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Chute prévisible des Etats-Unis. Oui mais avec quelles conséquences ?

Les observateurs politiques se voulant aussi scientifiques que possible sont désormais nombreux à prévoir la chute de ce que nous nommons ici l'Empire américain, que d'autres non sans raisons assimilent au complexe militaro-industriel et politique américain (CMIP).

Celui-ci, de l'avis général dans le monde, y compris de la gauche libérale américaine s'exprimant quasi-exclusivement sur Internet, gouverne désormais sans entraves l'Amérique. Donald Trump est de plus en plus une « pupett » dans ses mains.

Inutile d'examiner ici les raisons possibles d'une telle chute, si elle se produisait. Disons seulement que face à la montée en puissance de pays radicalement opposés comme la Russie et la Chine, face aussi à l'hostilité croissante d'une partie de l'Europe et du reste du monde, l'Empire ne peut plus prétendre jouer librement dans un monde unipolaire tel que celui qu'il s'était construit à partir des années 1950. Il reste certainement encore surpuissant, notamment au plan militaire (et ne l'oublions pas scientifique) mais ses ressources humaines et matérielles diminueront irrévocablement.

Le bon sens consisterait pour le CMIP à en tenir compte et à s'adapter pour continuer à jouer un rôle très important dans le futur monde multipolaire. Mais peut-on attendre d'un système politique qui a depuis 80 ans régné sans partage d'accepter dorénavant une telle concession ? L'histoire montre qu'aucune institution humaine, aucune sorte de pouvoir, n'accepte de se reconvertir suffisamment vite pour ce faire. Il résiste jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à l'effondrement, laissant place à de nouveaux pouvoirs mieux adaptés. 

Il est plus que prévisible que le CMIP américain actuel suivra le même chemin. Mais il se battra de toutes ses forces, avant de s'effondrer. Une question intéressant l'avenir du monde doit alors être posée. Quelles seront pour ce même monde les conséquences de l'effondrement qui surviendra sans doute inexorablement. L'Empire cédera-t-i la place relativement en douceur, ou luttera-t-il jusqu'au bout,  en pratiquant la politique du pire, que les anciens philosophes traduisaient par cette phrase : « Que périsse le monde, si je dois périr moi-même », parfois reprise de façon plus discrète par l'adage : « Après moi le déluge ».

Que feront la Russie et la Chine ? 

On répondra que cette question doit être posée aux autres gouvernements. Réagiront en temps utile, et avec quels moyens, pour échapper au désastre ?  Malheureusement il n'y a pas à ce jour beaucoup d'Etats capables de le faire. Les Etats européens sont trop soumis aux Etats-Unis pour espérer qu'ils puissent éviter de subir le sort de l'Amérique. La totalité du reste du monde est trop faible pour adopter des politiques de sauvegarde. Seules deux grandes puissances sont capables de le faire, la Russie et la Chine.

Encore faudrait-il qu'elles prennent en temps utile conscience du risque, et décident avant qu'il ne soit trop tard de  mobiliser tous leurs moyens pour se résoudre dès aujourd'hui à des politiques de défense efficaces. Or on peut douter que ce soit le cas. Si grande est encore la puissance de l'Empire américain est que celui-ci a réussi à placer aux niveaux décisionnaires de ces deux pays des responsables décidés à refuser des mobilisations salvatrices quels qu'en soient les coûts et les risques.

Nul n'ignore qu'en Russie les partisans d'une politique dite d'ouverture à l'ouest semble encore majoritaires, par rapport à ceux qui voudraient voir le pays développer ses propres ressources. Nul n'est capable de dire ce que pense de la question Vladimir Poutine, à qui ses adversaires reprochent des concessions permanentes à l'Empire américain. Ceci est présenté par ses partisans comme une prudence légitime. Ses adversaires parlent de démission, qui pourrait se révéler catastrophique.

La question se pose différemment en Chine, en passe de devenir la première puissance mondiale. Ses dirigeants ne se dissimulent pas sans doute le danger de l'Empire et de ses politiques aventureuses. Mais pour le moment ils n'ont pas la puissance militaire et les appuis diplomatiques nécessaires pour s'opposer directement à lui. Ils préfèrent négocier avec un nombre croissant d'Etats du monde beaucoup trop faibles pour agir seuls, des alliances de long terme reposant sur des convergences ultérieures d'intérêts. C'est ce qu'ils font notamment dans le cadre de l'OBOR.

Mais il s'agit précisément de long terme. Les résistances dévastatrices de l'Empire à un effondrement pouvant être très rapide risquent de prendre la Chine au dépourvu. Pourrait-elle échapper à un désastre qui deviendrait mondial, entrainant de proche en proche toutes les civilisations. Le risque existe, et pas seulement dans le cas d'une guerre nucléaire telle que ne cesse de la recommander le complexe militaro-industriel américain.

21/08/2018
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