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Le scandale des implants humains non contrôlés.

Tous les médias, à juste titre, mettent en lumière ces jours-ci ce qui a été nommé à juste titre le scandale des implants défaillants. C'est une très bonne chose mais il ne faut pas se cacher que depuis des années, les chirurgiens mettent en place dans le corps humain des prothèses répondant à des déficiences de celui-ci, dont beaucoup ont été homologuées par les autorités de santé sans avoir fait l'objet d'un contrôle préalable relatif à leur intérêt véritable ou à leur innocuité.

L'objet a fait l'objet d'une bonne émission de Cash Investigation sur le 2e Chaîne le 27/11.

Souvent même, lorsque des patients osent se plaindre des dégâts apportés dans leur organisme par des prothèses inadaptées ou dangereuses, leur voix est étouffée, y comprispar l'intermédiaire  de poursuites en justice.

L'actualité s'est intéressée  récemment à ce sujet très général à propos des implants mammaires. Ceux-ci sont des prothèses administrées à des femmes ayant souffert d'un cancer du sein ou voulant, souvent pour des raisons professionnelles, arborer une « poitrine avantageuse » selon l'expression qui a cours. Les patientes ayant subi cette intervention en sont souvent satisfaites. Mais beaucoup souffrent de conséquences telles que l'implant doit être retiré, laissant souvent la poitrine dans un état bien moins satisfaisant qu'il ne l'était au départ. Pour être plus précis le problème ne concerne que les implants dits texturés (pour les seins) . Pour l'instant, cependant, le nombre de cas est faible. 

Ce que l'on nomme en ce cas le scandale tient au fait que beaucoup des fabricants ou vendeurs de ces prothèses n'ignoraient pas leurs effets dangereux. Mais cela ne les a pas empêché de les mettre sur le marché, vu l'importance de la demande et des profits qu'ils en tiraient. Beaucoup de médecins ou chirurgiens ayant conseillé de tels implants ou ayant procédé à leur mise en place étaient également informés. Mais contrevenant aux règles strictes de l'éthique médicale, ils ont fermé les yeux. Eux aussi l'ont parfois fait par intérêt, bénéficiant de « cadeaux » offerts par les industriels.

Rappelons que le scandale des implants a été révélé à la suite d'une enquête approfondie menée par le Consortium International de journalistes d'investigation, dit ICII (https://www.icij.org/).  Celui-ci ayant précédemment dénoncé des fraudes fiscales et autres détournements conduits par des institutions financières dans certains pays complaisants. Il en avait résulté deux dossiers dits des « Panama Papers » et des Lux(embourg) Leaks . Nous les avions commenté à l'époque.

Aujourd'hui un vaste dossier dit des « implants files », provenant d'enquêtes menées par ce même consortium de journalistes d'investigation dans 36 pays, dont des journaliste du journal Le Monde,  fait l'objet de nombreux commentaires et réactions indignées. Même pour des profanes n'ayant pas de connaissances professionnelles sur la question des implants, la question est désormais d'actualité. Chacun peut se sentir directement concerné, spot ayant déjà reçu de tels implants, soit susceptible d'en recevoir ou plus généralement se sachant dépendant de la consommation de médicaments produits par les grands mondiaux de l'industrie pharmaceutique, la « Big Pharma ».

L'homme augmenté

Nous n'aborderons pas dans cet article d'actualité le problème des implants, qui demanderait une revue de presse considérable. De plus, nous n'y sommes pas particulièrement compétents. Nous pouvons seulement formuler quelques questions générales, que l'on retrouve évidemment dans de nombreux problèmes concernant les innovations technologiques. Celles-ci font déjà chez les futurologues l'objet de débats, dans le cadre de ce que l'on nomme la création dans les années ou décennies prochaines d'un « homme augmenté » voire d'un « homme synthétique ».

* Peut-on faire aveuglément confiance aux industriels produisant des prothèses ou aux services commerciaux qui les vendent. La réponse est évidemment négative. La plupart de ces professionnels sont scrupuleux et mettent à l'épreuve leurs produits avant de les mettre sur le marché. Mais l'attrait du dollar est si grand que certains d'entre eux sont moins scrupuleux. Ceci vient d'être mis en lumière en Chine à l'occasion de manipulations génétiques sur l'embryon humain évoquée dans notre article cité en référence 1) . N'évoquons pas l'Afrique où sont encore trop nombreux des vendeurs de solutions dont ils savent pertinemment qu'elle sont dangereuses.

* Peut-on faire confiance aveuglément aux professionnels de santé prescrivant de tels implants ? La réponse est également négative, mais avec des nuances. Le plus souvent ces médecins ou chirurgiens respectent les codes très stricts de la déontologie médicale. Mais certains d'entre eux peuvent être corrompus par des escrocs délibérés se trouvant chez les industriels ou les vendeurs.

* Peut-on faire aveuglément confiance aux autorités officielles chargées dans les pays développés de contrôler pour le compte de la collectivité les performances annoncées et l'innocuité des prothèses et médicaments. Là encore, la réponse sera négative. Ces autorités, soumises en principe à la déontologie s'imposant aux organismes en charge d'une mission de service public, peuvent comporter dans leurs rangs, sans généralement le savoir, des médecins ou experts rémunérés par la grande industrie pour certifier comme inoffensifs des produits ou pratiques qu'ils n'ont pas suffisamment mis à l'essai ou qu'ils savent comporter des risques, possibles ou avérés.

Plus gravement encore, ces autorités peuvent sanctionner des experts dits parfois « lanceurs d'alerte » opérant en leur sein et ayant mis en garde contre le danger de certains produits. C'est ce qui est arrivé à Emmanuelle Amar ayant alerté sur la question des bébés sans bras ou sans mains 2)

Dans ce cas, dira-t-on, à qui faire confiance ? La question n'est pas là. Il n'est pas question de se méfier de tout et de tout le monde et de ne plus rien faire. Sinon l'on se retrouve au Moyen-Age. Par contre, les citoyens, au moins les plus avertis, doivent rester prudents quand il est question d'interventions chirurgicales les concernant. La recommandation de prendre plusieurs avis s'impose, quand cela leur est possible. La Sécurité Sociale doit admettre le principe.

Plus généralement, la profession des journalistes d'investigation doit être encouragée par chacun, quand il le peut. Ceux qui s'y livrent, et les lanceurs d'alerte qu'ils peuvent consulter, doivent être protégés. Il est possible à l'opinion, notamment aujourd'hui dans le cadre de certains réseaux sociaux estimés objectifs (c'est-à-dire eux mêmes non achetés), d'intervenir pour contribuer à cette protection.

Mais le problème ne pourra que prendre de l'ampleur à l'avenir, autrement dit rester de plus en plus sans solutions, avec la généralisation sans doute inévitable,, dans les pays riches, d'hommes de plus en plus « augmentés » .

  1. Manipulations génétiques sur l'embryon humain http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=3352&r_id=&t=Manipulations%20g%E9n%E9tiques%20chez%20l%27embryon%20humain

  2. Voir notre article http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=3297&r_id=&t=Emmanuelle%20Amar

28/11/2018
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