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La bulle immobilière en Chine

La population mondiale continuera à s'accroître rapidement, au moins jusqu'à la fin du siècle. Mais les démographes ont montré que ce mouvement sera principalement causé par l'augmentation de la population africaine, qui risque de doubler voire quadrupler, sans que ceci se traduise par une croissance des ressources globales.

Pour le reste du monde, on parle désormais d'hiver démographique. Le Japon, la Corée du Sud, la Chine, l'Europe, les Etats-Unis et la Russie sont engagés dans un processus de dénatalité et de vieillissement que rien ne pourra inverser. Cette décroissance ne devrait pas leur poser de problèmes particuliers, à condition que l'amélioration des technologies puisse compenser la diminution de la population productive et l'augmentation des personnes de plus de 60-65 ans à charge. Celles-ci sont en voie de représenter 50% des effectifs globaux.

Encore faudrait-il que l'augmentation de la production due au progrès technique et à une meilleure organisation du travail ne bénéficie pas uniquement à des secteurs qui dans l'ensemble ne sont pas productifs mais dépensiers. L'exemple de la Chine est significatif à cet égard.

Le taux de croissance de l'urbanisation y a été depuis 40 ans le plus rapide du monde. Il continue de l'être. Il y a 40 ans, les résidents urbains représentaient environ 20% de la population. Aujourd'hui, ils en constituent la moitié et vers 2030 ils représenteront environ 70% des effectifs globaux.

Ceci s'est traduit par une forte croissance du secteur de la construction. Celui-ci consomme désormais environ 20% du PNB. Entre 2011 et 2013, la consommation de béton a été plus grande en Chine que celle des Etats-Unis pendant tout le 20e siècle. La construction des infrastructures décidées par le gouvernement pour assurer la desserte des villes nouvelles et qui a priori ne rapporte rien en terme de production de richesse destinées aux besoins essentiels a tenté de suivre les mêmes rythmes.

Le problème est que ce développement de l'urbanisation n'a pas principalement résulté d'une demande de la population en quête de meilleurs logements. Il a résulté de la pression des constructeurs immobiliers sur les administrations régionales et locales afin de se voir affecter une part de plus en plus élevée des résultats de la croissance, sans prise en considération de la demande solvable des habitants.

Des quartiers vides

Il s'en suit ce que chacun peut désormais constater, l'apparition de quartiers entiers vides ou sous-peuplés comme à Zhengzhou (voir image). Dans des villes comme Ordos-Kangbashi, 90% des nouveaux logements restent vides. Cependant, ceci ne ralentit pas la construction, car elle est soutenue par la perspective de prix d'achat ou de location toujours plus élevés. Ceci est du au fait que pour les ménages en voie d'enrichissement, fussent-ils déjà bien logés, l'achat d'un appartement supplémentaire est considéré comme un placement, même s'il ne trouve pas immédiatement preneur. Ainsi 32% des familles déjà logées sont propriétaires d'un appartement vide, en attente d'acquéreur ou de locataire.

Il en est résulté la formation d'une bulle spéculative. Si elle explosait, les prix de l'immobilier s'effondreraient et les propriétaires seraient ruinés. Pour éviter ceci, le gouvernement tente d'accroitre les restrictions à de nouveaux achats, en agissant notamment sur les taux de crédits immobiliers. Mais beaucoup d'économistes prévoient que cela se bornera à retarder l'explosion de la bulle.

La cause réelle du phénomène n'est pas la croissance de la population, mais au contraire sa décroissance. Vers 2050 près de 700 millions de Chinois âgés seront à la charge de ceux qui travailleront encore. Si la population productive actuelle investissait davantage dans les industries et services de demain plutôt que dans l'immobilier, ces centaines de millions d'inactifs âgés pourraient plus facilement dans 30 ans être pris en charge.

Apparemment, sous la pression des groupes de pression de l'immobilier et de celle des collectivités locales à la recherche de soutiens électoraux, le gouvernement et avec lui le Parti Communiste Chinois ne l'ont pas encore compris.

Il ne semble pas qu'un tel détournement de la richesse produite affecte encore gravement la société russe.

 

Références
Gefira-News

26/01/2018
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