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Elections en Afghanistan. Le bourbier s'approfondit encore

Comme on pouvait le supposer, chacun y compris les représentants des talibans, peut estimer avoir franchi avec succès l'épreuve prétendue test des élections présidentielles du 21 août.

La coalition occidentale, menée par les Américains, peut prétendre que le pari sur la démocratisation du pays est gagné, puisqu'un bain de sang a été évité et que semble-t-il 40% des inscrits se seraient exprimés au lieu il est vrai de plus de 70% à la précédente élection. Quant aux deux candidats, Hamid Karzaï et Abdullah Abdullah, ils revendiquent tous deux la victoire. Allah les départagera certainement, à défaut de la Commission électorale afghane.

Cependant, les quelques journalistes européens qui, on ne sait  comment, ont pu observer le fonctionnement de certains bureaux et plus généralement les réactions de la rue dans quelques grandes villes, signalent  la lassitude générale de la population, l'exaspération à l'égard de la situation économique et du manque de sécurité qui ne cessent d'empirer, le rejet croissant des troupes « étrangères » assimilées à des forces d'occupation. Les personnes interrogées ne semblent certes pas prêtes encore  à se jeter dans les bras des talibans les plus extrêmes...encore que. Par contre elles n'espèrent plus rien de la présence des forces de l'Otan, sinon leur départ rapide.

Ceci laisse augurer, sans doute dès les prochaines semaines, une recrudescences des attentats, des combats, des pertes humaines et de tout ce qui accompagne une situation de guerre. Plus que jamais, le champ sera ouvert aux stratégies d'affrontement des pays voisins pour qui l'Afghanistan n'est qu'un prétexte à renforcer leurs positions géopolitiques : l'Iran, le Pakistan, la Russie, la Chine en premier lieu. Les talibans, de leur côté, estiment avoir gagné la partie, en ayant fait considérablement chuter la participation sans avoir eu besoin de s'en prendre à la population, ce qui aurait nui à leur crédit. Ceci nous parait confirmer la justesse de l'opinion que nous avons toujours affichée ici : les Occidentaux n'ont rien à gagner à se maintenir par la force en Afghanistan. Laissées à eux-mêmes, les adversaires en présence finiraient par trouver des consensus sans que cela ne fragilise en rien la position occidentale. Le retrait s'impose donc dans les meilleurs délais.

Les Européens, s'ils n'avaient pas peur de mécontenter le « grand frère » américain, en auraient convenu depuis longtemps. Ils auraient bien volontiers renoncé à perdre de plus en plus d'hommes  et d'argent dans une guerre non seulement ingagnable mais finalement injuste. Malheureusement, les Américains s'entêtent d'une façon qui pour nous parait folle. Le génial général Stanley McCrystal prépare une nouvelle stratégie, particulièrement originale puisqu'elle se résumera à l'envoi de nouvelles troupes. Les experts militaires prévoient allégrement que la guerre, nouveau Viet-Nam, durera au moins 10 ans encore et coûtera plus cher que la guerre en Irak, c'est-à-dire plus de 3 trillions de dollars – sans mentionner le coût des programmes civils d'aide à la « reconstruction » dont une grande partie il est vrai se retrouve dans la poche d'intermédiaires américains corrompus sinon des insurgés eux-mêmes.  Que de choses plus utiles n'aurait-on pas pu faire avec une telle somme ! On ne manquera pas de se demander ce que cache cette persévérance dans l'erreur: des intérêts politico-économiques d'autant plus inavouables qu'ils seraient énormes, ou la simple bêtise d'un Empire sur le déclin ?

Pour le moment en tous cas,  Barack Obama,  le chevalier blanc du réveil de l'Amérique, donne une triste image. Après s'être illustré comme la marionnette de Wall Street (The Wall Street puppet), après avoir commencé à céder sur le plan de Sécurité sociale publique devant les lobbies d'assureurs privés, il se comporte dorénavant ouvertement  comme ce qu'il a toujours été sans l'avouer, la marionnette du Pentagone. Ne voilà-t-il pas en effet qu'il adopte un discours quasi bushiste : « ce n'est pas une guerre que nous menons par choix, mais une guerre que nous menons par nécessité...Ceux qui ont attaqué l'Amérique le 9/11 se préparent à le faire de nouveau...L'insurrection des Talibans préparera un sanctuaire d'où Al Quaida pourra comploter le meurtre d'un nombre encore plus grand  d'Américains.... » .

Barack Obama serait bien en peine de prouver ce qu'il avance. Aussi bien, les Américains semblent lui faire moins en moins confiance. Selon un sondage de CNN-Research Corp réalisé début août,  54% des personnes interrogées sont désormais opposées à l'intervention, contre 41% qui la soutiennent. Ajoutons que, concernant le 11 septembre, il semble bien qu'une majorité d'Américains aient reconnu la thèse de la manipulation criminelle organisée par le pouvoir. Mais l'accumulation de tous ces désaveux actuels ou prévisibles ne parait pas capable de pousser Obama à reconnaître son impasse. Il ira sans doute jusqu'à la chute finale.

Quos vult perdere Jupiter dementat.
21/08/2009
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