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Attaque manquée du 14 avril: coup monté des militaires américains ?

Rappelons que le 7 avril 2018 les services de renseignements américains avaient été les premiers à dénoncer une « attaque chimique » de Damas sur la Douma. Celle-ci est une grande banlieue de Damas, jusqu'alors aux mains des quelques centaines d'islamistes qui multipliaient les tirs sur la capitale.

Bashar al Assad avait décidé il y a quelques semaines de les y en chasser. Ce qu'était en train de faire avec succès l'armée syrienne. La prétendue attaque chimique était présentée comme devant décourager la population de la Douma de tout appui aux islamistes. Des chiffres présentés par l'organisation islamique des White Helmets avaient annoncé quelques dizaines de morts parmi les civils.

Devant les dénégations des Syriens et de leurs alliés les Russes, le Conseil de Sécurité de l'ONU avait décidé d'envoyer sur les lieux une mission dite Facts Finding Mission (FFM)e l'Organisation for the Prohibition of Chemical Weapons OPCW dépendant de l'ONU. Mais avant que cette mission ne soit arrivée, les Américano-Franco-Britanique avaient décidé de détruire 3 sites chimiques suspectés se trouvant à Damas. Plus d'une centaines de missiles avaient été lancés le 14 avril à cette fin. Il s'est avéré que la plupart de ces missiles ont été détruits par les anti-missiles russes mis à disposition de la Syrie. Ceux ayant atteint leurs objectifs s'étaient semble-t-il borné à détruire des bâtiments vides.

Peu après, la mission FFM de l'OPCW avait atteint non sans avoir affronté des tirs terroristes les emplacements de la Douma qui auraient été victimes de la prétendue attaque chimique de Damas. Elle termine actuellement sa seconde mission. Des échantillons suffisants pour un diagnostic ont pu être récupérés. Ils sont actuellement en Europe pour analyses. Même si l'OPCW réserve pour le moment son diagnostic, divers renseignements venant du terrain indiquent que la FFM n'aurait rien trouvé de significatif. Ainsi Damas pourrait être assez vite blanchi de toute accusation. 1)

Bien évidemment les Russes et d'autres commentateurs en Europe se demandent pourquoi l'attaque occidentale du 14 avril avait été lancée sans attendre les résultats de l'analyse menée par la FFM. Mais beaucoup commencent à se demander pourquoi les missiles occidentaux avaient visé des locaux syriens prétendument fabriquer des armes chimiques alors que les gouvernements concernés ne pouvaient ignorer que, si cela avait été le cas, des milliers de morts civils par intoxication au gaz auraient été à déplorer. Or rien de tel ne s'est produit. D'autre part, les spécialistes de la question savent que les Syriens, comme ils en avaient été accusés au vu de ces résultats négatifs, n'auraient pas pu déménager en temps utile des équipements de production de gaz sarin ou autres toxiques.

Tout laisse penser aujourd'hui que l'attaque occidentale du 14 avril avait été décidée délibérément par les militaires américains en sachant que ses résultats seraient négatifs. De plus, les Russes avaient du en être prévenus auparavant par eux de façon a éviter tout incident susceptible de provoquer un conflit. Tout laisse penser également que Donald Trump n'avait pas été informé de la manœuvre, sans quoi il aurait évité de multiplier les rodomontades à ce sujet.

Mais quel aurait été l'intérêt du Pentagone et nécessairement aussi de la CIA à s'infliger ainsi publiquement ce qui ne manquera pas d'apparaitre comme une gifle? La réponse très probable est que le complexe militaro industriel ne manquera pas d'exiger d'importants nouveaux crédits budgétaires pour combler le déficit américain avéré en missiles et anti-missiles. C'est ce qui vient d'ailleurs de commencer à être fait.

Peut-être serait-ce aussi un manœuvre de l'Etat profond américain pour déstabiliser une fois de plus Donald Trump. En tant que chef des armées, il ne pourrait pas ne pas être tenu responsable d'une attaque aussi inefficace, voire désastreuse. Sous un autre angle, s'il s'avérait que les Russes avaient été prévenus de l'opération, les adversaires de Trump, qui dénoncent sans arrêt sa collusion avec Vladimir Poutine, pourraient en faire une arme contre lui.

Le seul dindon de la farce, si l'on peut dire, dans cette affaire, pourrait être Emmanuel Macron.  Il inaugure ainsi de façon éclatante son quinquennat de grand chef militaire. Non seulement il a publiquement avoué en participant à la frappe son atlantisme indéfectible. Mais par ailleurs les défaillances de l'aviation et de la marine française en cette occasion pourraient lui être reprochées. N'avait-il pas prétendu inconsidérément en début de mandat réduire les crédits de défense?

1) Voir https://www.opcw.org/news/article/opcw-fact-finding-mission-visits-second-site-in-douma-syria/

 

26/04/2018
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