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Lumière sur un oligarque russe

On appelle, en Russie, oligarques les milliardaire russes qui avaient mis la main sur les richesses économiques de la Russie à la suite de la chute de la Russie soviétique, notamment lors de la Perestroïka puis sous Boris Eltsine. Ils sont nécessairement très liés aux multinationales financières américaines, dont nul n'ignore qu'elles coopèrent étroitement avec le Département d'Etat et la Maison Blanche.

Les naïfs avaient pu penser que Vladimir Poutine aurait tenté de limiter l'influence de ces oligarques, qui en apparence s'opposent à son projet de Nouvelle Russie. Mais il n'en a rien fait et ne fait toujours rien en ce sens. Il est sans doute indispensable pour lui en effet de bénéficier de leur appui pour financer le soutien politique des citoyens russes et les bonnes relations qu'il cherche à entretenir avec les classes dirigeantes étrangères.

Comme l'on peut s'y attendre, l'on sait peu de choses sur ces oligarques en Occident, tant du moins que l'on n'est pas proche des multinationales qui coopèrent avec eux. L'affaire Benalla apporte cependant aujourd'hui une lumière crue sur la coopération que ledit Benalla, alors conseiller d'Emmanuel Macron, et pas seulement chargé des questions de sécurité, entretenait avec l'un des ces milliardaires russes, un certain Iskander Makhmoudov. On lira à ce sujet un article de Mediapart

Il serait impensable que Benalla n'ait pas connu les liens de cet Iskander Makhmoudov avec le milieu du crime multinational. Cet homme d'affaire de 55 ans, d'origine Ouzbeck, selon des informations obtenues précédemment par la justice espagnole, est à la tête d'un empire industriel qui comprend l'entreprise UMMC (métallurgie), le groupe Transmashholding (premier fabricant russe de matériel ferroviaire) et la société Kuzbassrazrezugol (charbon). La revue Forbes estime son patrimoine personnel à près de 6,5 milliards d'euros.

Il n'y aurait pas de mal à cela, dira-t-on, mais  l'oligarque est également soupçonné de longue date d'être personnellement lié au groupe criminel moscovite Ismajlovskaya, réputé l'un des plus dangereux au monde. Selon un acte d'accusation du parquet espagnol daté du 13 mars 2009, Iskander Makhmudov a été mis en cause pour « association illicite » (avec le groupe criminel Ismajlovskaya) et « blanchiment de capitaux »,  via la société de commerce de métal Vera Metallurgica S.A., dont il contrôle la maison-mère. 

Un autre acte d'accusation, daté du 29 mai 2015, souligne aussi qu'il était « en lien direct » avec Guennadi Petrov, le chef présumé de Tambovskaya-Malychevskaya, le plus important groupe criminel russe. En Espagne, le juge avait pris la décision, en 2011, de transmettre ce dossier au parquet russe qui, comme il était prévisible, n'a pas donné suite.

Deux conclusions, un peu sinistres, sont à tirer de cette affaire. La première est que Vladimir Poutine tolère les agissements criminels des oligarques russes. Sans doute craint-il que vu sa popularité décroissante, il soit rapidement renversé par un coup d'Etat intérieur financé par ces oligarques, si ceux-ci voyaient menacé leur pouvoir sur la société russe.

La seconde est que les plus hautes instances de l'Etat, en France (pour ne pas donner de nom) acceptent de voir des personnalités les représentant coopérer étroitement avec ces oligarques criminels russes, si cela peut servir leurs efforts pour s'approprier tous les pouvoirs.

Pour notre part, nous nous bornerons à indiquer que se sont probablement tous les gouvernements européens qui coopèrent, à travers les oligarques russes, avec les mafias et organisations du crime international, si cela peut servir leurs intérêts politiques. Nul n'est parfait.

 

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29/01/2019
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