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Il était temps que Nicolas Hulot démissionne, mais …

Nicolas Hulot était devenu la risée de ses adversaires politiques, dans l'opinion mais aussi au gouvernement. Aime-t-il recevoir des gifles en permanence ? Mais de quel poids sera sa démission, enfin décidée, dans la nécessité d'arrêter la marche au suicide de l'humanité ? Cette question nous concerne tous.

Le succès d'estime dont bénéficie Nicolas Hulot par son geste n'aura qu'un effet extrêmement limité, bien évidement dans le monde mais aussi en France. Nicolas Hulot a reconnu lui-même que les intérêts visant à consommer davantage, dépenser sans compter les ressources de la terre, refuser toute politique de restriction, continueront à imposer leurs choix au monde entier. Ces intérêts, et les lobbies par lesquels ils s'expriment, ont trop de poids auprès des gouvernements pour renoncer à leurs pouvoirs. Ils tiennent ceux-ci du désir des citoyens eux-mêmes de n'accepter aucune contrainte pouvant limiter leur frénésie de profit et de consommation, au prétexte de sauver la planète.

C'est évidemment une évidence aux Etats-Unis ou Donald Trump vient de dénoncer, sous la pression de ses électeurs , les restrictions, pourtant mineures, décidées par ses prédécesseurs en matière de production et de consommation de pétrole. C'est aussi le cas en France, qui se veut championne de l'écologie au sein d'une Europe indifférente ou hostile.

La démission de Hulot a été finalement provoquée par quelques décisions gouvernementales irresponsables favorables aux agriculteurs et aux chasseurs. Mais peut-on espérer qu'Emmanuel Macron comme les dirigeants des mouvements se disant écologiques prennent le risque de déplaire aux citoyens, dont bien peu sont prêts à accepter la moindre restriction de consommation dans l'intérêt général. On l'a bien vu dans l'opposition générale que soulève la limitation de vitesse à 80k/h, sur des routes particulièrement dangereuses.

En fait, on peut penser que l'humanité dans son ensemble, tant dans les pays développés que dans ceux se disant émergents, ne pourra jamais se doter de décideurs politiques et économiques capables au plan international de prendre des décisions élémentaires de sauvegarde. Même des catastrophes de grande ampleur provoquées par le changement climatique ne pourront entraîner la moindre mesure générale de restriction. Ce ne sont pas les religions, dominantes dans 80% des sociétés, qui prêcheront la bonne parole. Elles ont bien d'autres soucis que l'intérêt général.

Inutile d'ajouter que les pétitions lancées dans certaines démocraties pour combattre les attaques contre l'environnement n'auront aucun effet, même si elles recueillent des millions de signatures. Les mêmes signataires ne penseront le lendemain qu'à leurs soucis quotidiens.

On n'arrête pas un train sans freins, lancé en pleine vitesse dans une voie en descente, par de bonnes paroles. Seul le déraillement final peut y réussir. Mieux vaut s'en rendre compte que continuer à rêver.

 

28/08/2018
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