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L'Europe doit-elle s'inquiéter des nouvelles armes russes?

Ceux qui ne veulent pas voir la réalité de la volonté destructrice américaine à l'égard de la Russie et de la Corée du Nord se demandent pourquoi ces deux pays qui sont restés pauvres en termes de niveau de vie, dépensent tant d'argent pour se doter des armes les plus efficaces possible.

C'est le cas de la Corée du Nord que personne n'empêchera de développer des missiles nucléaires intercontinentaux. Cela a toujours été le cas de la Russie, qui à la chute du communisme n'avait découragé une occupation militaire américaine que parce qu'elle disposait, par la prévoyance de ses gouvernements successifs, d'une arme atomique d'une puissance à peu près équivalente à celle de la bombe américaine.

Aujourd'hui Vladimir Poutine a suscité l'indignation des médias occidentaux en dévoilant lui-même les dernières armes dont la Russie vient de se doter, dont notamment le missile hypersonique Sarmat, capable de percer toutes les barrières anti-missiles américaines 1)

Poutine, comme d'ailleurs le répète son homologue nord-coréen, a tenu à préciser que ces nouvelles armes russes ne sont pas destinées à permettre des offensives russes contre ses voisins européens ou asiatiques et moins encore contre l'Amérique. Elles serviront seulement à décourager, par des frappes en retour (retaliation) destructrices, des attaques américaines dite de première frappe.

Mais, diront faussement naïvement les Occidentaux, les Etats-Unis ne songent aucunement à détruire la Russie, non plus d'ailleurs que la Corée du Nord. Or c'est faire outrage à la réalité des faits que le prétendre. Non seulement aujourd'hui Donald Trump agite sans cesse la menace de réduire Pyongyang en cendres, mais le complexe militaro-industriel américain, relayé par les médias, ne cesse de présenter la Russie comme la plus grande des « menaces existentielles » pour les Etats-Unis, bien avant la Chine.

Les militaires, sinon officiellement à la Maison Blanche, du moins au Pentagone, élaborent régulièrement des plans destinés à neutraliser préventivement la « menace russe ». Aujourd'hui, ces plans, comme le Pentagone ne s'en cache pas, en publiant sa « Nuclear Posture Review, prévoient d'utiliser pour ce faire en premièree frappe des bombes atomiques dite « usable » de faible puissance, mais bien supérieure à celles ayant rayé de la carte Hiroshima et Nagasaki. Différents scénarios sont régulièrement élaborés, visant à utiliser ces armes sur les différents théâtres, en Russie même, où les forces russes sont bien implantées.

Il n'est pas nécessaire d'être expert militaire, en constatant le nombre des bases militaires américaines encerclant la Russie, comme le montant de son budget militaire, dix fois supérieur à celui de la Russie, pour se rendre compte que seule la possession d'armes largement plus efficaces que celles des Etats-Unis, sauvera, pour le moment, Moscou de la destruction.

Mais pourquoi, dira-t-on, le Pentagone n'a-t-il pas entrepris depuis longtemps la mise au point d'armes de puissance équivalente, missiles, lasers, drones sous-marins, avions militaires, à celle de la Russie. La réponse ne surprendra que ceux qui se refusent à voir l'incroyable désordre et le gaspillage accompagnant la volonté américaine d'obtenir des armes compétitives. Chacun connait l'échec du F 35 incapable après presque 15 ans et 800 milliards de dépense, de tenir tête efficacement aux différents Sukhoi, dont le dernier, le Su 57, est actuellement en test en Syrie.

La réponse paraît simple. La recherche du profit à tous prix qui guide les entreprises américaines n'a pas la même efficacité que les politiques d'investissements menées par un gouvernement soucieux de l'intérêt général. Le développement rapide d'armes modernes par la Chine – elles-mêmes à vocation défensive - face aux menaces vitupérées en toutes occasions par Donald Trump, comporte la même leçon.

1) Voir https://francais.rt.com/international/48422-vladimir-poutine-presente-armes-dernier-cri

Voir aussi https://www.zerohedge.com/news/2018-03-01/putin-russias-new-hypersonic-missile-can-rip-us-air-defenses-apart

 

 

02/03/2018
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Nombre de réaction(s) : 1
Les nouvelles armes russes
03/03/2018 14:00:37 | Par : JP Baquiast
Un aperçu en est proposé sur le site DeDefensa http://www.dedefensa.org/article/larsenal-russe-a-bon-entendeur

Il s'agit successivement...

• du nouvel ICBM Sarmat d'un rayon d'action de 17 000 kilomètres, avec les capacités révolutionnaires de ses têtes nucléaires autonomes et autoguidées, dont celles pour certaines d'entre elles de se mettre en orbite basse et d'attaquer à partir de cette position, c'est-à-dire venues de n'importe quelle direction ;

• d'un nouveau cruise missile à capacité nucléaire, avec moteur nucléaire, donc disposant d'une autonomie quasiment illimitée, et dont le fonctionnement avec ce moteur a été d'ores et déjà testé en conditions de vol opérationnel ;

• d'un drone sous-marin à propulsion nucléaire, d'une forme ressemblant à une torpille, évoluant à des profondeurs très basses (jusqu'à 1 000 mètres), avec une autonomie autour de 10 000 kilomètres et à des vitesses très élevées pour un engin sous-marin, de l'ordre de 56 à 100 n½uds (100 à 185 km/h) ; enfin, capable de porter les armes thermonucléaires les plus puissantes comme la bombe dite Tsar de 100 kilotonnes expérimentée au début des années 1960 ;

• du missile Kinzhal lancé d'avion, de capacité hypersonique (catégorie de vitesse de plus de Mach 5 [5 300 km/h à 11 000 mètres d'altitude]), armé de charges conventionnelles ou nucléaires. Il s'agit d'un missile lancé de bombardiers stratégiques de type Tu-95 et Tu-160, et sans doute du futur bombardier furtif en cours de développement ; sa vitesse implique qu'aucun missile antimissile existant n'est capable de l'atteindre. « Mes amis, la Russie a d'ores et déjà ce système d'arme », précise Poutine, signifiant que ce système est en cours d'intégration opérationnelle ;

• du “projectile” hypersonique Avantgard, qui est en cours de développement et d'essais, et qui présente la particularité de disposer d'ailes lui donnant la capacité d'évoluer en vol planant, sur des distances intercontinentales et à une vitesse de l'ordre de Mach 20, avec des capacités de bifurcations en plein vol d'une ampleur considérable. (Avantgard est dit “projectile” et non missile parce qu'il n'a pas de propulsion propre mais progresse selon l'énergie cinétique, probablement à partir d'un lanceur du type de l'ICBM Sarmat : « Il vole vers son objectif comme un météorite ou comme une boule de feu, précise Poutine. La température de sa surface externe atteint 1 600 à 2 000 degrés mais le bloc directionnel est protégé pour recevoir et contrôler un guidage effectif. ») ;

• d'armes à rayon laser : il s'agit d'une technologie connue et d'ores et déjà en service pour des systèmes à capacités limitées. L'application principale envisagée en théorie depuis des décennies (Reagan en parlait en mars 1982 dans le concept originel de la Stars War [la Strategic Defense Initiative], comme systèmes de destruction de missiles ICBM) porte effectivement sur la défense antimissiles, aux niveaux tactique et stratégique.
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