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Lettre aux Français et Grand Débat

La lettre aux Français, qu'Emmanuel Macron vient de publier, recense honnêtement, certains diront habilement, un grand nombre des questions que les citoyens se posent, indépendamment de leurs choix politiques. Le Grand Débat qui suivra devrait conduire à discuter des réponses que les Français voudraient leur voir apporter. Mais peut-on sérieusement attendre quelque chose des suites qui seront données à ce Débat?

Or l'opposition populaire au système politique actuel, qui s'exprime, notamment à l'occasion des manifestations des Gilets Jaunes, a déjà fait remarquer qu'Emmanuel Macron n'a donné aucune assurance sur le fait qu'il tiendrait compte des résultats du Grand Débat pour proposer un changement substantiel de sa ligne politique. Tout au contraire, il a laissé entendre qu'il ne changerait rien à celle-ci. Le cas le plus emblématique est celui du refus d'un retour à l'impôt sur la fortune. Mais en y regardant bien, ce sera le cas dans tous les autres domaines.

La première des décisions qu'il pourrait prendre pour que le Grand Débat puisse avoir quelques conséquences utiles serait la dissolution de l'Assemblée Nationale et l'organisation de nouvelles élections. Mais ni lui ni la majorité à ses ordres dite de la République en Marche ne l'accepteraient. Ils ne le veulent pas parce qu'ils savent que cette majorité a été élue sur la base d'un malentendu, sinon d'un mensonge délibéré, celui par lequel Emmanuel Macron modifierait sérieusement la ligne politique jusqu'ici imposée par les Présidents de la République et les majorités successives. Cette ligne politique fait du gouvernement français le mandataire fidèle des multinationales financières dominant l'ensemble du monde dit occidental.

Pour celles-ci, il n'est pas question d'utiliser les quelques 100 milliards de profits que viennent d'enregistrer les entreprises du CAC 40 à des investissements économiques et sociaux susceptibles de répondre aux besoins non satisfaits des citoyens. Cependant, sans demander l'impossible, l'on pourrait espérer que quelques uns de ces milliards puissent par exemple être affectés à des équipements collectifs « non rentables » tels que ceux concernant l'habitat ou les transports publics, sans mentionner l'hôpital et l'école. Mais cela, ni les multinationales ni les institutions de l'Union Européenne ne l'accepteraient.

Il est évident que si Emmanuel Macron manifestait la moindre intention de changer de politique, il se suiciderait aux yeux de ces pouvoirs dominants. Ce serait de l'héroïsme. Sans doute n'a-t-il pas l'envie d'entrer dans l'histoire comme le premier Chef d'Etat européen ayant fait preuve d'héroïsme.

14/01/2019
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