Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Éventuelle intervention de l'armée allemande en Syrie

L'article référencé ci-dessous de l'agence américaine Business Insider, intitulé Germany could join a military alliance with the US, UK, and France if Syria tries another chemical attack envisage la possibilité d'une participation allemande à une opération militaire américano-franco-britannique contre Bashar al Assad au cas d'une nouvelle « attaque chimique » de ce dernier contre les rebelles réfugiés dans la région d'Iblid, en Syrie.

Je ne discuterai pas ici le fait, comme nous l'avons déjà exposé, que cette attaque serait une opération « false flag » montée par les Occidentaux. Discutons seulement de la possibilité d'une participation de l'aviation allemande à une opération « alliée » conduite contre Bashar.
---------------------------------------------------------------

On peut croire que l'Allemagne, qui est largement soumise aux intérêts politiques et économiques américains, cherche depuis longtemps à faire oublier son passé nazi en se rapprochant de l'Alliance atlantique. C'est le cas notamment de l'armée allemande en cours de reconstitution, qui souhaite bénéficier d'un statut analogue à celui de ses homologues de l'Otan. En France, l'armée, bien intégrée dans la nation, et convenablement soutenue par les gouvernements successifs, n'a pas la même obsession. Elle n'a nul besoin de l'Otan pour se crédibiliser auprès de l'opinion.

Néanmoins le gouvernement allemand ne souhaite pas a priori être entraîné dans une guerre américaine contre Bashar, au contraire de la Grande Bretagne et la France qui étaient prêtes à bombarder Damas à propos du pseudo attentat au gaz précédent. Elles ont été arrêtées de justesse grâce à une menace d'intervention russe, qui avait fait peur aux Américains eux-mêmes.

Il est certain que la prochaine offensive de Bashar dans la région d'Idlib, qui sera certainement un succès, inquiète particulièrement les Américains qui en ce cas se verraient quasiment éliminés de Syrie. De là cette relance d'une hypothétique attaque au gaz. Leurs services secrets doivent, on peut le supposer, multiplier des interventions, notamment à l'ONU, chez les gouvernements français, britannique et allemand, pour les forcer à intervenir militairement dans le cas d'un nouveau pseudo attentat qu'ils auraient, par proxies interposés, monté eux-mêmes. Comme ces services sont, autant que l'on sache, très actifs dans l'armée allemande, ils doivent tenter de mobiliser celle-ci, contre Bashar mais aussi contre les Russes.

Dans le cas d'un tel pseudo-attentat, les opinions français et britannique, en majorité très obsédées par un anti-poutinisme primaire, soutiendraient sans doute une intervention militaire. Le gouvernement allemand serait probablement plus réservé, compte tenu notamment d'une montée en influence d'une nouvelle Die Linke qui semble-t-il ne met pas une opposition à Poutine dans ses priorités. C'est d'ailleurs aussi le cas de la droite industrielle allemande, qui rêve de pouvoir exploiter avec les Russes les possibilités du Grand Nord sibérien.

Je pense également que la nouvelle armée allemande n'a pas encore acquis assez d'influence, même auprès du gouvernement, pour risquer une confrontation directe avec les Russes. Autant que je sache l'Etat-Major français n'est pas davantage prêt à courir ce risque. Il connaît les faiblesses de l'armée, résultant de budgets militaires qu'il juge insuffisants.

Quant au cas de risque de collisions entre aviations au dessus de la Syrie, je pense qu'ils sont encore faibles, compte tenu des progrès considérables faits par les électroniques de bord et au sol. Mais ils ne sont pas nuls. En ce cas, des polémiques considérables interviendraient pour rechercher les appareils responsables, sans aucune chance d'aboutir avant des mois.

En conclusion, je pense, comme je l'avais écrit précédemment, que Poutine ne devrait pas hésiter à sortir de sa prudente réserve et faire planer le risque d'une intervention militaire russe directe, en secours de Assad, si vraiment celui-ci (ce que je ne crois pas) était vraiment mis en danger par les Occidentaux.

Il en est de même en Ukraine, où il ne pourrait pas laisser détruire les deux républiques du Donbass sous les coup d'une armée ukrainienne fortement armée et conseillée par les Américains.

Il a une expression très utilisée en France, montrer sa force pour ne pas avoir à s'en servir.

Référence

https://www.businessinsider.com/germany-alliance-usa-uk-france-syria-2018-9

 

10/09/2018
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire