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Chute des Bourses

A quand un nouveau « Quantitative easing » (QE) permettant de relancer la spéculation  sur les Marchés Actions?

On lit dans Le Monde du 7 février 2018

Après des mois d'euphorie, place au doute. Les marchés européens ont ouvert en nette baisse mardi 6 février. Peu avant, les places financières asiatiques, Tokyo en tête, avaient plongé (l'indice Nikkei a chuté de 4,73 %), emboîtant le pas à Wall Street. Lundi 5 février, le Dow Jones a en effet perdu 4,6 %, à 24 345 points, tandis que le Nasdaq, l'indice riche en technologies, perdait 3,8 %. Cette séance, la pire depuis août 2011, fait suite à celle de vendredi, où l'indice américain avait déjà perdu 2,54 %.

Il s'agit de l'accélération d'un mouvement amorcé depuis quelques jours, et que tout le monde financier craignait: une chute du Stock Market ou Marché actions https://en.wikipedia.org/wiki/Stock_market

Rappelons que ce marché est celui où se vendent et s'achètent les actions. Une action est une part du capital social d'une entreprise que ses propriétaires ont décidé de mettre en vente pour augmenter ce capital. Elle s'achète ou se vend en Bourse en fonction de la confiance qu'inspire cette entreprise. En fonction de l'optimisme ou du pessimisme des acheteurs, relativement à la santé de cette entreprise, le prix de l'action augmente ou diminue. De plus, comme dans tout marché, si les acheteurs, dits aussi spéculateurs, perdent confiance, non dans l'entreprise, mais dans la bonne santé du marché, ils vendent leurs actions. On dit alors que la Bourse baisse. Les détenteurs d'actions n'ayant pas anticipé cette baisse enregistrent alors des pertes.

L'obligation est une part de la dette d'une entreprise que celle-ci s'engage à rembourser. Cette obligation est une forme d'emprunt assortie d'un taux d'intérêt et d'une date d'échéance, à laquelle l'Etat ou l'entreprise doit rembourser sa dette. Le marché obligataire n'est pas lié aux anticipations des spéculateurs concernant l'état du marché, mais à la confiance qu'inspire l'Etat ou l'entreprise ayant émis des obligations. Il est donc bien moins sensible aux mouvements de spéculation.

Le marché des obligations, également appelé «marché obligataire », est le marché qui permet aux Etats et aux entreprises de se financer. En effet, lorsqu'un Etat ou une entreprise a besoin de financement, il peut émettre des titres spéciaux appelés « obligations ». . Cette obligation est une forme d'emprunt assortie d'un taux d'intérêt et d'une date d'échéance, à laquelle l'état ou l'entreprise doit rembourser sa dette. L'Etat peut utiliser ces ressources, soit à des investissements productifs, soit à des dépenses d'armement et autres activités non productives.

Paradoxalement, la crise du Marché Action n'est pas liée au bon état général de l'économie. Ainsi aujourd'hui la crise actuelle est survenue aux Etats-Unis alors que la conjoncture est actuellement bonne: l'activité reprend et avec elle les embauches. Les salaires augmentent. Mais dès que l'activité reprend, elle le fait dans un environnement inflationniste. Celui-ci, fut-il très léger, peut laisser craindre une perte de valeur des épargnes investies en actions. Leurs détenteurs les vendent pour récupérer leur épargne en vue d'investir dans les secteurs redevenus profitables.

Surévaluations et bulles en série

La baisse actuelle des Marchés Actions, soit environ 4%, est très faible. Des baisses analogues s'étaient produites dans les cinquante dernières années. Mais elle révèle une réalité que nul ne voulait voir. Le marché actuel était très largement surévalué. Le prix des actions, du fait des manœuvres spéculatives à la hausse, s'était considérablement accru aux regard des biens et services produits par l'économie réelle. Autrement dit, les investisseurs, au lieu de participer à la création de biens et services, spéculaient à la hausse du marché, espérant revendre leurs actions plus cher qu'ils ne les avaient achetées. Les gains qu'ils en tiraient s'investissaient notamment en épargnes dans les paradis fiscaux, échappant ainsi aux impôts. Mais inévitablement, à la moindre occasion, ils s'effrayaient et revendaient leurs actions, dont le prix baissait, ce qui provoquait de nouvelles ventes.

