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BRI. Le Japon ne veut pas laisser l'initiative à la Chine

Le 10e sommet dit Mekong-Japan Summit qui vient de se tenir à Tokyo début octobre, réunissait, outre le Japon, la Thaïlande, la Birmanie, le Laos, le Cambodge et le Vietnam. L'objet en était de discuter de projets d'infrastructures susceptibles de relier entre eux ces pays.

Le Premier ministre Shinzo Abe ne l'a pas dit explicitement, mais il s'agissait de ne pas laisser à la Chine, avec son grand programme BRI, le monopole dans ces domaines dont l'importance géostratégique pour le pays leader sera essentielle.

Sans vouloir comme la Chine mettre l'accent sur la longueur des liaisons promises, dont le coût devrait être de 1 trillion de dollars, le Japon a mis l'accent sur la qualité des réseaux envisagés. De plus, il insiste sur le fait que ces travaux ne devraient pas être pour les pays bénéficiaires l'occasion d'océans de dettes.

Le Japon a depuis la 2e guerre mondiale une tradition d'investissements dans la région, mais ceux-ci sont bien moins ambitieux que les programmes chinois. Une des premières réalisations discutées au Sommet intéressera la Birmanie. Celle-ci, suite à des sanctions occidentales au prétexte du caractère dictatorial de son régime et des menaces que ce dernier a fait peser sur la minorité musulmane Rohinga, s'est vu pratiquement coupé de tous projets étrangers d'investissements. Manifestement, le Japon n'affiche pas de telles prétentions humanitaires. Il semble en très bon termes avec le gouvernement des militaires birmans.

.Il en est d'ailleurs de même pour la Chine, dont l'un des volets de la BRI prévoit une liaison dite « commerciale » entre le site chinois de Kunming et l'océan Indien à travers la Birmanie. Ceci jusqu'à le futur port en eau profonde de Kyaukphyu.

A Tokyo, la Birmanie était représentée par la populaire présidente Aung San Suu Kyi. Celle-ci y a expliqué que la Birmanie était un pays indépendant n'acceptant aucune ingérence étrangère. Elle visait implicitement le projet chinois.  Cependant, la Birmanie considérerait le projet japonais comme une contribution utile à la démocratisation et à la réconciliation nationale du pays. Ce projet, tel que présenté par Shinzo Abe, visera dans un premier temps à décongestionner le trafic autour de la  capitale Rangoun  et améliorer les réseaux d'eau et de drainage.

Le Japon fait valoir la « qualité » de ses projets et réalisations de réseaux dans les pays représentés au Sommet, ainsi que l'importance des investissements privés japonais. Ceux-ci n'ont pas l'importance des projets chinois mais représentent pour les gouvernements concernés, un utile contrepoids à l'influence de la Chine. Manifestement le Japon n'a pas l'intention de limiter ses contributions aux pays représentés au Sommet. Il vise bien plus largement tout le sud-est asiatique.

 

19/10/2018
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