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Pas de retour prévisible au socialisme en Espagne

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, issu d'un Parti populaire (PP) au coeur d'un scandale de corruption, a été destitué le 1er juin par le Parlement qui a accordé sa confiance au socialiste Pedro Sanchez.

«Aujourd'hui, nous écrivons une nouvelle page de l'histoire de la démocratie dans notre pays», a déclaré Pedro Sanchez, ancien professeur d'économie qui vient d'être nommé officiellement chef du gouvernement.

Au pouvoir depuis décembre 2011, Mariano Rajoy était devenu l'emblème du conservatisme le plus étroit. Il s'était notamment fait remarquer par l'austérité brutale qu'il avait imposé à l'Espagne au vu des instructions de la Commission européenne. Il avait par ailleurs traité par un mépris insultant les sécessionistes catalans, sans écouter un seul instant les demandes légitimes pour plus de décentralisation que ceux-ci exprimaient.

Rappelons aussi que la crise politique dont il a été la victime avait éclaté au lendemain de la publication par la justice d'un arrêt concluant à un financement illicite de son parti dont l'instruction avait duré sept ans et dont le procès avait commencé en octobre 2016. Selon cet arrêt, une caisse noire existait au sein du PP, alimentée notamment par des surfacturations d'événements politiques et des pots-de-vin en liquide dans l'attribution de marchés publics. Et ce pour une période allant des années 1990 au début des années 2010. Comme quoi on peut se faire le champion de l'austérité pour les autres, mais pas pour soi.

Le nouveau gouvernement, dont Pedro Sanchez annoncera rapidement la composition, devrait refléter la composition de l'opposition très fragmentée ayant permis le vote de la motion de censure. Outre le parti socialiste, elle devrait comprendre des représentants de Podemos et de partis nationalistes régionaux, y compris celui des indépendantistes catalans.

On voit mal dans ces conditions comment le programme de Pedro Sanchez et de son gouvernement devrait sur le fond différer de la politique suivie par le Parti Populaire. Aucune évolution en profondeur ne sera envisageable, par exemple en matière d'investissements publics ou de lutte contre les inégalités sociales.

Le gouvernement devrait comme le précédent se faire le représentant des intérêts financiers internationaux et de la Banque Centrale européenne. A priori aucune relation améliorée avec la Russie et la Chine ne devrait être envisagée.

Cependant, il faudra attendre un peu avant de juger. Nous y reviendrons.


 


 

02/06/2018
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