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Manipulations génétiques chez l'embryon humain.

L'on pouvait s'attendre à ce que la méthode CRIPS/CAS9 permettant de modifier les génomes des espèces vivantes en supprimant certains gènes et en y introduisant d'autres provenant d'autres emplacements dans le génome, voire d'autres génomes, serait vite utilisée par certains chercheurs pour modifier les génomes humains, ceci malgré les nombreux interdits.

Mais modifier une séquence génétique humaine dans un tube à essais est une chose. Introduire la modification dans des embryons destinés à donner naissance à des humains génétiquement modifiés en est une autre. C'est pourtant ce dont vient de se vanter le généticien chinois He Jiankui. Il est professeur associé à la Shenzhen Southern University of Science and Technology.

Il est désormais mondialement connu comme le « père » de deux jumelles disposant de gènes artificiellement modifié en vue, dit-il, de les protéger de la contamination par le VIH. Il a indiqué avoir modifié le gène CCR5 de ces fillettes par la méthode CRIPS. La protéine CCR5 est reconnu comme le principal récepteur dans le corps humain du virus HIV qui cause un syndrome d'immuno - déficience acquise dit SIDA, universellement redouté. Il s'agit d'un état affaibli du système immunitaire le rendant vulnérable à des infections opportunistes, souvent mortelles si elles ne sont pas traitées à grand frais.

Cette annonce a suscité une vague d'indignation et de critiques dans le monde entier, y compris en Chine. L'expérience a été dénoncée comme contraire à l'éthique et à la morale académique. Plus de 100 bioscientifiques de par le monde ont signé une lettre ouverte dénonçant l'immoralité de He Jiankui. Il a été rappelé que les expériences de modifications génétiques sur l'embryon humain ne sont acceptées par la communauté scientifique que si l'embryon concerné ne vit que 14 jours, après qui il est détruit.

L'annonce de He Jiankui, qui avait refusé de participer au second Sommet International sur le génome humain à Hong Kong où il devait présenter du sang provenant du cordon ombilical des jumelles, avait été suivie de la promesse qu'il donnerait des nouvelles de la santé des jumelles-cobayes pendant au moins 18 ans. Ceci n'est évidemment pas sérieux.

La Commission chinoise  dite National Health Commission a immédiatement décidé de faire conduire une enquête dans les provinces de Shenzhen et de Guangdon. Dans ces deux provinces, les Comités d'éthique universitaire ont immédiatement affirmé qu'elles n'avait donné aucune autorisation à l'expérience de He Jiankui. Cependant ceci s'est révélé en partie faux. Un centre médical de Shenzhen avait donné le feu vert à l'expérience de He.

He Jiankui n'avait pas agi de sa seule initiative

L'on s'est demandé très vite qui avait intérêt, si les instances universitaires ne l'avait pas fait, a encourager l'expérience de He Jiankui, et surtout à financer les frais non négligeables qu'elle avait entraîné. Plusieurs journaux d'investigation chinois ont enquêté. Ils ont obtenu des réponses inquiétantes. Ainsi, selon le journal chinois  The Paper , He, en dehors de son activité scientifique, possédait des parts dans le capital de sept entreprises pour un total de 22 millions de dollars. De plus il était le représentant légal de six d'entre elles à qui par ailleurs il apportait une caution scientifique.

La première de celle-ci ést Direct Genomics, crée en 2012, qui disait avoir produit un séquenceur génétique de 3e génération. Elle a reconnu avoir versé à He des participations dans son capital. Une autre entreprise, la Shenzhen Nanke Life Technology Co. Ltd, dont il détenait également des parts, avait nommé He directeur de son conseil scientifique.

Il semble par ailleurs que He entretenait toujours des liens avec l'université américaine de Stanford, où il avait fait ses études. Le journal scientifique américain MIT Technology Review a reconnu qu'il avait eu connaissance d'annonces faites par He dans la presse en vue de recruter des couples acceptant de participer à des expériences de modification génétique portant sur leurs futurs embryons.

Qu'en conclure ?

Chacun tirera de ces informations les conclusions qui lui conviendront. Pour notre part, nous pensons que rien, dans un avenir proche ou lointain, n'empêchera l'apparition d'humains génétiquement modifiés. Cette perspective est présentée dans les ouvrages de prospective, comme visant à produire ce que l'on commence à nommer des post-humains. Les modifications génétiques dont ils bénéficieront permettront à ces post-humains de s'insérer dans un monde devenu largement synthétique grâce à la généralisation des progrès fulgurants actuels de l'Intelligence Artificiel et de la robotique intelligente.

Les promoteurs de ces changements leur assignent officiellement des objectifs permettant à l'humain augmenté de conquérir de nouveaux espaces, par exemple dans les déserts, au fond des mers ou sur des planètes proches. Mais la plupart, sans le dire ouvertement, cherchent déjà produire des combattants endurcis permettant de conduire les guerres du futur.

Autrement dit, il n'est pas exclu que dans d'autres laboratoires, et pas seulement en Chine, soient menées des expériences comme celle de He, mais plus discrètement. 

Note au 29/11

Pour en savoir plus voir 

https://www.newscientist.com/article/2186956-scientists-are-now-very-sure-that-the-babies-really-were-gene-edited/

http://www.atimes.com/article/gene-editing-couples-promised-healthier-and-smarter-babies/?utm_

 


 


 



 

27/11/2018
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