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Benjamin Netanyahu devant un choix capital

La Russie a plusieurs fois indiqué qu'elle n'entendait pas intervenir dans le conflit israélo-palestinien ni dans aucune opération israélienne visant à protéger ses frontières contre des agressions venant des Etats arabes.

Personne à Moscou ne veut par ailleurs se trouver engagé dans le conflit remontant à la création de l'Etat juif opposant la Syrie et Israël. L'importante présence de juifs russes et leur poids dans les politiques décidées à Moscou fait d'ailleurs que cette neutralité intéresse toutes les parties en présence.

Mais Vladimir Poutine a également rappelé récemment qu'il considérerait toute action de Tel-Aviv visant à obtenir le départ de Bashar al Assad comme directement contraire aux intérêts de la Russie, notamment compte tenu du fait que celui-ci avait su se faire désormais reconnaître comme un allié indispensable de Moscou. Il a laissé entendre qu'il garantirait dorénavant la survie de Assad et de son gouvernement.

En cela, la Russie s'oppose nécessairement aux interventions des Etats-Unis, directement ou par le biais d'Israël, visant à obtenir le départ de Bashar al Assad et son remplacement par un gouvernement plus proche des intérêts américains. Moscou n'avait pas réagi aux nombreux bombardements des positions syriennes considérés comme de routine par l'aviation israélienne. Mais à l'inverse, Moscou ne pouvait pas considérer comme « de routine » la récente attaque d'avions de l'IDF contre des positions stratégiques de l'armée syrienne. Il est donc vraisemblable qu'il a donné son accord à l'emploi par les Syriens des nouvelles armes anti-aériennes russes livrées à la Syrie. D'où la destruction immédiate d'un F.16 israélien et des dégâts infligés à plusieurs F.15.

Ceci a manifestement été considéré à Tel-Aviv comme un coup de tonnerre, imposant une réplique beaucoup plus massive contre Damas. Mais que faire, vu que cette réplique entrainerait très vraisemblablement une réponse militaire russe? Israël et la Russie disposent tous deux de l'arme nucléaire, mais faudrait-il accepter d'en arriver là? Certainement pas. Ni Nétanyahu ni Poutine ne sont aussi irresponsables que Trump dans ce domaine.

Le très influent lobby juif américain, l'AIPAC, incite en permanence Tel-Aviv à se confronter à la Russie, avec l'appui américain. Mais Netanyahu ne peut pas ignorer que les Juifs américains, très présents dans les industries de l'armement, verraient une guerre ou un renforcement des risques de guerre comme favorables à leurs intérêts, quels qu'en soient les risques pour Israël.

Il se trouve donc placé en face d'un choix dont les conséquences seront considérables pour tout le Moyen-Orient: soit s'engager massivement dans une guerre contre Bashar al Assad, soit accepter l'intervention médiatrice de Moscou. Il ne peut pas non plus ignorer qu'une attaque de l'Iran, adversaire d'ailleurs bien plus redoutable que la Syrie, ne serait pas acceptée par la Russie

On notera que sur France Inter le 12/2, Dominique de Villepin a regretté que la France, trop sensible aux pressions américaines, ait renoncé   à tenter de rétablir, en accord avec Vladimir Poutine un peu de paix dans cette partie du monde qu'elle connait bien et où elle est également reconnue.

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12/02/2018
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