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Davos. Un Forum dont rien d'important, comme d'habitude, ne sortira

Pour le Forum Economique de Davos du 23 au 26 janvier 2018, la Fondation a publié comme chaque année un document intitulé Global Risks Report

http://reports.weforum.org/global-risks-2018/
Résumé en française http://reports.weforum.org/global-risks-2018/executive-summary-french/

Celui-ci, par comparaison avec les rapports précédents, paraît profondément pessimiste. Son intitulé, « Fractures, Peurs et Échecs », est significatif. Il insiste en particulier sur les risques environnementaux, l' »unitaléralisme » de certains Etats (autrement dit les guerres économiques et souvent politiques auxquelles ils se livrent, les atteintes à la cybersécurité; les tensions au sein des systèes financiers... Le WSWS en donne un résumé parfaitement objectif, comme pourront le vérifier ceux qui liront le Rapport http://www.wsws.org/en/articles/2018/01/18/pers-j18.html

:Le document indique que si les « indicateurs économiques phares », c'est-à-dire la hausse fulgurante des cours bousiers qui ont grossi les portefeuilles des participants à Davos, sont positifs, cela ne fait que « masquer les inquiétudes sous-sous-jacentes persistantes ».

« Cela a été la plus faible reprise après une récession », note le rapport, ajoutant que « la croissance de la productivité reste étrangement faible ».

L'économie capitaliste mondiale, selon le rapport, est en proie à des « cours boursiers insoutenables, le monde ayant connu un marché à la hausse depuis huit ans ; un endettement élevé [...] et des tensions persistantes dans le système financier mondial ».

Dans une section intitulée « Dans l'Abîme », le document met en garde : « Dans un contexte de conflits politiques nationaux et internationaux – et avec les décideurs économiques qui opèrent déjà en territoire inconnu – l'éclatement d'une nouvelle crise financière mondiale pourrait submerger les réponses politiques et programmatiques. Un effondrement systémique du type de celui évité en 2007-2008 pourrait pousser les pays, les régions ou même le monde entier par-dessus le précipice et dans une période de chaos. »

En plus des « tensions militaires croissantes », des « renforcements militaires », des « conflits par procuration » et des multiples « poudrières » risquant la guerre, le document souligne le danger de tensions sociales croissantes dans chaque pays capitaliste.

« Dans de nombreux pays, le tissu social et politique a été fortement entamé par de nombreuses années de stagnation des revenus réels », indique-t-il, pointant les chiffres illustrant la décélération des salaires et l'augmentation rapide des inégalités sociales.

« Des niveaux élevés d'endettement personnel, conjugués à des provisions insuffisantes en matière d'épargne et de retraite, sont une raison de penser que les frustrations pourraient se creuser dans les années à venir », peut-on lire dans le rapport.

Il rappelle également l'avertissement du Rapport sur les risques mondiaux du FEM de 2014 selon lequel l'une des plus grandes menaces dans le monde était un niveau de chômage des jeunes si élevé qu'il menaçait de créer une « génération perdue ». Le rapport note sèchement que depuis trois ans, ce niveau reste « globalement statique ». Il met en garde qu'avec des millions de jeunes sans travail, des « conflits générationnels sur les politiques fiscales et du marché du travail » pourraient éclater.

L'inquiétude suscitée par les divisions sociales explosives s'accompagne d'une partie du rapport préoccupée par Internet, intitulée « Digital Wildfires » (Des traînées de poudres numériques). Il dénonce « l'utilisation intentionnelle des médias sociaux pour répandre la désinformation », c'est-à-dire la révélation des conditions réelles auxquelles sont confrontés les travailleurs dans tous les pays, comme étant un défi à la « gouvernance mondiale ». Le rapport se félicite des mesures prises par Google et Facebook ainsi que les gouvernements, pour sévir contre « le trouble semé par la désinformation en ligne » par l'emploi de la censure pure et simple.

Les conclusions politiques tirées par le rapport sont particulièrement frappantes :

« La démocratie montre déjà des signes de tension face aux bouleversements économiques, culturels et technologiques. Des dégâts beaucoup plus profonds sont possibles : les ordres sociaux et politiques peuvent s'effondrer. Si un pays divisé uniformément connaît une polarisation endurcie où dans une compétition c'est le vainqueur qui rafle tout, le risque augmente que le débat politique laisse la place à des formes de sécession ou de confrontation physique. Dans ces circonstances, un point de basculement pourrait être atteint. Une spirale de violence pourrait commencer, en particulier si les autorités publiques perdaient le contrôle et ensuite intervenaient comme parti pris avec une force disproportionnée. Dans certains pays – avec un accès facile et général aux armes ou une histoire de violence politique – un conflit civil armé pourrait éclater. Dans d'autres termes, l'État pourrait imposer sa volonté par la force, risquant de longues conséquences en chaîne : un état d'urgence, la suppression de libertés individuelles, voire l'annulation des élections pour protéger l'ordre public. »

Que faire?

Au vu de ce rapport, que proposeront pour éviter les catastrophes les « Elites mondiales » rassemblées à Davos, parmi lesquelles devrait se trouver Donald Trump pour la séance de conclusion? Nous prévoyions pour notre part qu'elles ne proposerons rien, sinon de poursuivre comme à l'accoutumée. « Business as usual »

Les catastrophes annoncées voudraient que des remèdes profonds, remettant directement en cause le pouvoir des 1% de super-riches et super-puissants qui dominent le monde, soient proposés. Mais a-t-on jamais vu dans l'histoire du monde des dominants décider spontanément de supprimer ou seulement limiter leurs privilèges?

Ils ne le feraient que sous la contrainte des 99% de dominés. Mais il suffit d'observer que ceux-ci sont infiniment divisés, engagés dans des luttes fratricides, incapables de communiquer entre eux et à plus forte raison de s'entendre. Ce ne sera pas d'eux que naitre l'opposition, nécessairement violente, obligeant les élites à partager leurs pouvoirs. Si les 99% s'y décidaient, ils seraient vite remis à la raison par les moyens militaires dont disposent à discrétion les élites.

Peut-être sommes nous exagérément pessimistes, en prévoyant ainsi en quelque sorte la fin rapide des civilisations. L'avenir le dira, à ceux, s'il y en a, qui survivront aux désastres évoqués timidement et pour la première fois à Davos .

19/01/2018
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