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Emmanuelle Amar

Nous n'avons pas demandé à Emmanuelle Amar l'autorisation d'évoquer son nom ou ses fonctions dans cette rubrique. Qu'elle veuille bien nous en excuser, au cas ou notre texte lui parviendrait. Mais nous pensons que son cas est exemplaire de la façon dont certains lanceurs d'alerte, appartenant à des services publics faisant simplement leur métier, se voient menacés de sanctions, sinon sanctionnés, lorsqu'ils dénoncent un scandale impliquant des intérêts privés ou des responsables politiques, centraux ou locaux.

Rappelons que dans l'encore mystérieuse affaire dite des bébés ou enfants nés sans bras ou sans mains, dont les médias ont à juste titre beaucoup parlé, Emmanuelle Amar, directrice du registre des malformations en Rhône-Alpes (Remera), qui avait donné l'alerte après la naissance de sept enfants sans bras ou sans mains dans l'Ain entre 2009 et 2014 dans un rayon de 17 km autour du village de Druillat, avait reçu une lettre de licenciement le 26 octobre, ainsi que cinq de ses collaborateurs. Son employeur, les Hospices civils de Lyon, avait prétexté qu'il n'avait plus les moyens de les rémunérer.

Dans une première enquête, l'agence sanitaire Santé publique France, saisie des cas de malformation dans l'Ain avait conclu début octobre 2018 que le nombre de cas de l'Ain n'était pas statistiquement supérieur à la moyenne nationale. A l'inverse, il y a bien eu, selon elle, un excès de cas en Loire-Atlantique et en Bretagne, mais sans cause identifiée.

Le 29 octobre cependant, devant l'émotion suscité par ce qui semblait un refus officiel de voir des évidences, le gouvernement a décidé de lancer une nouvelle enquête pour déterminer si les sept naissances recensées dans l'Ain entre 2009 et 2014 sont dues à une cause quelconque ou le fait du hasard, comme le soutient Santé publique France. 

Ce même 29 octobre, Emmanuelle Amar a appris par les Hospices Civils de Lyon que sa procédure de licenciement "est suspendue". Le sort des cinq autres salariés du Remera n'était pas précisé.

L'affaire étant en cours, nous n'en dirons pas plus le 30 octobre sur les suites qui lui seront données. Par contre, il nous paraît nécessaire d'évoquer sans attendre dans cette rubrique le cas d'Emmanuelle Amar. Il est révélateur de la façon dont en France, un service public jouant un rôle indispensable se trouve empêché de travailler dès que son action peut gêner des entreprises privées ou les intérêts politiques proches de ces entreprises.

Pour en savoir plus

On lira par ailleurs les chroniques bien informées et scrupuleuses que Stéphane Foucart a consacré à cette affaire dans le journal Le Monde ;
https://www.lemonde.fr/sante/article/2018/10/30/bebes-sans-bras-de-l-ain-un-huitieme-cas-identifie_5376404_1651302.html
https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/09/15/pourquoi-une-telle-desertion-des-financeurs-du-registre-des-malformations-congenitales-en-rhone-alpes_5355520_3232.html

Note au 01/11

Depuis l'affaire a fait la une de nombreux journaux et Emmanuelle Amar souvent interviewée. Mais notre présentation conserve toute son actualité

Note au 13/11

Sur cette affaire, voir aussi https://www.mediapart.fr/journal/france/131118/bebes-sans-bras-pourquoi-tant-d-annees-ont-ete-perdues?utm_source=20181113&utm

 

30/10/2018
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