Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser
Les mots clés

Le Brics. Nouveau visage.

Le dernier sommet des BRICS s'est tenu du 25 au 27 juillet, à Johannesburg. Il a réuni pour la première fois, avec les membres fondateurs (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), une dizaine de chefs d'Etat africains. Ce forum a été l'occasion de recommander plus de coopération économique entre les membres fondateurs et le continent africain 1).

Jusqu'à présent, il n'y a eu entre pays des BRICS et pays africains que des accords bilatéraux. Le sommet de cette année s'inscrit dans une dénonciation du péril de la guerre commerciale lancée par Donald Trump. Mais il vise, au moins dans l'esprit de certains membres, à constituer une organisation aux ambitions politico-commerciales un peu analogue à celle de la coopération économique européenne à ses débuts.

Dans le monde occidental, y compris l'Europe, soumis à la domination économique et politique des Etats-Unis, le BRICS a été et reste considéré comme un moyen de renforcer l'influence politique et même militaire de la Russie et de la Chine dans les deux-tiers de la planète échappant encore à cette influence. Il en résulte que le BRICS est volontairement ignoré ou sous-estimé par l'ensemble des membres de la zone dollar. A l'occasion, toutes les possibilités de le combattre sont mises en œuvre.

Il est indéniable que Moscou et Pékin utilisent le BRICS comme une plate-forme pour accroître leur propre poids. Mais ceci pour le moment se limite à des relations diplomatiques. La coopération économique reste très limitée, du fait notamment que l'Inde et le Brésil redoutent le poids grandissant de la Chine au sein des membres. Ainsi, si des accords commerciaux et industriels sont en voie de négociation entre Delhi et Pékin, ils tardent encore à se généraliser.

Pour la Chine, qui étend de plus en plus ses ambitions en Afrique et en Amérique du Sud, le BRICS est considéré comme indispensable. D'où l'intérêt porté à la conférence de Johannesburg, qui associe de nombreux pays africains importants. Mais bien entendu beaucoup de ces derniers se méfient de la Chine, poussés en cela par les pays occidentaux, notamment la France, qui constatent une perte grandissante d'influence en Afrique sud-saharienne. Néanmoins, comme l'Europe est de plus en plus incapable vu son déclin économique d'intéresser l'Afrique, l'influence du BRICS ne fait que grandir dans le continent.

Le sommet de Johannesburg ne s'est traduit que par des engagements de principe. Ainsi la perspective de mise en place d'une zone monétaire échappant à la zone dollar n'a pas été sérieusement envisagée. A plus forte raison des accords au plan militaire souhaités sans doute par la Russie, mais que le Chine pour sa part ne recherche pas.

Néanmoins le BRICS a permis d'étendre grâce à ce sommet le poids considérable de la Chine dans le monde. Ceci promet de n'être qu'un début. Certains parlent désormais de BRICS-Plus, qui sera dominé par la Chine.

1) Voir allafrica.com https://fr.allafrica.com/stories/201807270172.html

En date du 30/07

Erdogan veut que la Turquie devienne membre du Brics. La Chine serait très favorable. Demandez pourquoi
https://www.rt.com/business/434610-turkey-wants-join-brics-erdogan/

29/07/2018
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire