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Au Venezuela, les Etats-Unis organisent le renversement de Nicolas Maduro. Mis à jour au 26/01

Dans une brève d'actualité récente, nous commentions le mini-coup d'Etat militaire déjoué contre Nicolas Maduro. Nous signalions in fine le fait que Juan Guaido, président de l'Assemblée Nationale, venait de se proclamer président par intérim du Venezuela. avec certainement le soutien de toutes les forces de droite et d'extrême droite du pays, et nécessairement l'appui de Washington.

Le 23 janvier, l'actualité s'est précipitée. Guaido s'est affirmé comme président du pays lors d'une manifestation de masse à Caracas. Immédiatement après, Donald Trump l'a lui-même reconnu en tant que président par intérim du Venezuela. Il a été immédiatement suivi par les divers gouvernements alliés des Etats-Unis qui y ont ajouté des messages d'encouragement à Guaido. Emmanuel Macron a été l'un des premiers à le faire, marquant ainsi sa volonté d'allégeance à Washington. Mais le plus commenté a été l'encouragement donné par Jair Bolsonaro, président d'extrème-droite du Brésil. Seul à ce jour refusant de reconnaître Juan Guaido comme président sont la Russie, la Turquie et le Mexique, après Cuba et la Bolivie.

Comme chacun le sait mais ne veut pas ou n'ose pas le reconnaître, de peur de mécontenter le grand allié américain, les Etats-Unis veulent absolument mettre la main sur les réserves pétrolières du Venezuela, pour le compte de leurs entreprises pétrolières. L'Amérique est devenue récemment l'un des premiers producteurs de pétrole, mais il s'agit de pétrole de schiste qui n'est pas facilement utilisable . De plus les réserves naturelles de ce pétrole ne dureront pas très longtemps. S'approprier le pétrole vénézuélien est considéré comme essentiel.

Par ailleurs, Washington veut détruire les relations diplomatiques et militaires que le Venezuela avait commencé à établir avec la Russie et la Chine.

Depuis déjà 20 ans, la CIA avait essayé de renverser, par des coups d'Etat montés de l'intérieur du pays, le prédécesseur de Maduro, Hugo Chavez. Mais celui-ci avait été suffisamment habile, en s'appuyant sur sa popularité à l'extérieur, pour déjouer ces tentatives. Il faut bien constater que Maduro n'a pas su faire la même chose, notamment du fait de son manque de charisme.

Aujourd'hui, il est clair que l'Administration américaine, avec certainement le soutien de Donald Trump, veut en finançant massivement l'opposition populaire à Maduro et en créant une situation de guerre civile à Caracas, recréer les conditions d'une intervention militaire dans le pays. Précisons que l' « opposition populaire » à qui les médias occidentaux offrent une large tribune, n'a de populaire que le nom. Les vraies classes populaires sont celles des banlieues pauvres et des campagnes qui se sont reconnues en Chavez puis Maduro. Mais elles n'ont pas les moyens de manifester au cœur de Caracas ni de s'exprimer de façon savante.

Nicolas Maduro avait en riposte à l'intervention américaine déclaré qu'il rompait les relations diplomatiques avec Washington et qu'il demandait au personnel américain de l'ambassade de rentrer aux Etats-Unis. Mais, chose inusitée en matière de relations internationales, ce personnel vient de déclarer qu'il n'en ferait rien. Concernant la possibilité d'une intervention de l'armée américaine, Donald Trump vient de déclarer que toutes les options étaient sur la table. En attendant, il préparerait un blocus naval du Venezuela et la saisie des intérêts économiques vénézuéliens aux Etats-Unis.

Maduro pourra-t-il compter sur un appui de l'armée au cas où les relations avec les Etats-Unis se détérioraient vraiment. Nul n'ignore que les officiers vénézuéliens entretiennent depuis longtemps les meilleures contacts avec leurs homologues de l'US. Army. En cas de crise, refuseraient-ils  d'obéir au gouvernement légitime? Le 23, une vidéo largement diffusée a montré le général de division Jesús Alberto Milano Mendoza, entouré d'officiers supérieurs, exhortant l'armée à se révolter contre Maduro. Cependant, pour le moment, le gros de l'armée semble rester fidèle.

Les prochains jours montreront les réactions éventuelles de la Russie à ces événements. Moscou, il faut le rappeler, dispose d'une petite centaine d'hommes à Caracas, venus les jours précédents à la demande de Maduro, participer à des manœuvres communes avec l'armée vénézuélienne.

Carte. Gisements pétroliers et gaziers de l'Orinoco. Les réserves en mer ne figurent pas sur cette carte

PS. Voir cette réaction officielle russe au 24:01, 22h
http://tass.com/world/1041512?mc_cid=de2e01b50b&mc_eid=c88862f7f8

Voir aussi au 25/01  http://theduran.com/russia-warns-us-intervention-in-venezuela-would-have-catastrophic-consequences/?mc_cid=8a48bcae75&mc_eid=c88862f7

Toujours au 25/01, la Chine réagit aussi
http://www.atimes.com/article/china-slams-foreign-interference-in-venezuela/?utm

Par ailleurs, il apparait qu'environ 400 mercenaires contractuels russes ont été ces derniers jours transportés à Caracas par des avions civils russes afin de protéger Maduro
https://www.zerohedge.com/news/2019-01-25/russia-sends-security-contractors-venezuela-protect-maduro
____________________________

Sur le gaz de schiste américain (shell gas) voir https://oilprice.com/Energy/Energy-General/Warning-Signs-Flash-For-US-Shale.html?mc_cid=de2e01b50b&mc_eid=c88862f7f8

 

 

 

24/01/2019
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