Une crise de bien plus grande ampleur avait eu lieu lors de l'éclatement de la bulle dit des Dotcom, ou bulle des entreprises de l'Internet. Celle-ci était une bulle spéculative qui a affecté sur les marchés d'actions à la fin des années 1990 les « valeurs technologiques », c'est-à-dire celles des secteurs liés à l'informatique et aux télécommunications, Le prix de leurs actions s'était considérablement élevées, du fait des espoirs qu'elles avaient suscité dans les économies. Comme leurs résultats, bien que satisfaisants, n'avaient pas été à la hauteur des spéculations, la bulle s'était effondrée. Un phénomène de même nature s'était produit en 2007 lors de l'éclatement de la crise dite des Subprimes. Il s'agissait d'une crise qui toucha le secteur des prêts hypothécaires à risques https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_des_subprimes

Appel aux Banques Centrales

La crise en ayant découlé s'étant étendue à toute l'économie américaine, comme à pratiquement l'ensemble des places de marché du monde, le gouvernement américain de l'époque s'était décidé à réagir. Mais il le fit en procurant des liquidités aux investisseurs potentiels, leur permettant de racheter les actions en baisse. Il fit pour cela appel à la Banque Fédérale de Réserve américaine, en lui imposant de fabriquer des dollars en grande quantité et d'en inonder les marchés. Ceci ne coûtait rien au gouvernement américain puisqu'il suffisait pour cela de faire tourner les machines d'impression. Comme par ailleurs le dollar était alors, comme il l'est en partie encore, considéré comme une monnaie de change sûre, les acquéreurs des nouveaux dollars n'ont pas manqué. Beaucoup ont a nouveau acheté des actions en Bourse, provoquant la reprise de celles-ci.

En moyenne, la spéculation sur les actions produit des revenus de 6%, quand tout se passe bien. Les Bons du Trésor et autres obligations à taux fixe ne rapportent pas plus de 2%. Il est donc compréhensible que les spéculateurs préfèrent la première à la seconde. Mais ce faisant, ils ne peuvent s'empêcher d'en acheter plus que raisonnablement, provoquant une bulle des Marchés Actions. Celle-ci finit par s'effondrer. Les spéculateurs, qui font évidemment partie de la minorité des dominants économiques, font alors appel aux gouvernements. Ceux-ci en reviennent alors à la solution déjà éprouvée, faire appel aux banques centrales pour créer des liquidités (QE), non pour investir dans l'économie réelle mais pour relancer la spéculation qui ne profite finalement qu'aux riches.

On a tout lieu de penser que si la baisse actuel des Marchés Actions se poursuit, les banques centrales, FED, Banque Centrale Européenne et autres seront obligées par les gouvernements, sous la pression des minorités financièrement dominantes, d'en revenir à la vieille recette du QE. Ceci redonnera une fausse impression de reprise, qui permettra aux spéculateurs de continuer à exploiter le travail de ceux qui produisent des biens réels.

Il est évident que, dans des pays où les gouvernements seraient au service des producteurs et des consommateurs de biens et services, à supposer qu'ils créent de la monnaie pour renforcer l'économie, ils utiliseraient celle-ci pour financer des investissements productifs. C'est ce qu'a décidé de faire, semble-t-il, le gouvernement chinois. Il investit actuellement à perte dans de grands programmes productifs tels que la Nouvelle Route de la Soie (OBOR). Quand ceux-ci produiront des bénéfices réels, il pourra en utiliser une partie pour rembourser la dette en Yuan momentanément consentie.

Actuellement au contraire, les gouvernements occidentaux, qui sont au service de la minorité des dominants, continueront à assurer les profits des spéculateurs, en faisant appel à de la création de monnaie, grâce au QE demandé aux banques centrales, chaque fois que les nouvelles bulles ainsi créées éclateront. Le cycle alors pourra recommencer. On a tout lieu de penser que c'est ce qu'ils feront, si  la chute des Bourses actuelle se poursuit.

08/02/2018
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