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Sur les 10 Mystères de l'univers

Le NewScientist du 22 septembre 2018 présente ce que le journal nomme les 10 Mystères de l'univers, qui ne sont d'ailleurs que 9 dans l'énumération qu'il en donne. Nous traduisons

- En quoi consistent les trous noirs supermassifs ? Qu'est-ce qui est à l'origine des étoiles géantes ? Comment l'univers-a-il commencé ? Comment l'univers finira-t-il ? Qu'est-ce que la matière noire ? Le système solaire est-il exceptionnel ? La Terre est-elle une planète spéciale ? La vie existe-t-elle ailleurs ? Comment se fait-il que quelque chose existe au lieu de rien ?

La question la plus difficile qui se pose mais qui n'est pas mentionnée consiste à se demander pourquoi seuls les cerveaux d'une partie infime des humains, apparue dans le début du 19e siècle au mieux, évoquent ces questions pour en faire matière à recherche scientifique. On pourrait aussi se demander pourquoi aujourd'hui questions et réponses font appel exclusivement à la formulation mathématique, dont les limitations sont indéniables.

Depuis des millénaires, les humains ont eu conscience de l'existence de ses problèmes ou tout au moins de certains d'entre eux, mais ils leur ont apporté des réponses faisant appel aux mythes et aux religions. Aujourd'hui ces réponses traditionnelles ne sont pas sans intérêt scientifique, mais elles éclairent davantage les questions concernant la nature de l'intelligence humaine, liée largement à la nature du cerveau humain et la nature des moyens que les humains se donnent pour modifier ne fut-ce que quelques infimes partie de l'univers que sur l'univers lui-même.

Rappelons que la recherche scientifique est une découverte récente de l'humanité, reposant sur la triade « formulation d'une hypothèse, mise en place d'expériences pouvant vérifier ces hypothèses, formulation de lois à partir des hypothèses vérifiées par l'expérience ». Le cycle se renouvelle en permanence à l'occasion de l'apparition de nouvelles expériences et de nouvelles hypothèses. L'ensemble repose sur l'hypothèse globale qu'il existe bien un univers extérieur à l'humanité et que celle-ci est capable de s'en donner une représentation.

Les êtres vivants de toutes espèces agissent sur l'univers par les moyens qu'ils ont acquis au cours de l'évolution, moyens qui leur ont permis de survivre et s'adapter. Autant que l'on sache, cependant, la plupart d'entre eux n'ont pas conscience qu'il existe un univers extérieur à eux et à leur environnement immédiat. Si certains en ont l'intuition, ils ne disposent pas d'un langage suffisamment élaboré pour formaliser cette intuition et en faire un élément explicite de leur culture sociale et de leur survie.

A la liste des mystères de l'univers il faudrait donc ajouter en priorité le mystère de l'apparition sur Terre d'humains capables de se représenter qu'il existe un univers extérieur à eux et que celui-ci pose des questions encore restées sans réponses. La paléo-anthropologie pense aujourd'hui être capable d'expliquer l'apparition de préhumains et humains ayant émergé, pour des raisons encore d'ailleurs mal comprises, du milieu des australopithèques ou autres espèces analogues.

Ces préhumains étaient indiscutablement dotés de cerveaux plus efficaces que ceux des australopithèques. Mais cette efficacité a-t-elle dès le début reposé sur une conscience, encore intuitive mais efficace, qu'ils pouvaient mieux comprendre le monde et s'y adapter que leurs prédécesseurs ? Et comment leur est venue cette conscience ? A-t-elle tenue par exemple à l'apparition, par mutations-sélections, d'un cerveau et d'un système nerveux plus complexes et performant que celui des australopithèques ?

Au delà de ces questions concernant l'apparition d'un cerveau capable d'une connaissance scientifique de l'univers se pose la validité des hypothèses actuelles portant sur l'univers et plus généralement le cosmos pouvant être composé d'une infinité d'autres univers. La plupart de ces hypothèses ne sont pas vérifiables scientifiquement aujourd'hui. Parmi les « Mystères de l'univers » le NewScientist aurait du mentionner le fait que la science contemporaine postule l'existence d'un univers doté de caractéristiques encore longtemps, sinon toujours, invérifiables.

On répondra qu'il vaut mieux se poser des questions invérifiables que de ne se poser aucune question. La science actuelle fait confiance à la science de demain pour éclaircir ces conundrum ou casse-têtes. Soit. Mais il faudrait au moins mentionner, ce que le NewScientist ne fait pas dans sa page d'introduction, mais fait bien évidemment dans les articles détaillés, que les concepts eux-mêmes évoqués dans cette page d'introduction sont aujourd'hui discutés. Ainsi en est-il par exemple du « début » de l'univers, de la matière noire et même de la vie.

Il faudrait surtout évoquer ce mystère plus grand que tous les autres mentionnés dans cette liste, mystère abordé rapidement dans le présent article, concernant la nature et l'origine d'un cerveau, celui des humains, capable de formuler des hypothèses sur un univers ou un cosmos hors de toute expérience immédiate.

Si, dans l'hypothèse de plus en plus vraisemblable aujourd'hui, de la mise en place d'implants cérébraux intelligents, les cerveaux quasi-artificiels en résultant pourraient ils élaborer d'autres représentations du monde, éventuellement radicalement différentes de celles ayant cours aujourd'hui ? Certaines de ces représentations circulent déjà dans le monde scientifique averti, mais nous nous garderons bien d'en discuter ici.

Référence

https://www.newscientist.com/issue/3196/

 

 

29/10/2018
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