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Israël paniquerait-il ?

C'est ce qu'expliquent différents organes généralement bien informés 1). C'est surtout ce que laissent penser les toutes récentes déclarations du ministre de la défense israélien  Avigdor Lieberman.

La raison en est la probable prochaine livraison à la Syrie  par la Russie d'anti-missiles S.300. Ceux-ci semblent capables d'intercepter et détruire tout missile américano-israélien fut-il de conception récente. La série sera suivie de deux gammes plus efficaces encore, les S.400 et S.600. Mais la Russie s'en réservera probablement dans un premier temps l'usage.

Or un nombre relativement petit de S.300 pourrait protéger Damas et ses sites stratégiques de toute offensive, fut-elle israélienne ou américaine. D'ores et déjà l'attaque américano-anglo-française du 5 avril a donné lieu à une démonstration de faiblesse, les anti-missiles syriens précédemment fournis par les Russes, bien que de conception ancienne, ont réussi à détruire 70% environ des missiles occidentaux.

Israël, sauf son arme atomique qu'il ne pourrait pas risquer d'utiliser dans une telle occasion, ne dispose, en dehors de moyens terrestres efficaces, que d'une aviation ou de missiles ou anti-missiles de conception dépassée. Il s'estime donc directement menacé par une Syrie ou un Iran protégés par les S.300 russes.

Mais que pourrait-il faire, étant entendu que la Russie ne laissera pas attaquer sans riposter ses alliés syriens ou iraniens. Avigdor Liberman a parlé de riposte inéluctable, sans préciser laquelle. Le général Joseph Votel commandant le Central Commande l'US Army en charge du Moyen-Orient vient de rencontrer des responsables de la défense iranienne pour en discuter. Mais autant que l'on sache, ils n'ont abouti à aucune conclusion utile.

En fait, la réponse est dans les mains mêmes du gouvernement israélien. Même si un sentiment anti-juif anime de façon d'ailleurs inadmissible les pays musulmans, aucun d'eux ne prendra le risque d'attaquer Israël de façon offensive. Ils n'utiliseront que des moyens défensifs et seulement si Tel Aviv s'en prenait à eux. Ceci est plus particulièrement vrai pour Bashar al Assad qui demeurera toujours sous contrôle de Moscou. Or Moscou, sous la pression notamment d'une forte présence d'immigrés juifs très influents, a tout intérêt à conserver à sa frontière un Israël susceptible d'équilibrer l'influence des Etats musulmans qui entourent la Russie. Il ne prendra jamais l'initiative de mettre en danger ou laisser mettre en danger l'existence d'Israël si celui-ci restait raisonnable.

Rester raisonnable signifie ne pas se faire l'allié inconditionnel d'une Amérique qui ne parle, avec Donald Trump, que d'attaquer et détruire la Syrie et l'Iran. Cela signifierait également se libérer du poids des armements et des coopérants militaires américains dont l'armée israélienne s'est dotée. Cela signifierait surtout à terme envisager des coopérations économiques voire diplomatiques avec la Chine et la Russie au sein du grand projet OBOR. Celui-ci se mettra, sauf guerre mondiale déclenchée par les Etats-Unis, irrévocablement en place dans la décennie en cours.

Pour ce qui nous concerne, nous nous étonnerons une nouvelle fois que les services de renseignement américains, comme leurs alliés israélien, pourtant réputés pour leur efficacité, n'aient découvert que récemment l'existence d'anti-missiles et de missiles russes indéniablement supérieurs à ceux dont dispose l'Occident.

  1. Voir entre autres https://southfront.org/israeli-defense-minister-vows-to-crush-s-300-s-700-etc-if-israel-is-threatened/

     

25/04/2018
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