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France-Iran

Incohérente, inconséquente, la diplomatie française à l'égard de l'Iran depuis 30 ans est incompréhensible.

Avant la Révolution islamique de 1979 l'Iran subissait un régime autoritaire, où l'opposition était tolérée à la condition de ne pas remettre en cause la légitimité vigilante et tatillonne du Shah . Son dernier Premier Ministre Hoveida, peu mêlé aux exactions de la Savak ( sous la tutelle directe du Shah ), était un humaniste subtil élevé chez les " bons pères " au Liban.  Francophile affirmé, au grand regret des Américains, il fut condamné à mort et exécuté par les ayatollahs de notre protégé de Neauphle le Château.

Dans les jours précédents, l'épouse de notre actuel Ministre des Affaires Etrangères l'avait interviewé, sur un ton de procureur islamique, dans sa geôle de Téhéran. Ce scoop mémorable avait contribué au lancement de sa brillante carrière.

Dans un tout autre style, j'avais eu l'avantage quelques années avant d'aller chercher Hoveida à Téhéran pour l'emmener à Poitiers rejoindre Edgar Faure Ministre ( post 68 ) de l'Education Nationale qui y réunissait son Club du Nouveau Contrat Social.
Hoveida y fit une intervention dans un français parfait sur l'entente et l'influence réciproque entre la France pilier de la civilisation occidentale et la Perse éternelle guide d'un Orient désorienté .

Ce simple rappel me permet de mettre en parallèle deux régimes aux normes différentes des nôtres, mais aux conséquences opposées quant à la nature de nos relations actuelles.

Suivant ce qui était notre tradition diplomatique qui se refusait " au droit d'ingérence ", la France d'avant hier reconnaissait les Etats et se dispensait de commentaires officiels sur le régime de leurs gouvernements. Cela permettait aux gouvernements français successifs de pratiquer le dialogue avec tous les gouvernements quelque soit leurs régimes politiques.

Néanmoins quand cela pouvait paraître nécessaire cette attitude de principe n'empêchait nullement de parler haut et fort pour donner notre sentiment. Ce fut le cas avec des " non-amis " comme l'ex URSS ou avec nos " amis et alliés " comme les Etats-Unis et Israël.

Osons donc dire que la République islamique est depuis son origine un Etat non démocratique et oppresseur des droits humains élémentaires et qu'à l'expérience elle se révèle pire encore pour le peuple iranien que ne l'était le régime du Shah.

A son égard on ne peut que constater que la diplomatie française n'a pas su tenir une position durable, à la fois de non ingérence et de fermeté.

Elle a commencé par un lâche abandon à l'égard de celui qui en 1961 avait été reçu, en visite d'Etat par De Gaulle ( comme  tous les Chefs d'Etats ) et elle a continué par une aide militaire intéressée au dictateur voisin et ennemi, Saddam Hussein.

Par la suite notre diplomatie a cherché à nouer de nouvelles relations avec Téhéran, en profitant de notre contribution à la guerre anti Saddam au Koweit ( pétrole quand tu nous tiens ... ).

Puis à nouveau les relations se sont tendues avec la relance des projets de nucléaire militaire et les diatribes d'un virulent antisémite négationniste à la tête politique du pays. Au point  que notre " diplomate en chef " du Quai d'Orsay a annoncé l'éventualité d'une guerre contre l'Iran. On comprend mieux pourquoi il lui fallait se débarrasser de sa sympathique, mais imprudente, Secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme!

Incohérente, inconséquente, la diplomatie française à l'égard de l'Iran depuis 30 ans est incompréhensible.

Pourtant, ce pays méritait mieux : plaque tournante historique, géographique et culturelle entre l'Occident et l'Orient, voisin des tumultueux Irak et Afghanistan, 3e exportateur de pétrole, 2e exportateur ( potentiel ) de gaz naturel, centre du Chiisme de plus en plus implanté autour du Golfe arabo-persique ... .

Alors, ne nous étonnons pas dans ce contexte que dans son désordre actuel l'Iran du Guide Suprême s'en prenne à notre malheureuse jeune compatriote et s'en serve d'otage pour mettre au silence notre Président et faire taire son Ministre des Affaires Etrangères ( l'interview du Parisien du 10 08 09  est un modèle du  genre ).

" Comment peut-on être Persan ? " : " vers l'Orient compliqué, je m'en allais avec des idées simples " .

Marc
10/08/2009
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