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Les rixes entre « bandes de jeunes » en banlieue parisienne

En quelques jours, en cette fin octobre 2018, les médias nous ont informé que des « rixes entre bandes de jeunes » , se sont produites en banlieue parisienne. Elles ont fait des morts. Les jeunes étaient souvent encore des adolescents. Ils étaient armés d'armes diverses, telles des gourdins et des couteaux.

Les bandes rassemblaient un nombre non négligeable d'individus, soit entre 20 et 30 "jeunes" ou "très jeunes". Les rares images étant venues jusqu'à nous montrent qu'ils étaient, pour le plus grand nombre « d'origine africaine » comme le dit pudiquement un document de police. Des témoins tentent parfois d'intervenir pour séparer les bandes rivales, mais ils en sont vite découragés, compte tenu du risque encouru.

Des correspondants bien informés nous ont indiqué que ces phénomènes, à une moindre échelle, se produisaient de plus en plus souvent, sans attirer l'attention des médias. Policiers, procureurs et magistrats des grandes villes y consacrent l'essentiel de leur temps, alors que manifestement ils auraient mieux à faire. Mais le rythme des « incidents », a considérablement cru depuis quelques mois, ainsi que leur gravité.

A quelle cause pourrait-on attribuer  cette augmentation de la violence urbaine entre « jeunes »? En fait, toutes les causes se conjuguent dorénavant pour y contribuer.

On évoque généralement une immigration en hausse, officielle et clandestine, mais cette hausse n'est pas massive. De même le chômage joue un rôle certain. Si ces jeunes travaillaient quelque part, y compris à l'école, pour se préparer à trouver du travail, ils penseraient moins à la bagarre. Mais là aussi le manque d'emplois n'est pas nouveau. On parle aussi du phénomène dit des ghettos, ou quartiers isolés à forte densité. Mais la grande majorité des habitants de ces prétendus ghettos ont réussi à se construire une vie sociale dont ils se satisfont, comme ils en témoignent lorsqu'ils sont interrogés dans les reportages. L'argument souvent évoqué est le manque d'effectifs de la police et de la justice, incapables dorénavant d'intervenir en temps utile dès que des violences sont signalées. C'est indiscutablement le plus visible.

A ces phénomènes s'ajoutent dorénavant l'effet de contagion ou d'imitation (on parle en termes plus élaborés de mimétisme) résultant des échanges sur internet que ces « jeunes » pratiquent dorénavant systématiquement entre eux entre eux. Ce sont les plus violents qui s'y expriment, gagnant ainsi le respect ou provoquant la crainte. Ce sont eux aussi qui recrutent en temps réels de nouveaux participants. Les images de plus en plus fréquentes diffusées par les chaînes de télévision et valorisant le moindre incident donnent une portée nationale aux exemples de violence présentées en des termes plutôt sympathiques par les journalistes ou les commentateurs.

L'accélération en ce domaine peut être très rapide, risquant de donner aux phénomènes d'affrontement entre bandes, par effet de mode, une ampleur redoutable, incontrôlable par les institutions. C'est peut-être ce qui a commencé à se produire en France ces dernières semaines.

Pourrait-on envisager des façons permettant aux collectivités locales et aux institutions concernées d'assurer un retour à l'ordre ? Pour notre part, nous n'en voyons guère, à moins de procéder comme en Russie ou en Chine, qui donnent à la police et à l'armée mission de lutter « par tous moyens » pour le maintien de la paix civile.

L'immigration ne s'arrêtera pas, localement porteuse de terroristes qui s'épanouiront dans le milieu urbain des démocraties occidentales. L'emploi ne reviendra pas par miracle. Quant aux établissements d'enseignement, déjà saturés dans les zones prioritaires, ils sont eux-mêmes de plus en plus victimes d'actes de violence dirigés contre le personnel ou les locaux. La politique d'économie imposée par le gouvernement actuel à la police et à la justice ne permettra pas d'augmenter les effectifs. A supposer que ceci soit décidé, l'effet demandera de nombreux mois avant d'être sensible, compte tenu des délais de recrutement et de formation de nouveaux personnels.

A la date du 24 octobre, on parle dans les milieux dits autorisés de réformer l'ordonnance de 1945 concernant la justice des mineurs. Nous pouvons penser que les discussions à ce sujet seront nombreuses et longues. https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006069158. Mais cela ne sera pas suffisant pour arréter la déliquescence de certaines de nos institutions. 

Faudra-t-il en revenir aux siècles précédents, où les villes comportaient des zones dangereuses de grande étendue dans lesquelles les habitants plus favorisés évitaient soigneusement de s'aventurer ? Certains le craignent.

Annexe

Extraits de la presse à la date de la fin octobre 2018

Deux adolescents ont été tués entre mardi et mercredi dans des rixes distinctes, à Sarcelles (val-d'Oise) et dans l'est de Paris, dix jours après la mort d'un adolescent de 13 ans aux Lilas (Seine-Saint-Denis) qui avait suscité un vif émoi.

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Un jeune homme de 17 ans est mort après avoir été frappé à la tête lors d'une bagarre près de la gare RER de Sarcelles, qui s'est déroulée vers 19H30, selon une source policière. Il pourrait avoir reçu un coup de bâton, selon la même source.

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Plus tard dans la nuit, à Paris, un autre homme a été tué par arme blanche dans une rixe entre bandes boulevard Mortier, dans le XXe arrondissement de Paris, dans l'est de la capitale, a-t-on appris de sources concordantes.
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Trois personnes susceptibles d'être impliquées dans ces faits ont été interpellées, a précisé une source judiciaire.

Selon Europe 1 et Le Parisien, la victime est un adolescent de 16 ans. Après la rixe, elle a été transportée à l'hôpital où elle est décédée, selon la source judiciaire.

Ces deux décès interviennent après une série de violences impliquant des jeunes en banlieue parisienne.

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Il y a dix jours, le 14 octobre, la mort d'un collégien de 13 ans, décédé après avoir été frappé aux Lilas (Seine-Saint-Denis), avait suscité émoi et inquiétude face à la multiplication des bagarres de bandes de jeunes adolescents. 

Quatre suspects âgés de 15 à 16 ans ont été écroués.

Selon l'autopsie, le jeune homme, qui avait des antécédents cardiaques, est décédé d'un "œdème pulmonaire massif", après qu'il a eu deux malaises.

Il aurait notamment reçu "un coup de pied" alors qu'il se trouvait au sol après une altercation avec un groupe armé de bâtons, de barres de fer et d'un pistolet de paintball, selon une source proche de l'enquête.

Selon cette source, deux groupes d'adolescents venus de communes limitrophes (Le Pré-Saint-Gervais, Romainville, Les Lilas, Bagnolet) s'étaient donnés rendez-vous via l'application Snapchat "pour en découdre".

...

Un mois plus tôt, un autre garçon, âgé lui de 16 ans, avait été tué de plusieurs balles dans une cité de Saint-Denis, à l'autre extrémité du département. Deux autres personnes avaient été blessées dans cette fusillade qui avait "choqué" cette ville populaire. 

 

 

24/10/2018
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