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L'Union européenne va-t-elle défier les Etats-Unis ?

Ce défi sera à propos du pétrole iranien, et non dans tous les autres domaines où l'Union européenne UE se faisait jusqu'à présent un devoir d'appliquer au mieux les instructions de Washington. Mais vu l'importance (d'ailleurs regrettable) du pétrole pour l'économie européenne, le pas paraîtra significatif.

La haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Federica Mogherini et le ministre iranien des Affaires Etrangères Mohammad Javad Zarif viennent d'annoncer aux Nations Unies la mise en place d'un “special purpose vehicle” (SPV) leur permettant de commercer ensemble malgré les « sanctions » américaines devant s'appliquer à toute entité, américaine ou étrangère, continuant à entretenir avec l'Iran des relations économiques après le retrait américain de l'accord international sur le nucléaire iranien dit JCPOA. Rappelons que les autres signataires de cet accord ont plusieurs fois confirmé que l'Iran respectait en tous points les engagements pris.

Le SPV sera pratiquement une monnaie de change internationale se substituant au dollar pour, comme l'a précisé Federica Mogherini, « faciliter les légitimes transactions financières avec l'Iran et permettre aux compagnies européennes de continuer à commercer avec ce pays conformément aux lois de l'UE » Le SPV sera également à disposition des autres pays désireux de continuer à commercer avec l'Iran, tant dans le domaine des exportations que dans celui des importations.

On parle aussi de « bourse d'échanges internationale » considérée comme du troc sophistiqué.  Si l'Iran, par exemple, vendait du pétrole à une entreprise italienne et qu'un fabricant allemand de machines-outils équipait une usine à Téhéran, la somme versée par l'Italie et correspondant à la livraison du pétrole servirait directement à payer le fournisseur allemand. Les négociateurs ont indiqué que des pays tiers tels que la Chine ou l'Inde pourraient être associés au dispositif.

Les Européens ont présenté l'accord comme permettant à l'Iran d'acheter des produits de première nécessité. Mais il servira aussi directement les intérêts des entreprises européennes qui avaient investi en Iran et avaient décidé de s'en retirer pour ne pas encourir les « sanctions » américaines.

A cet égard, l'intervention de l'UE dans ce domaine sensible permet à certains pays tels l'Allemagne ou la France d'éviter d'avoir à braver seuls le chantage américain. On peut donc saluer cette décision comme marquant la volonté des grands intérêts politiques et économiques européens de commencer à faire de l'UE une troisième puissance mondiale se positionnant entre les Etats-Unis et l'Eurasie (Russie et Chine). Mais jusqu'où ira cette volonté compte tenu notamment du nombre des entreprises européennes qui ont des liens très étroits avec les intérêts américains, quand elles n'en sont pas simplement des filiales ?

Note

Il est intéressant de constater que certains voient également dans le SPV un mécanisme permettant de court-circuiter le réseau financier international SWIFT. Celui-ci, bien que basé en Suisse, est constamment manipulé par les Américains au mieux de leurs intérêts.

01/10/2018
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