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Crise des logements vacants en Chine

On peut comprendre que dans un pays comme la Chine comptant plus d'un milliard de citoyens dont environ 500 millions, notamment dans les campagnes, approchent le seuil de pauvreté, la perspective d'acheter un logement soit devenu un objectif prioritaire.

Par ailleurs, toute les grandes métropoles encouragent la construction d'immeubles d'habitations, souvent sous forme de tours démesurées, qui est le signe extérieur de leur enrichissement. Ce sont elles que l'on voit d'abord dans les images aériennes.

Cependant, le secteur immobilier en Chine se heurte aujourd'hui à un problème dont le président XI Jinping a pris lui-même conscience. Un pourcentage très important du parc immobilier construit, soit 22% selon une étude chinoise récente, correspondant à 50 millions de logements, reste sans occupants. Autrement dit leurs acheteurs préfèrent continuer à vivre dans leur habitat ancien, aussi défectueux soit-il.

On peut penser qu'ils le font parce qu'ils comptaient utiliser ces immeubles comme outil spéculatif. Soit essayer de les louer ou revendre avec bénéfice, soit plus simplement en faire des épargnes susceptible de résister à une future crise économique plus forte que celles dont la Chine avait souffert ces dernières années.

Les loyers demandés par les nouveaux propriétaires au cas où ils voudraient les mettre en location seront nécessairement, puisqu'il s'agit de logements neufs, plus élevés que ceux proposés dans l'habitat ancien. Cela ne facilitera leur attrait aux yeux des tranches plus pauvres de la population.

On peut s'étonner de voir une économie se disant encore socialiste, comme l'est la Chine, avoir abandonné la construction d'immeubles à usage d'habitation au secteur privé, plutôt qu'en faire l'objet de programmes publics financés par l'impôt. Cela tient à la volonté du parti communiste chinois et des dirigeants gouvernementaux de commencer à libéraliser l'économie et l'ouvrir à des épargnes provenant directement des citoyens en voie d'enrichissement. L'habitat dans le cadre de cette libéralisation doit de moins en moins rester une responsabilité de l'Etat. Encore faudrait-il que les dits citoyens en cours d'enrichissement s'en servent pour se loger.

Or si le secteur de l'habitat devient un domaine spéculatif, les nouveaux propriétaires des logements inoccupés spéculeront à ce sujet comme ils le feraient dans le domaine des Bons du trésor, achetant et vendant par vagues spéculatives. Mais en cas de baisse spéculative même momentanée des achats de logements, afin par exemple d'en faire remonter les prix, c'est toute l'économie qui sera menacée elle-aussi de crise déflationniste. Il pourrait en résulter en cas de crise grave des difficultés politiques majeures, menaçant la stabilité d'une Chine qui, comme nous l'avons indiqué par ailleurs, se veut un arbitre global dans toute l'Asie.

De plus, la construction de logements puise dans des ressources foncières et technologiques qui seraient nécessaires dans des secteurs plus stratégiques, tel que la mise en place du grand projet BRI, Belt and Road Initiative. C'est sur cette Initiative que compte Pékin pour imposer son influence sur une grande partie de l'Asie.

Les moyens dont le gouvernement dispose pour décourager la construction spéculative de logements demeurant vacants faute de demande. Il avait été suggéré de faire peser une taxe sur les logements inoccupés, mais il est pratiquement impossible de déterminer en quoi consiste la vacance d'un logement.

On voit mal dans ces conditions comment les pouvoirs publics pourront désormais inciter les citoyens à s'engager dans des activités productives susceptible d'augmenter leurs salaires, si ces augmentations ne peuvent pas facilement bénéficier à leur épargne. Dans les pays occidentaux, les hausses de salaires permettent différentes activités de loisir telles que des voyages à l'étranger ou des achats de biens de consommation durables comme des automobiles. Cela reste encore pratiquement hors de portée de la population chinoise.

Précisons que les chiffres concernant les vacances d'immeubles à usage d'habitation, cités ici, proviennent d'enquêtes du China Household Finance Survey http://www.chfsdata.org/ qui est un organisme officiel.

Note. Voir aussi à la date du 13 novembre
http://www.atimes.com/article/property-bubble-fears-rise-as-china-struggles-with-trade-war/

12/11/2018
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