Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Elections européennes. Diagnostic provisoire

Nous présentons dans le présent éditorial une suite de commentaires nous paraissant s'imposer au terme des élections au Parlement européen, ainsi qu'un rappel des solutions que nous avons proposées depuis longtemps sur ce site pour répondre aux difficultés que rencontre la construction européenne

1. Rappelons d'abord les faits observés, sur lesquels s'accordent la plupart des observateurs politiques :


-    L'abstention s'est maintenue à un taux considérable : aux alentours de 55/60%. Elle semble atteindre 80% chez les jeunes.

-    Deux grandes formation de droite assurent voire accroissent leurs positions : il s'agit de l'UMP en France et de la CDU en Allemagne. La droite de Berlusconi en Italie n'a pas atteint les 40% espérés, mais se maintient à 30%.

-    La social-démocratie a perdu partout des sièges, le PS français subissant un véritable effondrement.

-    Les Verts ont progressé partout, la progression la plus emblématique étant celle de Europe-Ecologie en France.

-    Les partis de gauche anti-capitaliste ont affirmé leur existence, les droites extrêmes également, les uns et les autres autour de 10% cumulés.

-    Le Labour britannique s'est également effondré. Les Conservateurs menacent de former un groupe à part au Parlement européen.

- Les équilibres au Parlement européen ne changeront pas beaucoup. Le Parti populaire européen de droite disposera d'une solide  majorité mais, dans la configuration actuelle du Parlement - 736 membres, qui deviendront 754 si le traité de Lisbonne est ratifié par l'Irlande à l'automne - il lui faudra réunir 369 voix pour construire une majorité. Sans parler de la majorité des deux-tiers, nécessaire pour certains dossiers, le PPE aura donc deux choix : s'allier avec les Socialistes du Parti Socialiste Européen et leurs 159 sièges ou convaincre au coup par coup deux autres groupes au moins de voter avec lui.

2. Questions les plus importantes découlant de ces faits d'observation

Ces faits posent plusieurs questions. Pour notre part, nous retiendrons celles-ci, qui paraissent les plus importantes :

- Pourquoi tant d'abstentions, notamment chez les jeunes ?
- Pourquoi un bon maintien de l'UMP et de la CDU ?
- Pourquoi un effondrement des partis de la social-démocratie traditionnelle ?
- Pourquoi une montée des Verts ?
- Existe-t-il un danger d'extrême droite ?
- Que penser de l'effondrement du Labour en Grande Bretagne ?

3. Eléments possibles de réponse à ces questions

Nous proposons plusieurs éléments de réponse à ces questions :

- Les citoyens européens commencent à prendre conscience de la menace que représente la grande crise économique, sociale et surtout environnementale dans laquelle le monde est engagé et à laquelle l'Europe n'échappera pas. Ils demandent des perspectives crédibles pour se rassurer. L'abstention peut marquer leur désarroi face à l'absence de perspectives offertes par l'Europe. Les votants, pour leur part, ont encouragé les partis semblant offrir quelques solutions, même si elles sont encore incertaines. Ils ont sanctionné lourdement ceux s'en tenant à un discours classique, fut-il d'opposition.

- L'UMP en France avec Nicolas Sarkozy et la CDU avec Angela Merkel en Allemagne ont montré une détermination politique qui, sans s'attaquer à tous les problèmes, semble proposer  des solutions crédibles : le retour à un étatisme raisonnable, la volonté de protéger les acquis industriels, le refus de laisser les groupes  financiers et bancaires extérieurs, notamment américains, prendre ou reprendre possession des économies européennes. A cet égard, la position ferme de Nicolas Sarkozy et d'Angela Merkel, rappelant à Barack Obama que la crise était d'origine principalement américaine a certainement produit un bon effet. Derrière cette déclaration se trouvait en effet le refus (affiché sinon encore concrétisé) de voir des établissements financiers américains, regonflés par le plan de relance d'Obama, venir à nouveau faire leur marché en Europe.   

- La social-démocratie, que représente bien le PS en France, n'a pas été capable de construire de solutions crédibles. Elle maintient ses positions dans son électorat local traditionnel, mais sans offrir de perspectives, ni aux jeunes, ni aux « banlieues ».

- Les Verts sont apparus comme les seuls à s'en prendre véritablement aux causes de la crise : ils militent notamment pour une « relance verte », plutôt que pour une simple décroissance qui n'est pas crédible. Les extrêmes gauches n'en sont pas très éloignées, mais leur volonté de ne pas s'associer à des majorités de gouvernement les déconsidère au regard de beaucoup d'électeurs impatients.

