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La beer party de Washington. Les questions raciales de moins en moins résolues

La « beer party » de la Maison Blanche, censée réconcilier les communautés blanche et noire après les mots sévères puis rétractés du Barack Obama concernant le policier en cause, n'aurait fait selon certains observateurs que confirmer la gravité des affrontements qui attendent dans l'avenir ces deux communautés aux Etats-Unis.

Il ne s'agirait pas de la fin enfin célébrée des conflits entre races, mais du début d'une aggravation qui ne fera qu'empirer. La cause en est le fait que les Blancs américains ne peuvent se cacher que, ne fut-ce que pour des raisons démographiques, ils n'exerceront plus sans partage, comme ils l'avaient toujours fait, l'ensemble des pouvoirs. Ils devront partager ceux-ci avec les Noirs et les Latinos. Or partager ne pourra se décider pacifiquement.

Comme l'écrit Philippe Grasset ( voir note): L'Amérique n'est pas “postraciale”, au contraire, – elle est au début d'un grand affrontement racial. L'élection de Barack Obama n'a pas réglé le problème, il l'a ouvert, il l'a posé de la façon la plus dramatique possible. Le problème n'est pas spéculatif, il est concret, daté, avec la perspective que la majorité anglo-américaine (les WASP et assimilés) devienne une minorité comme les autres, même si la première d'entre elles pour quelques années encore. Cette perspective n'est pas seulement une perspective démographique, c'est une perspective historique, culturelle, politique, – absolument explosive. Lors d'une interview télévisée récente qui a fait grand bruit (le mot “raciste“ est partout aujourd'hui), Patrick J. Buchanan a posé le problème en termes crus: ce sont les Blancs, les Anglo-Américains, qui ont fait les Etats-Unis, qui ont écrit la Constitution, qui ont fait la Guerre de Sécession, qui ont bâti la puissance américaine, qui se sont battus majoritairement durant les guerres extérieures, etc.; il leur sera infiniment difficile, sinon impossible d'accepter d'être une “communauté” parmi d'autres.

A notre avis et pour ce qui nous concerne, il serait illusoire de se cacher le fait que beaucoup de  Blancs européens, face à la métisation irrévocable qui résultera, dans les prochaines décennies, de l'immigration et de la croissance démographique, se posent les mêmes questions et sont pris des mêmes peurs.  On croira difficilement que  cette métisation se fera dans une joyeuse connivence.  Tout fait  craindre au contraire qu'elle suscite des conflits interminables et de plus en  plus violents.
03/08/2009
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