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Reprise de l'offensive américaine contre Bashar al Assad

La confusion caractérisant la situation actuelle en Syrie n'a pas permis d'apporter assez d'attention à une frappe américaine sans précédent, ayant fait plus de 100 morts parmi les troupes de Bashar al Assad et leurs alliés syriens.

La force syrienne était composée d'environ 500 hommes, appuyés par quelques chars. Certains contractuels russes se trouvaient parmi eux. Une dizaine d'entre ces derniers, selon une source iranienne, auraient été tués.

Le 7 février en effet, dans la province de Deir Ezzor, au nord-est de l'Euphrate, l'armée américaine a mis en oeuvre une puissance de feu considérable, sous forme de tirs d'artillerie et d'attaques aériennes provenant de F15 , d'hélicoptères Apaches et de drones. Le prétexte allégué était que les Syriens préparaient une attaque contre le quartier-général des Forces Démocratiques Syriennes (SDF) dominées par la milice kurde dite YPG, alliée aux américains. Il faut rappeler que des forces spéciales américaines sont stationnées aux alentour de ce quartier général.

L'attaque est survenue une semaine après qu'un chasseur russe SU-25 ait été abattu dans la province d'Idlib par un missile d'épaule MANPAD fourni vraisemblablement par la CIA à des milices du Front Al Nusra. Washington continue à les armer car elle se présentent comme anti-Assad. Le piloté, maj. Roman Filippov (image in memoriam)  s'était éjecté mais a préféré se suicider plutôt que tomber aux mains des milices. Ceci a provoqué beaucoup d'émotion en Russie.

Les Etats-Unis avait précédemment annoncé par la bouche du secrétaire d'Etat Rex Tillerson qu'ils maintiendraient indéfiniment des moyens militaires en Syrie. L'attaque du 7 février montre clairement que c'est en fait la chute de Bashar al Assad qu'ils continuent à rechercher. Ceci bien évidemment en raison de son alliance avec la Russie. Mais la Russie de son côté a réaffirmé qu'elle ne quitterait jamais ses deux bases militaires sur la côte syrienne, et qu'elle renouvelait son appui au président Syrien.

Après l'attaque américaine à Deir Ezzor, beaucoup d'observateurs attendaient une réponse russe militaire forte. Mais Moscou a fait preuve d'une extrême prudence, se bornant à manifester son inquiétude par la voie diplomatique. Cette prudence se comprend, car on devine les conséquences qu'aurait une attaque russe directe contre les forces américaines.

Washington va-t-il en tirer la conclusion qu'il peut continuer impunément à tenter de renverser Bashar al Assad, comme le demande en ce moment avec virulence le lobby politico-militaire américain, soutenu par Israël? Dans ce cas, il courrait délibérément le risque d'un affrontement, non seulement diplomatique mais militaires, avec Moscou. Vladimir Poutine ne pourrait pas indéfiniment rester passif.

Comme toujours, la diplomatie européenne, notamment française, ne cherche pas à jouer la médiation. Elle suit fidèlement les instructions américaines.

Mise à jour au 10/02/2018, 21h

L'hypothèse formulée dans cet article paraît confirmée ce soir, selon laquelle les Etats-Unis veulent désormais la chute de Bashar al Assad, laquelle se traduirait par un recul stratégique russe important. En apparence, ils n'interviennent pas directement, mais par l'intermédiaire d'Israël. L'Etat hébreu multiplie les attaques aériennes contre des positions syriennes, et ne semble pas en voie de s'arrêter. Le prétexte d'une légitime défense contre la pénétration d'un drone iranien dans l'espace aérien juif ne tient pas.

Quand l'on connait les liens étroits persistants entre Israël et Washington, notamment par l'intermédiaire du très influent lobby juif américain, l'AIPAC, l'on ne s'étonne pas de cette complicité. Jusqu'où ira-t-elle?

Mais nous nous demandions à la fin de l'article jusqu'à quel moment persisterait la patience russe. La destruction d'un avion de combat israélien ce samedi 10 par l'armée syrienne pourrait apporter un début de réponse. Pourquoi tout d'un coup les Syriens ont-ils abattu un avion israélien et sans doute touché quelques autres alors que jusqu'à présent ils n'y avaient pas réussi? Soit auparavant leur ripostes évitaient de cibler les avions israéliens, ce qui paraît peu probable, soit désormais ils utilisent une nouvelle génération de missiles anti-aériens, qui ne pourrait leur avoir été fournis que par les Russes.

Les Russes restent encore silencieux. Mais tout laisse à penser qu'ils ont livré aux Syriens de nouvelles armes, ou donné à ceux-ci l'autorisation de les utiliser. Les stratèges américains et israéliens, y compris le premier ministre Benjamin Netanyahu, devraient y réfléchir. Ceci serait un début de réponse russe à l'attaque américaine de Deir Ezzor. Israël veut-il courir le risque d'un conflit, non seulement avec l'Iran et la Syrie, mais avec Moscou ?

 


 

10/02/2018
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