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L'Homo Asiaticus, mythe ou réalité ?

Cet article n'est que l'adaptation rapide d'un texte que vient de publier le NewScientist, auquel nous conseillons de se référer. On y trouve notamment les liens sur les sources nécessaires à une étude plus approfondie.

Un consensus s'était fait jusqu'aux alentours de 2010 sur le fait que l'espèce humaine avait trouvé son origine en Afrique. Néanmoins la découverte récentes de fossiles d'Homo en Asie oblige à se demander si ces Homo primitifs asiatiques avaient émigrés à partir de souches africaines ou y étaient spontanément apparus, à partir de souches asiatiques plus primitives. Autrement dit l'Homme moderne était il un hasard de l'évolution à partir d'une origine unique ? Etait-il au contraire « condamné » à apparaître du fait des caractéristiques spécifiques des premiers génomes humains. Il aurait pu apparaître aussi sur ce qui était à l'époque le continent américain, ou ailleurs dans le Pacifique si des prédécesseurs de l'Homo s'y étaient trouvés.

La question peut paraître n'intéresser que les spécialistes. Néanmoins elle a des aspects géopolitiques inévitables du fait de la compétition actuelle entre la science chinoise et la science occidentale. Les travaux des paléoanthropologistes chinois sont actuellement suivis avec attention dans des parties du monde comportant plus de 2 milliards d'hommes.

En 1923 des restes humains avaient été découverts en Chine près de Pékin, ainsi que des restes de feu montrant que ceux-ci savaient utiliser le feu. On avait parlé d'une Homme de Pékin (Peking Man) contemporain du Néandertal européen. Il aurait représenté une nouvelle espèce qui avait été nomme Sinanthropus pekinensis.

Cependant, dans les années 1950, le couple Leakey avait découvert dans la gorge d'Olduvai en Tanzanie des restes d'une espèce vieille de 1,8 millions d'années qui fut nommée Paranthropus boisei. De nombreuses découvertes en Afrique, notamment en Éthiopie, avaient mis en évidence dans ces régions la présence de premiers Homo, notamment Homo Habilis, se déplaçant sur leurs jambes, dont la célèbre Lucy (Australopithecus afarensis) vivant il y a 3,2 millions d'années. Ils furent considérés comme descendants de prédécesseurs de chimpanzés vivant eux-aussi en Afrique il y avait 6 à 10 millions d'années.

Les années suivantes, la découverte de nombreux fossiles d'Hominiens avait montré que les prédécesseurs du genre Homo apparus il y 2 millions d'années étaient africains. L'Homme de Pékin avait été considéré comme l'un d'eux, parvenu en Chine grâce à des circonstances favorables.

L'hypothèse n'a pas tenu par la suite. Les fossiles dont un crâne de 900.000 ans, retrouvé en Chine centrale, à Yunxian, ainsi que celui, plus célèbre, de l'Homme de Dali, datant de 200.600 années, trouvé en Chine à Shaanxi, montrèrent qu'ils avaient des caractères tels qu'ils ne pouvaient être attribués à des souches africaines. Il s'agissait probablement de prédécesseurs de l'H. sapiens évolués en Asie de l'Est sans relations avec leurs homologues africains.

Cependant, les défenseurs de l'hypothèse africaine continuèrent à la défendre envers et contre tout. Ceci jusqu'à la découverte de dents dans une cave de Daoxian, en Chine méridionale, datant de 80.000 à 100.000 ans, et que les analyses génétiques permirent d'attribuer incontestablement à des humains modernes. La preuve semble désormais apportée que la « perspective asiatique » de l'évolution ayant conduit à l'homme moderne doit être considérée au même titre que la perspective africaine.

Ceci ne veut pas dire que l'Homo chinois soit apparu de toutes pièces. Ces Homos furent probablement des descendants de l'Homo africanus, ayant émigré en Chine 40.000 ans plus tôt qu'estimé jusqu'à présent, soit il y a 120.000 ans, et ayant éclaté en nombreuses vagues. La découverte récente au Maroc, en Israël, en Inde du Sud et en Arabie de restes attribués à des Homo sapiens ayant vécu entre 80.000 et 110 millions d'années conforte cette hypothèse.

Hypothèse dite multirégionale de l'origine de l'Homo Sapiens

Cependant, certains chercheurs chinois appartenant à l'Académie Nationale des Sciences de Pékin, continuent à défendre la thèse selon laquelle Homo Sapiens avait évolué en Chine à partir de l'Homo erectus sans relation avec le Sapiens africain. Ils suggèrent l'hypothèse dite Multirégionale selon laquelle les Sapiens seraient apparus à peu près à la même époque en Asie et en Afrique, sans liens entre eux.

Il est évidemment illusoire de penser que l'étude des gènes actuels des Africains et des Asiatiques puisse éclairer sur l'origine de leurs éventuelles différences. Les mélanges de civilisations et donc de gènes s'étant produits depuis au moins 5.000 ans ne permettront aucune hypothèse. La plupart des paléoanthropologues « occidentaux » considèrent que les différentes variétés d'Homo échangèrent très tôt leurs gênes, grâce à des relations géographiques s'étant établies entre eux.

La question reste évidemment posée de savoir pour quelles raisons apparurent les mutations génétiques ayant donné naissance aux premiers Homo à partir du prédécesseur H. Erectus. S'est-il agi d'un hasard évolutif ou l'évolution vers l'Homme moderne était-elle inéluctable ? . Si un jour se découvrent sur d'autres planètes des formes de vie analogues à la nôtre, mais plus primitives, pourrait considérer qu'elles auraient donné naissance dans le passé, ou donneraient naissance dans le futur à l''équivalent d'un Sapiens ?

Source

Asia's mysterious role in the early origins of humanity
Bizarre fossils from China are revealing our species' Asian origins and rewriting the story of human evolution

https://www.newscientist.com/article/mg23931850-200-asias-mysterious-role-in-the-early-origins-of-humanity/

 

 

 

07/07/2018
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