- Les extrêmes droites européennes (y compris sous leurs formes particulièrement extrêmes, celles du néo-nazisme), ne semblent pas représenter pas un risque immédiat pour la démocratie. Mais si la crise s'aggravait, si des mouvements populaires de rues prenaient de l'ampleur en réaction, les extrêmes droites recruteraient davantage et pourraient être soutenues par des gouvernements européens devenant eux-mêmes de plus en plus autoritaires. La démocratie serait alors en danger.

- L'effondrement du Labour en Grande Bretagne pose une question spécifique. S'agit-il d'une sanction à l'égard de l'allégeance de Londres à Wall Street et à son alliée la  City ? La question se compliquerait  si le Parti conservateur appelé à lui succéder, soutenu par les anti-européens, décidait, soit de paralyser complètement l'Union, soit d'en sortir franchement (cette solution étant sans doute préférable à la première).

4. Nécessité d'un programme plus ambitieux

Nous sommes convaincus de l'insuffisance des solutions à la crise politique européenne actuellement mises en œuvre ou proposées. Ceci qu'il s'agisse  de celles mises en œuvre par les droites de gouvernement UMP et CDU, ou de celles proposées par les Verts. En quoi ces solutions sont-elles insuffisantes et que faudrait-il envisager  à la place ?

- Elles ne vont pas assez loin dans le sens d'une sortie du capitalisme financier et la mise en place d'un véritable néo-colbertisme européen, se traduisant notamment par l'harmonisation des législations sociales et fiscales dans le cadre d'un gouvernement économique de la zone euro – laquelle devrait d'ailleurs être étendue à tous les Etats-membres. Un transfert d'une partie des ressources fiscales nationales au profit de programmes véritablement européens s'imposerait en conséquence. Sous cet angle, la dépendance actuelle à l'égard du capitalisme américain au sein du grand marché euro-atlantique prôné à Bruxelles n'a en rien diminué.

- Elle ne vont pas assez loin dans le sens du « verdissement » des économies européennes. Il n'existe aucun grand plan de financement des énergies vertes (y compris, ajoutons nous pour notre part, du nucléaire de nouvelle génération), des transports électriques, des nouveaux matériaux, des méthodes agraires refusant engrais et pesticides chimiques, etc.

- Elles oublient totalement les grands programmes intéressant ce que nous nommons les technologies de puissance, en matière spatiale, de défense, de coopération avec les puissances mondiales autres que les Etats-Unis, etc.

- Elles oublient totalement la considérable relance s'imposant en matière de recherche fondamentale ou de financement des recherches/développement  à risque.

- En conséquence de tout cela, elles oublient la nécessaire réforme du système banque-assurance qui permettrait de drainer les épargnes européennes et d'éviter les risques inflationnistes. Il conviendrait aussi sans doute dans cette perspective de revoir le statut de la Banque centrale européenne et de la Banque européenne d'investissement afin qu'elles puissent mieux prendre en compte les besoins d'investissements à long terme.

Conclusion

Des programmes politiques plus ambitieux s'imposent donc de toute urgence. Tous les citoyens s'intéressant à l'avenir de l'Europe en tant que puissance devraient s'impliquer sans attendre dans leur élaboration.  

Nous pensons que les diverses mesures découlant des propositions que nous avons esquissées ci-dessus pourraient être entreprises dans le cadre du Traité de Lisbonne, en attendant que celui-ci  soit modifié en vue d'y introduire davantage de fédéralisme.

En termes politiques, elles  pourraient parfaitement être reprises, sous des formes plus ou moins accentuées, aussi bien par les droites de gouvernement au pouvoir actuellement que par les Verts, associés ou non à des partis de gouvernement. Elles pourraient évidemment aussi être reprises par les partis sociaux –démocrates, à condition qu'ils renoncent à leurs lourdeurs idéologiques et sociologiques.

Il s'agirait en fait, pour les uns et les autres, du seul salut possible face aux troubles sociaux et politiques qui ne manqueront pas de s'étendre compte tenu du développement inévitable de la grande crise mondiale.
08/06/2009
Vos réactions
Dernières réactions
Nombre de réaction(s) : 1
CITO
10/06/2009 10:20:19 | Par : SAN
l'EUROPE N'EST EXISTE PAS,C'EST UN'EXPRESSION GEOGRAFIQUE
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire