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Le Pakistan résistera-t-il à la gangrène du fondamentalisme ?

Le monde entier a pu voir il y a quelques jours des vidéos montrant des mollahs ou autres militants islamistes pakistanais les yeux exorbités hurlant des appels à tuer la jeune Aasia Bibi, chrétienne, en prison depuis 9 ans, qui avait failli être condamnée à mort pour blasphème (le fait de s'avouer chrétienne est un blasphème) et finalement relaxée par la Cour Suprême.

Image. Un symbole horrible de l'Islam

Ces appels au meurtre étaient manifestement approuvés par une foule d'hommes barbus, évidemment sans aucune femme, même voilée, toutes interdites de sorties publiques. Aasia Bibi reste cependant détenue sans espoir pour le moment d'être libérée. Le serait-elle qu'elle serait vraisemblablement assassinée par les islamistes, sans pouvoir se réfugier dans un pays plus accueillant, comme vient de le faire courageusement son avocat.

Il y a 4 millions de Chrétiens au Pakistan, pour une population totale de 197 millions. On peut espérer que les 193 millions de musulmans ne sont pas tous des militants islamistes. Certains essayent de se rendre présentables pour des visiteurs étrangers, mais manifestement ils restent une minorité.

Ces scènes ont été un dur réveil pour tous ceux, notamment en Chine et en Russie, qui souhaitent s'associer au Pakistan pour conduire des politiques et des projets pouvant permettre à ce pays d'échapper à la domination américano-britannique jusqu'ici omni-présente. Washington et Londres ont toujours compté sur l' « allié pakistanais » pour mettre en oeuvre dans cette partie du monde des stratégies anti-russes datant de la 2e guerre mondiale. Récemment cependant le gouvernement pakistanais avait donné son accord pour des projets de coopération avec la Chine et la Russie.

Un tournant décisif

Le plus emblématique de ces projets sera le China-Pakistan Economic Corridor (CPEC), branche du projet de Nouvelle route de la Soie, ou Belt-and-Road Initiative (BRI) que nous avons plusieurs fois présenté. Le tout nouveau Premier ministre pakistanais Imran Khan avait accepté d'être hôte d'honneur de la First China International Import Expo à Shanghai. Il y a notamment rencontré Jin Liquan, président de l'Asian Infrastructure Investment Bank (AIIB) qui jouera un rôle essentiel dans le financement de la BRI.

Imran Khan ne cache pas que le Pakistan est aujourd'hui dans une passe économique difficile. La fiscalité universellement fraudée (souvent au profit des islamistes) ne parvient pas à couvrir le montant des dépenses budgétaires. Par ailleurs la balance des comptes accuse elle-aussi un fort déficit. Le système bancaire international et le Fonds Monétaire International dominés par les Américains ne contribueront pas à financer ce déficit sans que le Pakistan n'accepte des contreparties substantielles au profit des Occidentaux.

Ni la Chine ni la Russie ne seront en mesure, face à leurs problèmes propres, d'aider sérieusement le pays. Or elles ont besoin d'un Pakistan financièrement stable. Elles en ont besoin aussi en termes de sécurité. Le Pakistan est à ses frontières le siège de nombreuses organisations terroristes islamiques. Il abrite de plus en plus de combattants islamistes fuyant les pays du Moyen-Orient reconquis par la coalition irano-syro-russe à laquelle s'est jointe récemment la Turquie.

Rappelons à cet égard qu'en octobre 2018, 14 garde-frontières iraniens avaient été enlevés et sans doute assassinés par l'organisation salafiste Jaish al-Adl basée au Pakistan. Les forces de sécurité pakistanaises s'avouent incapables de l'éliminer, à supposer qu'elles le veuillent vraiment.

Le Pakistan est manifestement aujourd'hui à un tournant décisif. Ou bien il se rapprochera définitivement des pays qui dans le monde combattent le djihadisme, au risque de créer en son sein des tensions sinon une amorce de guerre civile. Ou bien au contraire il acceptera de se laisser gangrener complètement par le fondamentalisme islamique. Les Etats-Unis ou leur alliée l'Arabie saoudite ne verraient certainement pas cela d'un mauvais œil.

Le sort qui sera finalement fait à Aasia Bibi par le pouvoir pakistanais sera certainement révélateur.

Note au 05:11  23h

Anne Hidalgo, maire de Paris, se dit prête à recevoir Aasia à Paris.
http://www.lefigaro.fr/international/2018/11/05/01003-20181105ARTFIG00290-anne-hidalgo-se-dit-prete-a-accueillir-asia-bibi-a-paris-et-exhorte-la-france-a-intervenir.php#xtor=AL-202

 

 

 

 

05/11/2018
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