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Idlib. La bataille finale se prépare

Une offensive de l'armée de Bashar al Assad (SAA, Syrian Arab Army) se prépare a reprendre le contrôle de la région de la Syrie NW, nommée Idlib qui est le dernier point du territoire tenu par l'opposition syrienne se présentant sous le nom de Syrian Free Army.

Cet article est une mise à jour au 02/09 de celui publié au 29/08

Il s'agit en fait du dernier point où Daesh, chassée de partout ailleurs, dispose encore de quelques forces. Tous les « terroristes » éliminés de Syrie par les offensives victorieuses de Bashar s'y sont réfugiés, se mêlant souvent à la population. Il est clair que la reprise d'Idlib signera la défaite complète de Daesh, en Syrie et sans doute même au Moyen Orient.

Comme l'on sait, la SAA a dès le début été appuyée par des moyens militaires aériens et terrestres russes. La Russie, qui dispose de deux petites bases en Syrie, cherche évidemment à travers son alliance de longue date avec Damas, à faire reculer l'influence américaine dans la région, au profit de la sienne. Washington le sait, mais n'a pu empêcher ces derniers mois de se faire repousser, militairement et économiquement, par l'alliance Damas-Moscou. Inutile de dire que la reprise d'idlib par Bashar sera considérée par le Pentagone comme une défaite majeure.

Aussi bien différents moyens sont utilisés par les Occidentaux alliés des Etats-Unis pour retarder voire pour empêcher l'offensive contre Idlib. Le plus visible consiste à la campagne actuellement menée par les organisations internationales humanitaires faisant valoir les morts civiles prévisibles. Mais celles-ci, à supposer qu'elles se produisent, ne seront pas plus nombreuses que lors de la reconquête par Bashar et par la coalition américano-arabe des positions de Daesh en Syrie. Comme nous venons de le rappeler l'organisation terroriste s'est toujours fondue parmi les populations pour se protéger.

Un nouvel élément est à prendre en considération, le risque de voir la Turquie, qui avait précédemment rejoint la coalition Syrie, Iran et Russie, s'y opposer à nouveau. La raison est qu'elle avait été récemment chargée par celle-ci de la prise en charge d'une zone dite de deconflictualisation comprenant essentiellement la région d'Idlib. Mais celle-ci est devenue depuis ces derniers mois le refuge de tous les combattants islamiques se rattachant à Daesh ou à l'ex. Al Qaida et ayant fui la Syrie.

Or Ankara n'a aucune envie de voir ces effectifs terroristes chassés d'Idlib se réfugier en Turquie. Bien plus, comme nul ne l'ignore, Ankara avait depuis des années financé et armé ces terroristes dans l'espoir, notamment, de les voir contribuer à renverser Bashar, considéré longtemps par Erdogan comme un rival insupportable. Les Etats-Unis le savaient et avaient encouragé ces implications d'Ankara dans le soutien aux terroristes. Ceux-ci ont été officiellement combattus par Washington, mais ils ont été discrètement pourvus en armes et en dollars par les Américains dans la mesure où ils pouvaient contribuer à la chute de Bashar et à un échec majeur pour la Russie.

La Turquie n'a pas encore choisi son camp entre Washington et Moscou. Elle a certes décidé de quitter l'Otan mais elle veut conserver des liens commerciaux et diplomatiques avec les Américains. Dans ce but, l'on peut craindre qu'elle ne se confronte, éventuellement militairement, avec la SAA lors de la bataille pour Idlib. Elle récupérerait ainsi une grande partie du soutien américain, ce qui lui sera précieux à l'avenir dans son désir de s'affirmer comme une super-puissance régionale.

Tout dépendra en fait de la position de force dont bénéficiera Bashar si la bataille d'Idlib est gagnée rapidement par ses forces. Dans l'affirmative laTurquie en tiendra compte et évitera de se confronter à lui.

Notes

1) On peut penser qu'aucune offensive ne sera déclenchée avant le 8 septembre, c'est-à-dire après la prochaine rencontre tripartite Iran-Russie-Turquie du 7, dans le cadre des accords d'Astana, qui se tiendra en Iran, où se rendra donc Erdogan. Ils vont problablement trouver un accord pour régler le cas d'Idlib sans qu'il y ait un affrontement direct entre la Syrie et la Turquie.

2) au 31/08, un article intéressant 
https://ejmagnier.com/2018/08/30/les-usa-se-fichent-didlib-ils-veulent-pousser-liran-a-la-table-de-negociation/

3) Cf le point de vue de Lavrov (autrement dit de Poutine) sur cette offensive, au 30/08. Il demande instamment aux Occidentaux de ne pas intervenir
https://www.zerohedge.com/news/2018-08-30/caught-video-syrian-convoy-heads-idlib-final-battle

4) Au 02/09 un expert militaire nous écrit:
La flotte US n'est pas en situation de frapper. Le seul porte avion en zone Atlantique est à deux jours de mer de Norfolk donc à près de dix jours de la Méditerranée.
Une flotte de 26 navires russes armés est en manoeuvre navale au large des côtes syriennes. 34 avions participent à cette manoeuvre en plus de ceux de la base aérienne russe en Syrie.
Je vois mal le déclenchement d'une opération tripartite dans les quinze prochains jours, car les occidentaux ne sont pas en situation de force en Méditerranée, bien au contraire.
Je pense qu'il est grand temps pour l'Armée syrienne de déclencher son opération dans le nord syrien pour profiter des quinze jours de répit qui pourraient lui permettre d'engranger des résultats significatifs avant que la situation ne se tende vraiment. Il semble que la Turquie soit prête à laisser faire, au moins la première phase de reconquête.


 

02/09/2018
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