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6 Janvier. La mobilisation ne faiblit pas

Certains feignent de s'étonner en constatant qu'au début de l'année 2019 les manifestations des Gilets Jaunes rassemblent toujours presque autant de participants toujours autant motivés. Mais se demandent-ils si les raisons profondes de ces manifestations ont disparu.

Bien évidemment non. Derrière l'obstination d'Emmanuel Macron à refuser la moindre concession de fond, se trouve la volonté des puissances financières internationales qui dominent la France comme elles dominent le monde occidental, d'abandonner la moindre parcelle de pouvoirs.

Si elles le faisaient, elles risqueraient de voir les peuples exploités se rendre compte qu'ils pourraient progressivement sinon exercer le gouvernement, du moins exiger de le partager. Aujourd'hui, la France, 5e puissance économique mondiale, se révèle incapable d'améliorer en quoique ce soit le sort de la population, ne fut-ce qu'en procurant des emplois rémunérateurs à ses travailleurs. Or chacun devine que des investissements productifs pourraient être financés si les ressources n'étaient pas détenues et stérilisées par ce que l'on nomme de plus en plus des oligarchies, oligarchies françaises mais aussi oligarchies internationales.

Il ne s'agirait pas de faire des révolutions communistes à l'ancienne, mais seulement de redonner à la France le statut qu'elle prétend être, celui d'une véritable social-démocratie. Dans un tel régime, ce ne sont pas seulement les hyper-puissants qui gouvernent, comme ils s'apprêtent à le faire au Brésil de Bolsonaro, mais des partis politiques, des syndicats et une puissance publique représenté par un Etat et des fonctionnaires ne recherchant pas leur profit immédiat.

Or c'est précisément un tel Etat qu'Emmanuel Macron a décidé de faire disparaître, au prétexte de faire des économies dont chacun devine, sans être un expert, qu'elles viseront seulement à augmenter les profits spéculatifs de l'oligarchie. Emmanuel Macron en ce domaine joue le rôle pour lequel il a été élu par l'intermédiaire des puissances financières internationales. Il ne pourra donc faire la moindre concession aux manifestations des Gilets Jaunes sans ébranler l'ensemble du pouvoir de ces puissances. S'il le faisait, il serait lâché par elle et se retrouverait nu, obligé de démissionner.

La persistance en ce début d'année des manifestations semble bien montrer que l'important pourcentage des citoyens qui continuent à approuver le mouvement des Gilets Jaunes ont bien compris l'enjeu politique considérable qui est en cause. Soit des sociétés où le peuple reprend un droit à la parole et à la décision, soit des sociétés telles que les veulent les intérêts faisant la loi à Wall Street et à la Bourse de Paris.

Quant à ceux qui s'acharnent à rechercher qui « manipule » les Gilets, et balancent de l'extrême droite à la Russie, ils montrent une grande incompétence en sociologie des foules, ou une grande mauvaise foi. Quand les conditions objectives justifiant une prise de conscience sont réunies, il suffit des propos ou des actions de quelques uns pour provoquer une cristallisation. Alors par un effet d'entraînement bien connu, le mouvement peut se généraliser. Ceux qui ne pensaient pas jusqu'alors pouvoir ou devoir le faire se mobilisent à grande échelle. Mais ils le font spontanément, sans qu'aucune main invisible ne les y pousse.

 

 

06/01/2019
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