Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser
Les mots clés

Le super PA américain Gerald R. Ford bat déjà deux records.

Le porte-avions (PA) américain Gerald R. Ford présenté comme devant battre en performances tous ceux actuellement en service commence mal sa carrière qui se voulait exemplaire. Il bat deux douteux records, celui des prix et celui des vices de fonctionnement entraînant des retards de mise en service.

C'est ce que nous apprend le site South Front dédié aux questions militaires, dans un article du 6 novembre référencé ci-dessous. Le premier de ces records est celui des coûts. La navire présenté comme un super porte-avions devrait selon une première estimation coûter la somme considérable de 13 milliards de dollars au Trésor américain. Le second de ces records est celui des vices de fonctionnement, empêchant sa mise en service effective et entraînant des retards encore indéterminés de livraison.

Ces vices de fonctionnement concernent trois systèmes qui pour le profane paraîtront d'une importance secondaire et qui sont essentiels. Le premier est celui des ascenseurs permettant de monter sur le pont les bombes et missiles destinés à équiper avant leur lancement les avions de combat transportés. Le second permet de catapulter les avions au moteur tournant à plein régime. Le troisième encore plus essentiel, en ce qui regarde notamment la survie des pilotes. Il s'agit des freins à l'atterrissage permettant d'arrêter les avions venant de se poser sur le pont avant qu'ils ne se jettent à la mer.

Ceux s'il en reste qui ont navigué sur l'Arromanches, le premier PA français en service effectif à la mer après l'antique Béarn, se souviendront que de simples chariots élévateurs électriques permettaient la manutention des munitions dans la soute et sur le pont. Ils gagnaient le pont par un ascenseur très simple mais très robuste. Quant aux catapultes, leur technologie était plus que simple. Il ne s'agissait, comme le nom l'indique, que de catapultes fonctionnant à l'air comprimé. Pour les freins à l'atterrissage, c'était des sangles élastiques renforcées que l'avion ramassait avec un crochet situé à l'arrière du fuselage après s'être posé. Sur l'actuel PA français Charles de Gaulle, les systèmes ne sont pas très différents.

Or comme l'indique l'article de Southfront, ce sont plusieurs ascenseurs très complexes, dits Advanced Weapons Elevators, mus par des moteurs magnétiques et non par des câbles, qui à travers plusieurs étages permettront d'apporter les munitions sur le pont supérieur. Quant aux systèmes de lancement et de freinage, ils sont eux-aussi électro-magnétiques et présentent divers défauts les empêchant de fonctionner.

Nous avons déjà dans divers articles montrés que les PA américains n'étaient pas pour le moment capables de se protéger des missiles hypersoniques développés par les Russes et les Chinois, dont certains sont déjà en service dans l'armée russe. On peut admettre, comme le fait déjà la France, qu'un ou mieux deux PA restent utiles, mais non pour figurer dans des conflits de grande intensité tels que les prépare actuellement le Pentagone. Pourquoi dans ces conditions dépenser 13 milliards pour se donner un PA tel que le Gerald R. Ford plutôt qu'en consacrer un ou deux à rattraper le retard américain en matière de missiles hypersoniques ?

Pour répondre à cette question apparemment simple, c'est tout le système de défense américain qu'il faudrait mettre en cause. Un complexe militaro-industriel composé d'ingénieurs et de chefs militaires enivrés par l'ubris de l'hypertechnologie, et mu plus en profondeur par le désir de vivre aux frais du contribuable américain dans le cadre d'un budget militaire équivalent à sept fois l'ensemble des dépenses militaires mondiales. L'article mentionne aussi dans ce domaine à juste titre les quelques 800 milliards de dollars consacrés au programma JSF ou F 35, dont seuls à ce jour quelques exemplaires seulement se risquent à prendre l'air...par beau temps seulement.

On mentionnera évidemment aussi l'absence de démocratie politique permettant aux citoyens, dans le cadre d'une société se prétendant la plus évoluée au monde dans ce domaine, de discuter des problèmes de défense. On dira qu'il en est de même en Russie, en Chine et même en France. Mais dans ces pays l'ubris est freiné par la pauvreté du budget général et pas conséquent celle des budgets militaires. En matière de technologies ne sont financées que celles visant à l'emporter dans des conflits réels. Ce n'est pas le cas aux Etats-Unis. Il ne se battent que par l'intermédiaire de « proxies », selon l'expression aujourd'hui à la mode, financés à grand renfort des dollars de la CIA.

https://southfront.org/u-s-super-aircraft-carrier-gerald-r-ford-is-delivered-without-elevators-to-lift-bombs

Note
Sur l'Arromanches, voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Arromanches_(porte-avions)

07/11/2018
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire