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Europe des nationalismes

La revue « Le courrier des stratèges » constate que, selon le titre de son article référencé ci-dessous, la plupart des Etats européens se réfèrent désormais au nationalisme, autrement dit à la volonté d'affirmer leur propre spécificité politique face l'Union européenne (UE).

Il mentionne notamment ce qu'il nomme l'axe italo-hongrois, le Royaume-Uni avec le Brexit, le groupe dit de Visegrad, l'Autriche, la Belgique dominé par les nationaliste flamands, le Danemark et l'Espagne tentée par un repli sur soi. Seule l'Allemagne échappe encore à cette tentation, ayant jusqu'à présent mais pour combien de temps encore rejoint la position française consistant à soutenir le projet d'une Europe quasi-fédérale, s'organisant autour des institutions de l'UE.

Nous pouvons ajouter qu'en France, c'est surtout Emmanuel Macron qui joue la carte de l'UE. De nombreux milieux politiques sont désormais sceptiques concernant l'intérêt pour le pays d'une appartenance à l'UE.

La cause principale de ce retour aux nationalismes est évidemment aujourd'hui la peur d'une immigration massive se répandant comme une infection dans une Europe sans frontières. Les gouvernements cités ci-dessus, suivant l'exemple de Victor Orban en Hongrie, pensent pouvoir mieux contenir cette immigration dans des Etats ayant rétabli leur frontières et les contrôles à l'entrée du territoire national que celles-ci permettant.

Mais on peut penser aussi que s'exprime une critique de plus en plus virulente des institutions de l'UE, dite de Bruxelles. L'UE est de plus en plus perçue comme une Europe allemande, favorisant induement ce pays, du fait de sa puissance économique. Dans de nombreux Etats européens commence par ailleurs à se faire jour l'opinion que l'UE a été, dès le début, une création américaine visant à se doter d'un marché unique livré sans résistance à leurs importations et visant aussi à créer un ensemble géopolitique homogène piloté par Washington et capable sous leur direction de s'opposer à une Russie diabolisée.

Dans beaucoup de pays européens aujourd'hui, des intérêts économiques nationaux commencent à percevoir l'intérêt d'une coopération avec la Russie et plus généralement avec l'Eurasie. Or celle-ci reste violemment combattue par une UE sous contrôle américain, pour qui la Russie est et demeurera un risque majeur, notamment militaire Ceci malgré le fait que la Russie n'exprime aucune intention d'attaquer l'Europe. Cette attaque n'aurait pour elle aucun intérêt au regard des avantages qu'elle perçoit comme devant résulter pour elle d'une coopération avec le continent européen ou avec certains pays de celui-ci.

Comment retrouver les avantages de l'UE ?

Comme l'on devine, tous ceux qui en Europe envisageraient de quitter l'UE au profit d'un projet national ne peuvent se cacher le coût que cela représenterait. Les difficultés actuelle de la Grande Bretagne à concrétiser le Brexit en donnent un exemple. L'UE offre en effet, malgré toutes les critiques qu'elle mérite, un certain nombre d'avantages à ses membres : la monnaie unique, un libre espace de circulation, une relative compensation des recettes budgétaires et des dépenses entre pays riches et pays « pauvres »dans le cadre du budget européen.

De plus chaque Etat-membre est lié aux autres à travers les textes et réglementations européennes accumulées inextricablement depuis des décennies. S'en dégager, comme à nouveau le montre l'exemple britannique, paraît extrêmement difficile, ne fut-ce que par l'incapacité de mobiliser les forces administratives qui seraient nécessaires.

Des projets nationalistes, autrement dit nationaux, ne seraient acceptées par les électorats des pays concernés, que s'ils offrent des avantages suffisants pour justifier le coût et les risques d'une sortie. Cela ne serait possible, pensons-nous, que s'ils proposaient des organisations radicalement différentes de celles résultant du libre-jeu des forces libérales. Ainsi il serait nécessaire d'offrir des perspectives d'investissement et de recherche qui ne seraient crédibles que dans la cadre d'un néo-socialisme. On entendra par ce terme une organisation collective suffisamment innovante pour se débarrasser des défauts qui ont rendu le socialisme à l'ancienne insupportable dans les sociétés européennes actuelles.

Or on ne voit pas, dans les pays candidats à la sortie de l'UE, se dessiner de tels projets ; Certes de nouveaux gouvernement se disant de gauche devraient se mettre en place notamment en Italie ou en Espagne. Mais on ne voit pas encore le type de société réellement de gauche ou socialistes qu'ils proposent, en dehors de changements cosmétiques. Ils retomberont inévitablement sous le contrôle des multinationales économiques et financières qui gouvernent le monde occidental, à partir de Wall Street et des bourses européennes.

Beaucoup des pays candidats au départ proposeront de réaliser entre eux des accords sur le mode bi ou plurinational permettant de retrouver à un moindre coût politique les avantages que leur apporte encore l'appartenance à l'UE. Mais quand on connaît les pesanteurs organisationnelles et politiques décourageant le moindre changement en profondeur, on peut penser que ces projets d'accords, sauf sur des points mineurs, ne se concrétiseront pas.

Autrement dit, un retour véritable, ne se limitant pas aux mots, à une Europe des nationalismes, dite aussi pour faire moins peur, à une Europe des nations, échappant notamment à la domination américaine, ne se produira pas, sauf en cas de crise mondiale majeure qui emporterait toutes les structures en place. Ce sera probablement le cas lors de l'aggravation du réchauffement climatique inévitable qui, entre autres conséquences, poussera vers l'Europe, d'ici la fin du siècle, des centaines de millions de migrants africains, contre lesquels l'UE en son état actuel sera incapable de résister.

Référence

http://www.lecourrierdesstrateges.fr/2018/09/02/france-exceptee-leurope-a-majoritairement-bascule-vers-un-nationalisme-assume/

 

05/09/2018
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