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Le S-400 russe Triumph, nouvelle arme fatale russe ?

Le S-400 est un système de missiles et anti-missiles russe désormais opérationnel. L'armée russe en est dotée. La Russie le propose désormais à divers pays « alliés » tels que la Turquie.

L'on sait que le fabricant russe a mis au point des systèmes aux performances supérieures, le S-500 et un éventuel S-600 encore expérimental. Mais ni l'un ni l'autre, semble-t-il, n'équipe pour le moment les forces armées russes. La Russie a déjà une grande expérience de ce type d'armes, puisque depuis longtemps elle est dotée de systèmes prédécesseurs, dont certains encore en service, les  S-300PMU1/2Tor-M1Pantsir-S1

Comme l'indique Wikipedia, le système S-400 inclut :

  • 1 poste de commandement mobile 55K6E

  • 1 station radar mobile 91H6E

  • Jusqu'à 8 groupes de lancement incluant :

    • 1 station radar mobile multifonction 92H6E

    • 1 station radar mobile de haute altitude 96L6E

    • 1 station radar mobile basse altitude et cibles de taille réduites 40B6M

    • Jusqu'à 12 véhicules de lancement avec 4 missiles chacun 5P85TE2/5P85SE2

    • 5 types de missiles (portées et altitudes de frappe différentes sélectionnables automatiquement lors du tir en fonction de la détermination du type de cible)

  • Système de maintenance de l'installation de tir

  • Système de maintenance des missiles

Au total, un système comprend jusqu'à 48 missiles prêts à tirer. Les différents systèmes présents dans une zone peuvent fonctionner en réseau, et ainsi couvrir un vaste territoire.
Le poste de commandement peut aussi contrôler les systèmes précédents encore en usage.

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Un système tel que le S-400 est capable de détruire en vol non seulement les missiles adverses, mais les avions de combat, furtifs ou non, tels le F-35 américain. Disposé en nombre suffisant le long d'une frontière, il définit une zone dite « no fly » A2-AD ou zone « de déni d'accès », interdite à toute incursion ennemie et protégeant de façon à ce jour définitive le territoire situé derrière cette frontière.

Or, pour une raison que l'on a du mal à s'expliquer, le Pentagone qui était nécessairement grâce à ses systèmes de renseignement au courant de l'existence du S-400, avait jusqu'ici négligé de faire développer des systèmes aux performances suffisantes pour neutraliser les S-400, ce dont l'industrie militaire américanise aurait certainement été capable. Aujourd'hui, il se réveille, mais un peu tard. Dans tous les systèmes d'armes modernes, un retard pris est difficile à récupérer, si l'adversaire continue à y investir. Il en est d'ailleurs de même dans le cas des missiles hypersoniques russes, tels que le Kinjal, dont nous avons discuté précédemment.

Le réveil du Pentagone est pour le moment un aveu d'impuissance, comme en témoigne un article du 23 janvier du Wall Street Journal

Selon cet article, le Pentagone découvre que le déploiement actuel de systèmes S-400 depuis le nord de la frontière orientale russe jusqu'au Moyen-Orient correspond à ce que l'article nomme un nouveau rideau de fer militaire, derrière lequel la Russie aura tout capacité d'action. Certes, un tel rideau de fer est franchissable par des missiles balistiques intercontinentaux ICBM, mais leur emploi par les Etats-Unis serait un acte de guerre susceptible de déclencher une conflagration mondiale. L'article constate que ce nouveau rideau de fer remet en jeu la supériorité militaire que Washington a toujours voulu se doter.

On peut penser que ce pessimisme, exposé dans un journal aussi influent en Occident que le WSJ, est en partie inspiré par le Pentagone, qui veut voir augmenter les crédits dont il dispose, ceci malgré les accroissements du budget militaire que vient de consentir Donald Trump. Il voudrait aussi que les Etats-Unis s'opposent à l'acquisition de S-400 par la Turquie. Mais il y a certainement plus. Le Pentagone découvre qu'il est désormais indispensable de repenser la structure et l'organisation de l'ensemble des trois armes, terrestre, maritime et aérienne.

Mais apparemment nul n'a encore d'idée précise, autant que l'on sache, sur ce que devrait cette organisation, ni autour de quels systèmes d'armes capables de contrebalancer la « dominance » dont est en train de se doter la Russie. Ne s'en effraieront que ceux qui, notamment en Europe, voient voient l' « ours russe », comme décidé à engloutir la totalité du continent.


 

 

26/01/2019
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