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La Chine applaudit-elle vraiment le rapprochement en perspective des deux Corées?

La Chine a « applaudi » ce vendredi 27 le sommet entre le leader nord-coréen Kim Jong Un et le président sud-coréen Moon Jae-in, saluant « leur courage » et qualifiant d'« historique » leur poignée de main sur la ligne de démarcation divisant la péninsule.

« La Chine applaudit l'étape historique franchie par les deux dirigeants, nous admirons le courage et la résolution politique dont ils ont fait montre », a déclaré Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères lors d'une conférence de presse.

Cet applaudissement chinois est-il destiné à prévenir ce qui doit être redouté par la Chine: l'entrée de la Corée du Nord, à travers un rapprochement avec la Corée du Sud, dans la sphère d'influence diplomatique et militaire de Washington. Ce serait évidemment une catastrophe pour Pékin. La Corée du Nord, traditionnelle alliée de la Chine, se transformerait à la frontière de celle-ci, à l'image de celle du Sud, en une plateforme permettant notamment à l'aviation et à la marine américaine d'accentuer leur présence.

Même si l'unification des deux Corées ne paraît pas envisageable pour le moment, vu l'hostilité de la population sud-coréenne, d'ores et déjà la perspective d'une mise en sommeil du programme nucléaire et de missiles de PyongYang, envisagée par Kim Jong Un, pourrait signifier un début de capitulation devant la puissance américaine. Certes, la Chine était intervenue plusieurs fois pour calmer à ce sujet les ardeurs de Kim Jong Un, mais pour elle ce petit arsenal est bien préférable à ce que pourrait être une extension inévitable de la force de frappe américaine, à partir de la péninsule coréenne, sur l'ensemble de la mer du Japon.

Or Donald Trump a clairement indiqué que ce serait à la condition de cet abandon qu'il accepterait de laisser s'étendre à la Corée du Nord les « bienfaits » dont bénéficient tous les pays acceptant de reconnaître la suprématie économique et financière de l'Amérique. La prospérité actuelle de Séoul , qui malgré quelques dissonances, joue pleinement le jeu d'un néolibéralisme dominé par Wall Street, pourrait tenter les populations de Corée du Nord encore très pauvres.

Aujourd'hui Donald Trump vient d'indiquer qu'il ne laisserait guère de libertés à la Corée du Sud. Il vient de nommer ambassadeur à Séoul l'amiral Harry Harris, encore commandant de l'US Pacific Command. Harris s'est toujours montré le représentant de l'armée américaine le plus systématiquement hostile à la Chine. Il a depuis longtemps participé aux préparations militaires d'un affrontement avec ce pays. Il ne tolérera pas un rapprochement entre les deux Corées si Kim Jung Un ne fait pas durablement allégeance à la puissance militaire américaine.

27/04/2018
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