Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

L'art de faire mentir les services de renseignement

Il est bien connu que, dans les démocraties, tel ou tel gouvernement voulant prendre des décisions réprouvées par une majorité d'électeurs, fait appel pour les justifier à des informations « fournies par nos services de renseignement ».

Comme nul dans le grand public n'ose se demander ce qui se cache derrière ce concept, personne ne s'interroge sur la validité de l'information alléguée. Ceci même au niveau des assemblées parlementaires et des hommes politiques. Les vrais officiers ou services de renseignement mis en cause respectent leur devoir de discrétion en ne démentent pas directement les fausses informations qui leur sont attribuées.

La plupart des citoyens qui s'étaient opposés à la frappe américano-franco-britannique contre Bashar al Assad, soupçonnaient l'inexistence de la persistance d'armes chimiques à Damas. La longue histoire des faux prétextes inventés par la CIA pour provoquer des changements de régime dans des Etats insuffisamment dociles était à cet égard suffisamment éclairante.

Mais lorsque le gouvernement français avait affirmé le 14 avril, un jour avant le frappe, qu'il s'appuyait sur des « renseignements fournies par les services français » concernant la responsabilité du « régime », selon son expression, dans le pseudo attentat chimique syrien, à partir d'armes chimiques conservées par ce dernier, personne n'avait protesté,  Ces services auraient apporté la preuve que Bashar al Assad, contrairment aux engagement pris, disposait encore de telles armes ou des ateliers susceptibles de les produire,. Beaucoup de ceux qui condamnaient la participation de la France à une opération militaire américaine visant, au delà de Damas, la Russie, n'avaient plus osé désapprouver la frappe.

En effet, pour la plupart des citoyens, de gauche ou de droite, les services de renseignements ne sont pas au service d'une majorité ou d'une autre, mais de la nation. On n'imagine généralement pas que des manoeuvres politiciennes puissent utiliser leur référence pour faire passer des décisions non seulement impopulaires mais contraires à l'intérêt national. Il s'agit pourtant d'un stratagème constamment utilisé.

Pour notre part, sans l'écrire explicitement, par discipline républicaine, nous nous étions étonnés de voir l'inconsistance des preuves prétendument apportées par des « renseignements des services français » concernant la responsabilité de Damas. Nous n'avions pas tort car depuis aucune preuve d'une telle responsabilité n'a été apportée par aucun des acteurs impliqués dans l'affaire.

Ceci n'était pas à l'honneur de nos services de renseignement, manifestement manipulés par le gouvernement.

Sauf que depuis, des informations que vient de fournir le site Stratediplo, qui nous sert souvent de référence, montrent explicitement qu'il s'agissait d'un montage politicien directement inspiré par la CIA et répercuté par un président français d'un atlantisme à toute épreuve. Nous n'avons aucune raison de mettre en doute cet article;

L'honneur de nos services de renseignement en sort grandi.

Références

* Stratediplo. Evaluation de l'évaluation nationale du 14 avril

http://stratediplo.blogspot.fr/2018/04/evaluation-de-levaluation-nationale-du.html

* Dans le même sens, voir aussi un article à la signature du général (2S) Dominique Delawarde – Ancien chef « Situation-Renseignement-Guerre électronique » à l'Etat-major interarmées de planification opérationnelle

https://www.polemia.com/frappes-syrie-bombes-resultats-consequences/

 

 

 

 

 

 

 

29/04/2018
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire