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Une opposante emblématique assassinée. La main américaine sur le Brésil se fait plus lourde

Plus de 2 000 personnes ont défilé le 18 mars dans la favela Maré de Rio, dont était originaire Marielle Francisco da Silva dite Marielle Franco, figure emblématique de la gauche brésilienne, pour protester contre son assassinat survenu le 9 mars. Marielle Franco, qui dénonçait les violences paramilitaires et policières et le racisme, a été tuée de cinq balles dont quatre dans la tête, dans le centre-ville de Rio.

La chaine brésilienne TV Globo a annoncé que les munitions utilisées par les tueurs provenaient d'un stock appartenant à la police. 

Marielle Franco enquêtait sur des assassinats apparemment commis par des policiers désireux d'éliminer des personnes qui en savaient trop sur leurs agissements. Elle avait depuis longtemps mené un combat contre les violences paramilitaires et policières. Elle était conseillère municipale, élue du Parti socialisme et liberté (Psol) depuis 2016. La semaine précédant son assassinat, elle était devenue le rapporteur du Comité spécial de l'Assemblée municipale créé pour étudier l'intervention fédérale dans la sécurité publique de l'Etat de Rio. Elle incarnait pour ses partisans le visage du renouveau politique au Brésil. Alors qu'elle sortait d'une réunion sur la question des femmes noires à Rio, elle a été suivie par un véhicule non identifié. Les premiers éléments de l'enquête sur sa mort ont conclu à un assassinait prémédité puisque les tueurs savaient où elle était placée dans la voiture malgré les vitres teintées.

La main de l'Amérique

Pourquoi parler d'intervention américaine dans ce meurtre, qui relève apparemment d'une guerre entre policiers et citoyens contestant le pouvoir dictatorial de l'armée et de la police dans les quartiers pauvres de Rio et d'autres grandes villes? Parce que les classes riches devenues dominantes au Brésil depuis les procès faits aux anciens présidents socialistes Dilma Roussef et Lula Da Silva ont depuis longtemps compris que leur domination, notamment sur les ressources pétrolières et en matières premières du Brésil, ne pourrait se maintenir face aux protestations des citoyens moins favorisés, sans un appui renforcé de l'armée et de la police. Tout ce qui peut affaiblir le pouvoir dictatorial de l'armée et de la police va directement à l'encontre des intérêts des milliardaires désormais au pouvoir au Brésil.

Or ceux-ci savent qu'ils ne pourraient se maintenir au pouvoir sans l'appui des services secrets de Washington, travaillant eux-mêmes pour le compte, non seulement de l'Etat fédéral, mais des grands du pétrole américains. Ces derniers comptent bien mettre la main sur les considérables gisements de pétrole et de gaz encore à découvrir et exploiter au large des côtes brésiliennes.

Tolérer longtemps des démarches contestataires comme celles de Marielle Franco aurait pu faire soupçonner de faiblesse, aux yeux de Washington, le pouvoir politique actuel des oligarchies brésiliennes. Ceci serait mauvais pour leurs relations avec les oligarchies américaines. Une réaction spectaculaire s'imposait, dont Marielle Franco a été la victime la plus significative.


 

21/03/2018
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