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Pourquoi Emmanuel Macron veut-il aujourd'hui légiférer sur les fausses informations ?

Les fausses informations (dite fake news en américain) ont toujours existé, depuis les rumeurs de bouche à oreille jusqu'au « bourrage de crâne  » d'origine allemande découvert par la France en 1916 . Il serait impossible aujourd'hui d'en dresser un tableau complet, compte tenu du fait que la généralisation de l'Internet offre un terrain exceptionnel, tant à ceux qui les inventent qu'aux citoyens qui les absorbent.

Quand on évoque l'Internet, il ne faut pas se limiter au simple web mais au fait que celui-ci est dominé par les Grands de l'Informatique, pratiquement tous américains en occident. La guerre de l'information que ceux-ci y mènent, notamment contre la Russie et la Chine, n'est pas toujours visible, mais elle apparaît vite à un regard critique.

Si Emmanuel Macron a découvert la noble cause visant à lutter contre les fausses nouvelles, alors que ses prédécesseurs s'en accommodaient tant bien que mal, c'est sans doute parce qu'il a très mal pris des informations qui devaient rester confidentielles, mais que des hackers ont récemment piratées et diffusées. Celles ci intéressaient notamment ses comptes de campagne. En bonne logique, elles auraient pu remettre en cause sa candidature, encore aurait-il fallu qu'elles soient connues en temps utile. Certaines se révèlent fausses, effectivement, mais la plupart paraissent parfaitement justifiées.

Un loi qui sera inutile ou dangereuse

Or la proposition de loi qu'il vient de faire présenter devant l'Assemblée nationale est jugée "inutile""dangereuse" et même "liberticide". Celle-ci concentre de nombreuses critiques, y compris de la part de sa propre majorité. Les raisons en sont nombreuses et toutes, quand on y regarde de près, fondées.

La définition d'une fausse information, soit une « information visant à manipuler l'opinion en période électorale », est si large qu'elle pourrait englober toute information qui ne soit pas scientifiquement démontrée comme exacte, ceci évidemment lorsqu'elle pourrait apparaître comme une critique du gouvernement et de la majorité actuelle. A ce titre aucun journaliste ou aucun média ne pourrait se risquer à publier d'information qui ne soit dans la ligne politique du pouvoir. Les auteurs de la proposition cherchent une excuse en disant que la loi ne visera que les informations délibérément fausses. Mais comment prouver l'existence, sauf dans des cas trop voyants, d'une fausse information délibérée ?

De plus, en cas de suspicion de fausse information, il sera possible saisir la justice en référé, c'est-à-dire en urgence. Un juge devra alors se prononcer sur la véracité ou non de l'information, et ce en 48 heures maximum. Aucun juge, connaissant les moyens insuffisant dont dispose la justice, notamment en ce domaine sensible, ne pourra prendre de décision argumentée.

Par ailleurs, le texte ne précise pas qui pourra saisir la justice. La proposition de loi ne mentionne que "le ministère public ou toute personne ayant intérêt à agir" Or les sanctions pourraient être catastrophiques pour la liberté de l'Internet, puisque les sanctions prévues sont l'arrêt de la diffusion, le déréférencement d'un site internet ou le retrait de contenus en ligne.

Pourquoi dans ces conditions Emmanuel Macron ne créerait-il pas à l'Elysée une Propagandastaffel analogue à celle mise place sous l'occupation nazie https://fr.wikipedia.org/wiki/Propagandastaffel


 


 

09/06/2018
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