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L'armée américaine au Venezuela ?

Un rapport très attendu de l'Ecole de guerre de l'armée américaine (US Army War College) a été publié en mars 2018 sous le titre de National Security Strategy of the United States of America.

Ce rapport n'est pas public, mais un long article intitulé Strategic Insights: The Strategic Relevance of Latin America in the U.S. National Security Strategy provenant du War College en donne une analyse détaillée.

L'article est à lire attentivement si l'on veut comprendre les objectifs et les moyens que poursuivront dans les prochaines années le Pentagone et la Maison Blanche. Nous ne pouvons ici en donner une analyse convenable, compte tenu du temps disponible. Les lecteurs intéressés devront s'y reporter. Le rapport décrit en détail la façon dont les Etats-Unis doivent continuer à dominer pour leur sécurité l'ensemble du continent sud-américain. La stratégie à suivre s'organise en « quatre piliers » stratégiques, abondamment documentés et très éclairants pour mieux comprendre la façon dont Washington entend poursuivre se « domination globale ».

En fin de document des précisions sont données concernant la politique que les Etats-Unis doivent adopter relativement aux Etats d'Amérique Latine se disant démocratiques, mais fragiles et divisés. Ils représentent selon le rapport une menace pour l'Amérique du fait qu'ils facilitent l'intervention d' « acteurs extérieurs, tels que la Russie, la Chine et l'Iran, opposés aux intérêts des Etats-Unis dans la région ».

Ce rapport est souvent cité aujourd'hui car il évoque la nécessité d'une intervention de l'armée américaine dans ces Etats. C'est évidemment dans le cas du Venezuela qu'une telle intervention est aujourd'hui envisagée. Cette intervention militaire devra se faire en priorité pour mettre à l'épreuve les capacités de l'armée américaine à combattre dans des villes et banlieues densément peuplées, la plus importante étant Caracas.

Le texte précise qu'il faut étudier l'aptitude de l'armée à mener des guerres conventionnelles (sans recours à l'arme atomique) dans des environnements non-conventionnels (différents des champs de bataille habituels). Ceci, bien que le rapport ne le précise pas, signifie qu'il ne faudra pas se laisser arrêter par des considérations humanitaires quand il s'agira de débarquer au Venezuela pour en éliminer l'actuel président Nicolas Maduro.

Mais l'objectif n'est pas nouveau. Il a été celui de l'armée américaine lors de la seconde guerre mondiale. Des villes allemandes entières telles que Dresde ont été rayées de la carte, bien que n'abritant que peu d'éléments de l'armée nazie. Mais il reste celui de l'armée américaine dans le cadre de l'Otan, puisque c'est dans une Europe au peuplement urbain dense que se méneront les guerres envisagées contre l'armée russe.

Les nombreux manifestants de la droite et du centre qui multiplient au Venezuela les rassemblements de rue pour réclamer, entre autres, l'intervention de l'US Army, sont-ils conscients que si l'armée Venezuela opposait la moindre résistance aux forces américaines, ils seraient les premières victimes des combats de rue généralisés qui en résulteraient. Comme à Dresde, la doctrine serait : « tout détruire d'abord, discuter ensuite ». 

04/02/2019
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