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Faut-il se réjouir de la hausse des prix du pétrole ?

Nous n'étonnerons pas nos lecteurs en répondant par l'affirmative. La hausse actuelle (le baril à 85 dollars) est présentée comme mauvaise pour la « croissance ». Mais lorsque l'on considère que celle-ci correspond à un pillage sans freins des ressources de la planète, accélérant les effets catastrophiques attendus du réchauffement climatique, tout ce qui peut ralentir le rythme de celle-ci retarde, même de façon infime, la catastrophe inévitable.

Rappelons que ces dernières années, le prix du pétrole avait considérablement diminué, du fait de l'excès de la production sur la consommation et parce que les spéculateurs commençaient à anticiper l'arrivée de sources énergétiques dites vertes. Mais rien de tel ne s'était produit. Les économies mondiales, y compris en Russie et en Chine, sont de plus en plus « carbonées » notamment parce que les énergies renouvelables semblent remises à des décennies pour avoir des effets sensibles. Comme les économies mondiales n'ont cessé d'investir au profit de modes de production continuant à reposer sur le pétrole et le gaz, la demande est de plus en plus soutenue.

Un événement récent accéléré la tendance à la hausse. Donald Trump, en déclarant unilatéralement la rupture de l'accord nucléaire avec l'Iran et en décidant d'appliquer un embargo, c'est-à-dire des sanctions frappant tous les acheteurs de pétrole iranien, a considérablement inquiété les marchés pétroliers internationaux. Contrairement à ce que l'on croit généralement, la production de pétrole iranien était en passe de dépasser la production de pétrole saoudien. La perspective de devoir se passer du pétrole iranien a accru la demande de produits pétroliers en provenance de l'OPEP et de la Russie.

Certes, l'Arabie saoudite et l'OPEP ont décidé de relever leur production. Par ailleurs les Etats-Unis, exportateurs de pétrole de schiste, se situent désormais parmi les grands pays producteurs, au niveau de la Russie. Mais la production exige plusieurs mois avant de s'adapter à une hausse de la demande. De plus les traders sont par métier inquiets. Ils anticipent bien plus les mauvaises perspectives que celles plus favorables. D'où la hausse des cours actuels qui pourraient atteindre un prix de 100 dollars le baril.

Par ailleurs, en dépit de tous les discours sur la lutte contre le changement climatique, le monde n'a jamais été aussi dépendant du pétrole . Il a désormais besoin de 100 millions de barils par jour pour maintenir son rythme de croissance actuel. Il faudrait donc dans la perspective d'une lutte contre le réchauffement climatique, se féliciter du ralentissement de la croissance mondiale. Les investissements en matière d'énergie renouvelable en seront plus vite rentables. L'effet paraîtra infime sur le long terme. Néanmoins les petits ruisseaux peuvent former de grandes rivières.

 

21/10/2018
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