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Au 3 décembre. Gilets Jaunes. Quelles solutions ?

Un certain Abdel, a déclaré sur BFM.TV ce matin, en s'adressant directement à Emmanuel Macron Je vous le dis clairement: vous ne me faites pas peur! J'ai cassé samedi, je me suis battu avec un CRS. Je remonte samedi avec mes camarades et je recasse, si monsieur Macron ne comprend pas. Je ne suis pas un 'Black Block', je suis un 'gilet jaune' qui crève. Vous savez ce qui se dit chez les 'gilets jaunes'? Ecoutez bien monsieur Macron: on va monter avec des armes. Vous (ne) nous faites pas peur!"

Il s'est présenté comme chauffeur dans une société privé, touchant 1300 euros net par mois. Il est rémunéré donc légèrement au dessus du SMIC qui est de 1153 euros net. Demande-t-il une revalorisation importante du SMIC, d'environ 30 à 40%, pour que son salaire lui-même soit revalorisé d'autant ? Celle-ci serait difficilement supportée par les entreprises françaises, qui se verraient dans des proportions voisines obligées d'augmenter tous leurs salaires. Certaines feraient faillite, celles qui le pourraient s'exileraient dans d'autres pays moins rigoureux. Les autres devraient augmenter dans des proportions correspondantes l'ensemble de leurs prix de ventes, ce qui les rendrait peu aptes à supporter la concurrence étrangère. Sans doute, certaines accepteraient de diminuer les taux de profit de leurs actionnaires et les traitements de leurs cadres supérieurs. Mais les économies en résultant ne seraient pas à la hauteur de leurs nouveaux coûts salariaux.

Par ailleurs Abdel n'a pas évoqué le cas des chômeurs, dont certains on peut le penser manifestent dans le mouvement des gilets jaunes. La France compte actuellement plus de 5.649.600 demandeurs d'emplois. Si le gouvernement ne proposait aucune mesure en leur faveur, tout laisse à penser que le mouvement se radicaliserait. Mais quelle forme pourrait prendre cette mesure ? Décider d'un revenu minimum garanti auquel chacun pourrait prétendre, qu'il dispose ou non d'un empli. Le nouveau gouvernement italien avait envisagé cette solution, mais a du y renoncer compte tenu des coûts qu'elle représenterait pour l'économie italienne.

On peut ajouter que toutes les mesures en ce sens augmenterait l'attractivité de la France pour les migrants provenant notamment d'Afrique ou du Moyen-Orient. Les migrations clandestines, contournant les mesures restrictives imposées aux frontières, deviendraient très importantes. Les émigrés, dont beaucoup de manifestants demandent d'ailleurs le renvoi dans leur pays d'origine, même s'ils n'ont pas autant que l'on puisse juger participé visiblement au mouvement des gilets jaunes, devraient nécessairement être d'une façon ou d'une autre être pris en charge par la collectivité.

En dehors d'une action sur les salaires, Abdel aurait-t-il d'autres propositions à faire ? Peut-être pense-t-il à une augmentation des investissements publics susceptible de créer à moyen ou long terme de nouveaux emplois. Ces investissements pourraient porter sur des besoins dont chacun en France constate la nécessité, améliorer les routes, moderniser les immeubles d'habitation ou procéder à de nouvelles constructions, mettre en place de nouveaux transports en commun, soit en zone urbaine, soit en zone rurale. Ceci ne serait possible que si le gouvernement acceptait d'augmenter sensiblement les dépenses publiques, en augmentant dans la même proportion l'ensemble des impôts. Mais outre une fuite générale devant l'impôt, la décision générerait un déficit du budget public bien au delà de celui admis par l'Union européenne UE.

Or, comme elle vient de le faire aux dépens de l'Italie, qui proposait un budget sensiblement plus déficitaire que ceux autorisés par l'UE, cette dernière a refusé le projet de budget italien. Rome n'avait pas d'autre solution qu'obéir à cette injonction sauf à décider un Italexit, une sortie de l'Italie de l'UE – ce qu'il n' pas osé faire. Tout laisse à penser que quelque soit la gravité de la crise actuelle en France, aucun gouvernement français, qu'il soit centriste, de gauche ou de droite, ne serait en mesure de faire accepter du jour au lendemain une sortie de la France de l'UE.

Peut-être manquons- nous d'imagination en rédigeant ce soir  cet article, mais nous ne voyons pas actuellement quelles mesures pourrait prendre un gouvernement français pour satisfaire à des revendications telles que celles d'Abdel. Les discussions qui devraient être conduites à Matignon voire à l'Elysée en ce sens nous surprendront peut-être agréablement par leur caractère novateur. L'on verra. Mais pour le moment il faut attendre. Cela ne calmera pas nécessairement les plus exigeants des Gilets jaunes, tels qu'Abdel. Reviendra-t-il à Paris comme il le dit avec des armes pour tout casser et se battre contre les CRS ?

Nota bene Ce qui précède ne veut pas dire que les Gilets jaunes devraient renoncer à leurs principales revendications générales, telles que le rétablissement de l'ISF, la suppression des taxes récentes sur le carburant et plus généralement une pause fiscale. Au contraire, ils doivent les maintenir. Par contre, quand ils demandent de renforcer les impôts sur les entreprises multinationales établies en France, telles les GAFA ou Grands de l'Internet, ils se font des illusions. Les GAFA ne manqueraient pas de se réfugier en Irlande ou dans d'autres pays également accueillants.

Référence

https://rmc.bfmtv.com/emission/le-cri-de-colere-d-abdel-sur-rmc-je-suis-un-gilet-jaune-qui-creve-j-ai-casse-samedi-et-on-va-revenir-avec-des-armes-1580145.html

 

03/12/2018
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