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Que l'on fiche la paix à l'Iran

La tentation des Occidentaux, ce terme désignant le mariage honteux des Néocons américains, des atlantistes européens dociles suiveurs des premiers et des faucons israéliens, est de crier au déni de démocratie à la suite des résultats du vote iranien et des contestations qui l'ont accueilli.

Avant de se préoccuper de savoir si il y eut effectivement manipulation du résultat des votes au profit de  Mahmoud Ahmadinejad, ce qui au demeurant parait plus que probable, les démocrates et défenseurs des droits de l'homme en Europe devraient pour ce qui les concerne s'interroger sur les moyens qu'utiliserait l'Occident, tel que défini ci-dessus, pour contribuer à l'établissement d'une « démocratie apaisée » en Iran.

Clairement, il n'y a qu'une voie possible, dans l'esprit des "faucons" occidentaux, qu'ils le reconnaissent ou non. Ce serait l'immixtion directe dans les affaires iraniennes, sur le sol iranien. Celle-ci peut comprendre le soutien à des mouvements d'opposition, des opérations clandestines menées par des agents spéciaux et finalement l'option militaire, s'en prenant à certains sites iraniens supposés contribuer à la fabrication d'une bombe  nucléaire. Peu leur importe que ces opérations  dressent contre l'Occident l'ensemble des peuples arabes. Le court-termisme des Occidentaux leur a toujours fait croire que la force apportait ses propres solutions. C'est ainsi que l'Irak a été envahie et qu'aujourd'hui la guerre en Afghanistan et dans les zones tribales pakistanaises bénéficie du soutien sans faille de l'Amérique et de l'Europe.  

Concernant l'option militaire, on peut se demander si elle  ne serait pas une arrière-pensée du gouvernement français actuel lui-même. La presse fait semblant de découvrir aujourd'hui que l'accord d'assistance militaire aux Emirats, dans la ligne de l'implantation d'une base française, pourrait impliquer l'engagement de la force nucléaire stratégique française. Contre qui, sinon contre  l'Iran ? Et au service de quels intérêts, sinon ceux du lobby diplomatico-pétrolier principalement américain ? Que l'on réussisse enfin  à supplanter les Américains dans la course aux contrats aéronautiques arabes serait une excellente chose. Mais à l'inverse ce ne sera pas par des gesticulations militaires que l'intégrité d'Israël pourra le moins du monde être garantie.

Nous avons indiqué précédemment que la seule façon de désarmer les conflits possibles entre puissances locales, comme la seule façon de « faire triompher la démocratie à l'occidentale » dans des pays qui en sont encore loin, consisterait à ne pas intervenir, rester chez soi et laisser les forces en présence régler elles-mêmes leurs antagonismes. Nous pouvons avoir de la sympathie pour les jeunes Iraniens qui, semble-t-il, se mobilisent en ce moment pour la liberté. Mais que l'on s'en tienne là. Sinon, on refera le coup de la CIA en Géorgie et en Ukraine qui, sous prétexte d'aider les révolutions de couleur, ne songeait qu'à une chose, abaisser la Russie pour le plus grand profit des entreprises américaines. Toute intervention des Etats-Unis, de l'Otan ou même d'un Etat européen considéré par les opinions publiques étrangères – à juste titre -  comme instrumentalisé par l'Amérique, ne peut que radicaliser les conflits, en servant les intérêts les plus agressifs à l'égard de l'Occident. Même si la Chine et la Russie n'affichent pas nécessairement des politiques étrangères d'une neutralité insoupçonnable,  elles font montre vis-à-vis  du monde arabe d'une réserve sur laquelle l'Europe, pour sa part, devrait prendre exemple. Le meilleur service à rendre aux jeunes Iraniens, comme à tous autres qui de par le monde se battent pour la liberté et contre la dictature, ce serait de les laisser se débrouiller seuls.

Ceci ne vaut pas dire que les Européens devraient cesser d'affirmer leurs valeurs. Mais qu'ils commencent à le faire sur leurs propres territoires. Nous sommes pour notre part convaincus qu'il ne faut rien concéder à l'idéologie islamiste quand elle veut remplacer les institutions républicaines par la charia, y compris en Europe, ou quand elle veut maintenir les femmes dans une sujétion millénaire aux hommes et aux imams. Mais c'est à nous de donner l'exemple, dans nos banlieues elles-mêmes. Que les chômeurs des deux sexes y trouvent des emplois honorables, que les filles soient libérées du voile et autres contraintes si elles le désirent, que ceux qui prêchent le meurtre des "infidèles" c'est-à-dire des non-musulmans, soient mis hors d'état de nuire... Cela se saura, car tout se sait. Ceux qui luttent pour la démocratie à l'européenne, en Iran et ailleurs, auront là des modèles à proposer, plus efficaces que ceux « exportés » par les drones américains. Il n'y a rien de pire que le double langage d'un Obama qui vient au Caire se coucher idéologiquement devant l'Islam et qui dans le même temps poursuit le « surge » au Pakistan. Il ferait mieux de se mêler de ses affaires en matière de droits des femmes et par ailleurs, laisser l'armée pakistanaise régler ses propres différents avec les talibans, ce qu'elle semble finalement faire assez bien toute seule.
16/06/2009
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Nombre de réaction(s) : 1
Qui pousse au bain de sang?
21/06/2009 23:16:26 | Par : Jean-Pierre A
La non immixtion que vous recommandiez aux Occidentaux le 16, dans cet article, sera évidemment de plus en plus difficile à tenir en cas de bain de sang. Mais aujourd'hui, ce n'est pas Obama qui pousse à la radicalisation, ce sont les Européens, dont Merkel et Sarkozy...sans mentionner les Anglais dont nul n'ignore qu'ils ont de nombreux agents spéciaux sur place...
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