Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser
Les mots clés

Le Vénézuéla sera-t-il abandonné par ses alliés ?  

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a été l'objet le 4 août d'une tentative d'attentat à laquelle il a échappé de justesse. Un drone chargé d'explosifs aurait été dirigé contre lui lors d'une cérémonie qu'il présidait.

Par une chance extraordinaire, ni Maduro ni sa femme, présente à ses côtés, n'ont été atteints. Une petite panique s'en est suivie.

Qui a cherché à tuer Nicolas Maduro ? C'est la question que tout le monde se pose  Nous n'y reviendrons pas ici. Des enquêtes se poursuivent. Disons seulement que Nicolas Maduro a accusé son homologue colombien Juan Manuel Santos d'être responsable de l'attentat, avec la participation de groupes d'opposants armés qui depuis quelques mois cherchent à le renverser.

Nous avions consacré plusieurs articles à la situation au Vénézuéla, en soulignant deux points importants. Les intérêts pétroliers américains cherchent depuis longtemps à prendre le contrôle des abondants gisements d'hydrocarbures dont le pays est très riche. Pour cela ils s'appuient, sans doute à travers le  financement de la CIA, sur des militants hostiles à Maduro, puissamment armés et ayant multiplié les tentatives d'attentat, d'abord contre l'emblématique Hugo Chavez puis contre son successeur Nicolas Maduro.

Mais derrière les pétroliers, ce fut l'ensemble du gouvernement américain qui était tenté de prendre le contrôle du Vénézuéla, allié traditionnel de Moscou et plus récemment de Pékin. Aujourd'hui encore, les "neocons" demandent régulièrement que l'armée américaine envahisse le Vénézuéla. Le Pentagone a mis au point divers scénarios en ce sens.

S'il ne l'a pas encore fait, malgré l'absence de résistance sérieuse qu'aurait pu opposer Chavez puis Maduro, ce fut pour une raison simple. Moscou, dès les origines, avait clairement fait entendre qu'il ne le permettrait pas. Certes, il ne pouvait menacer les Etats-Unis directement sur le continent sud-américain, mais un message très clair avait été transmis à Washington : « si vous faisiez la moindre chose contre le Vénézuéla, nous considérerions que vous vous attaquez directement à nos intérêts dans le monde et nous réagirions à un niveau bien supérieur.». Washington avait compris qu'en tentant d'annexer le Vénézuéla, il pourrait provoquer une guerre mondiale. Aucun président américain n'avait jugé utile de courir ce risque.

Aujourd'hui, l'attentat contre Maduro, qui était à deux doigts de réussir, aurait provoqué un tel désarroi au Vénézuéla que le Pentagone, directement ou par l'opposition de droite surarmée, aurait pu facilement mettre la main sur le pays, au prétexte de le pacifier. Il faut dans ces conditions se demander – ce que doit faire Nicolas Maduro pour sa part – si l'attentat ne montre pas que Moscou aurait décidé d'abandonner le Vénézuéla aux mains américaines. Vladimir Poutine, bon réaliste, pourrait avoir différentes raisons pour le faire. L'éloignement du Vénézuéla d'abord, mais aussi le peu de conséquences pratiques qu'aurait eu une prise de contrôle de Caracas par les Etats-Unis.

Certains vont même jusqu'à suggérer que le pétrole vénézuélien concurrençant directement le pétrole russe, cette prise de contrôle serait de peu d'influence pratique pour l'économie russe. On voit mal des pétroliers américains inondant de pétrole les régions du monde intéressant la Russie.

La Chine

Par contre, la question importante  posée  aujourd'hui est de savoir si la Chine, qui cherche à s'implanter massivement en Amérique du Sud, accepterait de laisser son nouvel allié stratégique qu'est le Vénézuéla échapper à son contrôle – sans mentionner le fait qu'elle abandonnerait tout espoir de bénéficier du pétrole vénézuélien dont elle aurait grand besoin.

Cependant la Chine ne dispose pas d'une force armée suffisante pour, comme la Russie pouvait le faire, menacer les Etats-Unis de réactions de type militaire en cas d'attaque directe ou indirecte de son allié vénézuélien. Ce n'est pas d'ailleurs sur le mode militaire qu'elle compte s'établir en Amérique Latine.

L'attentat du 4 août contre Nicolas Maduro, qui a failli réussir, signifie-t-il que Moscou comme Pékin auraient décidé de se désintéresser du sort du Vénézuéla? 

Note au 09/08/2118

L'article ci-après, émanant de Stephen Bryen, qui semble être un expert américain très sérieux, suggère que l'attaque contre Maduro aurait été un montage préparé par les services vénézuéliens. L'hypothèse est intéressante, mais l'article ne précise pas dans quel but exactement ce faux attentat aurait été monté par Caracas. Si cela était vrai, Maduro pourrait se rassurer. Ses alliés russes et chinois ne l'abandonneraient pas. Mais attendons la suite pour conclure, si suite il y a.

Was the Maduro drone attack a fake?
Unexplained anomalies about the alleged attack on the Venezuelan President, ranging from the drone and type of explosive used, plus doubts over the video of the drama and speed in which six suspects were arrested suggest it could have been staged

http://www.atimes.com/article/was-the-maduro-drone-attack-a-fake/?utm_source=The+Daily+Report&utm_campaign=2bd50f14c1-EMAIL_CAMPAIGN_2018_08_09_01_41&utm_medium=email&utm_term=0_1f8bca137f-2bd50f14c1-31599777

 

 

 

05/08/2018
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire