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Qui sera candidat à la présidence de la Commission européenne ?

D'après le Traité, il appartient aux dirigeants de l'Union (UE) d'élire le nouveau président à la majorité qualifiée, en tenant compte de l'avis du Parlement européen. Pour éviter d'obscures tractations en coulisse, le Parlement européen a imposé en 2014 la règle du "Spitzenkandidat", qui consiste à choisir comme président le candidat "tête de liste" du parti européen qui obtient le plus de voix.

Mais plusieurs États européens s'opposent à cette procédure. Ainsi. Emmanuel Macron a indiqué récemment  qu'il souhaite ne pas être lié par une décision du Parlement. Le Luxembourg, les Etats baltes et la Pologne partagent ce point de vue.

En fait comptera essentiellement la personnalité et les attaches de ceux qui feront officiellement acte de candidature. Personne ne s'est encore déclaré officiellement. Néanmoins des noms ont circulé.

On a cité Martin Selmayr, l'actuel chef de cabinet de Jean-Claude Juncker. Mais le choisir consisterait en pratique à reconduire la politique actuelle de Jean-Claude Juncker, critiquée notamment pour son incapacité à imposer le poids européen face à Donald Trump. Celui-ci considère l'UE, comme l'ont fait tous ses prédécesseurs à la Maison Blanche, comme devant servir les politiques économiques et diplomatiques de l'Amérique.

L'incapacité de Washington à résoudre la crise ouverte par lui au Moyen Orient fait que la plupart des gouvernements européens semblent vouloir que l'UE reprenne un minimum d'indépendance face aux Etats-Unis, compte tenu de sa capacité virtuelle à s'insérer dans la compétition entre grandes puissances en tant responsables de l'avenir du monde.

On parle ainsi  du français Michel Barnier, ancien  commissaire européen au commerce et actuellement négociateur en chef des relations avec la Grande Bretagne dans le cadre du Brexit. Mais outre son manque certain de relief, le fait qu'il soit français devrait l'éliminer d'office, vu l'hostilité ou la crainte qu'inspire actuellement en Europe Emmanuel Macron.

L'allemand Peter Altmaier, membre du parti d'Angela Merkel la CDU et actuel ministre de l'économie, pourrait faire acte de candidature. Bien qu'il s'agisse d'un homme discret, il serait certainement soutenu par beaucoup de gouvernements. Il a eu récemment le mérite de désamorcer en Allemagne les conséquences de l'afflux de réfugiés, en montrant clairement que la politique d'accueil d'Angela Merkel ne devrait pas avoir de suite.

Mais il y a déjà beaucoup de personnalités allemandes exerçant des fonctions à la Commission ou au Parlement européen. Les adversaires de l'Union en Europe, envisageant une sortie de leur pays, ne manqueraient pas de parler d'une Europe allemande.

En faveur de l'élection d'Altmaier devrait cependant se trouver la France. Il s'est déclaré proche de certaines propositions d'Emmanuel Macron visant notamment à créer un budget de l'eurozone. Il n'est jamais allé cependant à proposer, ce qui serait cependant le bon sens, la mise en place d'une véritable politique et diplomatique européenne sur le mode fédéral.

On ne voit guère se dessiner d'autres candidatures, venant de pays européens importants, comme l'Italie ou l'Espagne. Ceux-ci sont trop occupés à résoudre leurs propres problèmes pour s'intéresser concrètement à l'Europe.

Angela Merkel

Reste Angela Merkel elle-même. Officiellement, elle n'a jamais montre d'intérêt pour le poste, néanmoins son nom pourrait éventuellement faire l'unanimité. Certes elle sera toujours marquée par sa décision irresponsable d'accueillir en Allemagne un million de migrants. Mais au plan international, elle a toujours su s'opposer discrètement mais fermement aux Américains notamment dans la question de la crise ukrainienne. Elle a osé au contraire collaborer avec la Russie, ce qui était du bon sens, dans le cadre des accords de Minsk. Elle entretient de très bons contacts avec Vladimir Poutine.

Dans la mesure ou les gouvernements européens voudraient faire de l'Union une véritable grande puissance mondiale, le choix d'Angela Merkel, qualifiée parfois de Reine Victoria de l'Europe, serait la moins pire des solutions. Resterait à la décider, ce qui devrait être facile.

25/08/2018
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