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La Chine va-t-elle gagner la guerre des tarifs déclenchée par Donald Trump ?

On sait que Donald Trump a sans doute du son élection à la Maison Blanche à  l'annonce qu'il allait hausser sévèrement les droits de douane touchant les importations chinoises aux Etats-Unis (guerre dite « des tarifs »).

Une partie de l'économie chinoise actuelle dépend de ses importations. Diminuer de ce fait les importations de produits chinois permettrait aux entreprises américaines fortement touchées par elles de regagner du chiffre d'affaire et de recruter davantage.

La Chine pour sa part avait indiqué qu'une telle guerre des tarifs ne l'affectera pas sérieusement. Xi Jinping, son président, avait affirmé que celle-ci sera une incitation poussant les industriels chinois à produire davantage au profit du marché intérieur et non en vue de l'exportation.

Or aujourd'hui Trump vient de lancer une première phase de cette guerre des tarifs en augmentant les taxes sur l'acier et l'aluminium. Bien évidemment il a suscité une vague de protestations de tous les utilisateurs de ces deux métaux aux Etats-Unis et en Europe. Mais la Chine, grande exportatrice, en sera-t-elle durablement affectée ?

On estime que la guerre des tarifs imposera dans un premier temps une hausse de £200 milliards sur les produits chinois. Pékin, qui avait promis de riposter, vient de décréter une hausse en retour de 60 milliards sur les exportations américaines en Chine. Les économistes américains en rient actuellement, comparant les taux de 200 milliards à ceux de 60 milliards.

Ils affirment que l'économie chinoise est déjà entrée dans une phase de dépression, ce qui ne semble pas être le cas de l'économie américaine. Elle souffrira de plus en plus de la guerre des tarifs.

A Pékin, l'opinion officielle est que cette première offensive américaine, comme d'autres à venir, pourrait handicaper le Japon ou la Corée, mais que la Chine, en phase de devenir la première économie mondiale, s'en accommodera parfaitement. Ceci d'autant plus qu'elle est en train de se reconvertir rapidement vers l 'économie numérique et des télécommunications. De plus, l'accès à son marché est vital pour de nombreuses industries occidentales.

Certes les 6 premiers mois de l'année 2018 ont été marqués par une hausse de 4 ,1% du PNB américain. Mais cette hausse pourrait n'être que temporaire, ayant résulté de baisses massives des impôts sur la consommation. Dans le même temps le PNB chinois a poursuivi une hausse régulière depuis les dernières années.  Elle est aujourd'hui de 7%.

On pourra toujours suspecter les indices économiques annoncés par la Chine d'être construits artificiellement. Reste que la hausse du PNB chinois se manifeste de façon indiscutable dans de nombreux domaines. Les pouvoirs publics ne diminuent en rien leurs investissements productifs, dont une partie est de plus en plus tournée vers le marché intérieur.

Aussi bien le premier résultat de la guerre des tarifs de Trump est d'accroitre l'hostilité de la population chinoise à l'égard des Etats-Unis. Cette hostilité ne sera pas sans conséquences politiques, vu qu'elle se répandra dans une population de plus d'un milliard de Chinois, de plus en plus présents dans le reste du monde.

Quid des perspectives de petro-yuan ?

Nous avions plusieurs fois évoqué les efforts de la Chine pour échapper au roi-dollar, consistant à remplacer celui-ci dans certaines transaction par le yuan, comme monnaie ou unité de change internationale. On parle de petro-yuan.

Mais jusqu'à présent, peu de transactions n'avaient été intéressées par cette opportunité, les perspectives commerciales du yuan restant bien inférieures à celles du dollar. La Russie envisageait de se joindre à la démarche chinoise, en proposant une monnaie mixte, petro-rouble yuan. Mais rien ne s'était concrétisé. Si la Russie vend son pétrole à l'international, malgré les « sanctions » américaines, c'est encore en dollar.

Aujourd'hui, il semble cependant que les perspectives du petro-yuan s'éclaircissent considérablement. Cela tient à la politique économiquement aberrante de Donald Trump visant à affaiblir son « ennemie personnelle » l'Iran, en menaçant de « sanctions » tout ceux qui lui achèteraient du pétrole et du gaz, dont elle est riche.

Avec la hausse actuelle des prix du pétrole, la baisse momentanée du dollar et la volonté de nombreuses entreprises d'investir en Chine, l'achat par la Chine de pétrole à l'Iran ou à tout autre producteur en petro-yuan semble intéresser de plus en plus de transactions. Les petro-yuan ainsi mis en circulation permettront de mener des opérations commerciales avec la Chine sans dépendre du dollar.

Ceci s'est traduit dès mars 2018 à la Shanghai International Energy Exchange où le nombre de contrats libellés en petro-yuan a considérablement augmenté (voir https://www.rt.com/business/422314-petro-yuan-futures-dollar-death/)

 Le mouvement devrait se poursuivre et s'amplifier dans les prochains mois.

 

 

07/08/2018
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