opérationnelle.

Bien sûr, les seuls qui se réjouiront seront ces champions de l'initiative privée et du profit que sont les sociétés de gardiennage et de sécurité, les établissements privés d'enseignement et les cliniques non conventionnées, tous amis d'amis du président et du parti au pouvoir. Est-ce là l'image que la France va donner à l'Europe, alors qu'elle était jusque là considérée comme la championne d'un modèle social auquel avec la crise on attribue désormais de plus en plus de mérite ? 

Inutile d'ajouter que nous rejetons ici l'argument selon lequel l'augmentation des déficits publics oblige à supprimer quelques milliers d'emplois. Il s'agit de sommes dérisoires au regard de celles dépensées par ailleurs, ou non perçues du fait des dégrèvements fiscaux, le tout sans bénéfices autres qu'électoraux.
04/09/2009
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Une haine maladive des administrations
05/09/2009 18:29:24 | Par : lefebvre
Ne pensez vous pas que la haine maladive des administrations dont fait preuve le président Sarkozy ne tient-elle pas tout simplement au fait qu'il n'a pas été capable de faire l'Ecole d'Administration? Les petites causes entraîne de grands effets.

Didier Lombard démission
15/09/2009 10:27:49 | Par : ancien de FT
Didier Lombard aurait du démissionner depuis longtemps face à cette avalanche de suicides à FT. Ne fut-ce que pour dénoncer la course au profit qui mine désormais les anciens services publics. Mais il a oublié les leçons de déontologie que l'on enseignait dans l'ancienne Direction générale des Télécommunications (DGT). Trop bien payé aujourd'hui pour s'en souvenir ?
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