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Gilets jaunes. Un phénomène qui deviendra probablement universel

Cet article présente une vue pessimiste, non du mouvement des gilets jaunes lui-même, mais des phénomènes à long terme dont celui-ci est en France actuellement un révélateur. Un point de vue plus positif pourrait être présenté, mais on l'a compris ce ne serait pas le nôtre.

1. Causes immédiates du mouvement français

La première des causes en a été le refus des classes moyennes et populaires de supporter seules le coût de la nécessité de changer le modèle énergétique actuel, changement considéré comme inéluctable à long terme. Celui-ci repose sur le pétrole comme source principal de besoins en énergies qui ne cesseront pas d'augmenter. Or le prix des carburants automobiles est lié à des phénomènes spéculatifs portant sur le marché international du pétrole, mais aussi dans l'immédiat à l'augmentation de la taxe sur les produits pétroliers qui venait d'être décidé par le gouvernement français.

On pourrait penser que cette augmentation partait d'un objectif sain, décourager en France l'usage du pétrole pour encourager celui des énergies renouvelables. Mais en fait, la taxe n'avait pas ce but. Elle correspondait au besoin d'augmenter rapidement les recettes de budgets de plus en plus déficitaires . Pour ce faire, elle a porté sur l'objectif le plus facile à atteindre rapidement, le prix des carburants. Or ceux-ci sont utilisés par les automobiles, qui sont elles-mêmes le principal moyen de survie des classes moyennes et populaires, comme l'ont expliqué en détail les responsables du mouvement. Des solutions telles que l'augmentation de l'impôt sur la fortune ou la taxation de consommations supposant un haut niveau de revenu auraient pu viser le rééquilibre des recettes budgétaires, mais elles ont été refusées par les classes dominantes. Chacun s'en était rendu compte.

Le mouvement des gilets jaunes s'est rapidement étendu à des revendications portant sur le pouvoir d'achat des classes moyennes et populaires, notamment rurales et périurbaines. Ces revendications auront encore plus de mal à être acceptées par les minorités dominantes. A ce jour en conséquence, le mouvement, qui s'en est parfaitement rendu compte, devra se résigner à rentrer dans l'ombre ou accepter de verser dans des manifestations non structurées qui feront le jeu, non du mouvement de Marine Le Pen, dit Révolution Nationale, comme l'avait prétendu le gouvernement, mais de « casseurs » de toutes espèces. Concernant les casseurs, ce serait être très naïf qu'ignorer le fait que beaucoup d'entre eux sont encouragés par les gouvernements au pouvoir, dans le monde entier, pour discréditer de façon discrète les manifestations populaires.

L'extension rapide du mouvement des gilets jaunes, pourtant non structuré et sans chefs reconnu, s'est rapidement propagé du fait de l'extension des médias numériques, internet surtout télévision. Malgré de probables pressions gouvernementales, les journalistes de la télévision nationale ont fait leur métier en donnant largement la parole aux manifestants ou en présentant de nombreuses images non truquées des manifestations. Par un phénomène de mimétisme propre à la société numérique, ces paroles ou images à la télévision ont largement contribué l'extension du mouvement en le faisant connaître, voire le rendant sympathique. Les réseaux dits sociaux s'exprimant par internet ont également favorisé les recrutements ou l'organisation des manifestations au plan local, mais il ne faut pas exagérer leur influence, qui est réservé à ceux disposant déjà d'une bonne pratique de l'internet.

En France, il serait vain d'attendre que les classes dirigeantes et les entreprises financières internationales dont elles sont largement l'émanation, acceptent la moindre concession de fond à des revendications telles que celles des gilets jaunes. Ce serait pour elle encourager une remise en cause, plus au moins générale, de leurs privilèges et de leurs pouvoirs politiques. Ils s'appuieront pour ce faire sur les forces de police qui sont, quelle que soit leur volonté d'indépendance ou leur conscience politique, obligées d'obéir aux ordres de leur hiérarchie.

2. Perspectives d'extension en Europe ou dans le monde

On ne fera pas allusion ici à la situation qui sera celle du reste de l'Europe et de l'Amérique du nord, pas très différente de celle ressentie en France et commençant à s'y traduire par des mouvements de résistance tels que celui des gilets jaunes. Partout y répondra le refus des minorités dominantes de partager leurs avantages.

La situation sera bien plus conflictuelle, notamment en Afrique, en Inde et en Chine, où vivent des populations de plusieurs milliards d'humains qui ressentiront directement l'impact du réchauffement climatique et d'une diminution rapide des ressources naturelles. Les centaines de millions de personnes relativement privilégiées qui s'y trouvent verront leur mode de vie et leurs ressources affectés par ces phénomènes.

Pour faire face à leurs effets, il sera nécessaire partout de partager la charge des mesures nécessaires. Il faudra progressivement renoncer, par exemple, au transport automobile et aux consommations de produits naturels de plus en plus destructeurs de l'environnement, tels que la viande, sans mentionner le tourisme générateur actuellement d'une forte augmentation des transports aériens. La charge de ces économies forcées reposera presque entièrement sur les relativement privilégies d'aujourd'hui, car partout l'étroite minorité d'ultra-possédants qui, on s'en aperçoit dorénavant, gouverne le monde au service de ses intérêts immédiats, refusera de partager ses avantages.

Les relatifs privilégiés d'aujourd'hui, vivant essentiellement en milieu urbain où ils jouent un rôle essentiel pour le développement, ou plus exactement pour la lutte contre le sous -développement, se révolteront. Elles le feront de façon relativement pacifique initialement. Mais leur lutte se radicalisera face aux refus de partage des possédants. Ceux-ci n'hésiteront pas à faire appel, de façon beaucoup plus violente qu'en Europe, aux forces de police et de défense dont ils se sont dotés - à supposer que certains éléments de celles-ci ne se révoltent pas à leur tour.

Les manifestations relativement pacifiques du début, faute de réponse des possédants, se traduiront nécessairement par des situations de guerre civile. Celle-ci, sous des formes différentes selon les pays, entraîneront des morts et surtout des exodes vers les parties du monde restant relativement protégées. Là, les migrants n'y seront pas accueillies avec bienveillance, comme le demandent actuellement les mouvements humanitaires, mais à la mitrailleuse. Les frontières se fermeront et les conflits meurtriers s'y généraliseront.

Inutile de dire que les mesures d'investissements à long terme susceptibles de lutter contre le réchauffement climatique et ses effets destructeurs, notamment en terme de migrations massives, ne seront pas entreprises, car elles supposeraient des sacrifices portant sur les niveaux de vie actuels de l'ensemble des populations. Celles-ci s'y refuseront faute d'un partage satisfaisant des charges. Nul pouvoir international visant à un tel partage, tel que pourrait l'être celui des Nations Unies, ne sera mis en place du fait du refus des possédants.

Tout au long de l'histoire humaine, de tels phénomène se sont succédé, entraînant la disparition des civilisations locales affectés. Mais la Terre était encore assez riche pour permettre l'émergence de civilisations plus puissantes. Aujourd'hui la Terre paraît au bout de ses ressources, face à une croissance démographique qui dans certaines parties du monde, notamment en Afrique, est toujours incontrôlable.

Comme la nature humaine ne semble pas capable de changer, sauf manipulations génétiques non généralisables, nous laisserons ici à chacun le soin d'imaginer ce que pourra être la suite de l'actuelle situation.

NB. Cet article ne représente pas nécessairement l'opinion de l'ensemble des membres du comité de rédaction

 

 

25/11/2018
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