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Robert Zoelick : il sera de plus en plus difficile d'ignorer l'aggravation de la crise

Le Chef de la Banque Mondiale, Robert Zoelick, a mis en garde lors du week end du premier Mai contre l'illusion selon laquelle la situation économique mondiale pourrait s'améliorer prochainement. Son discours a été repris plus mezzo voce par son homologue du Fonds Monétaire Dominique Strauss Kahn. Nous devons nous demander une fois de plus ici pourquoi les gouvernements européens ne veulent pas tenir compte de ces avertissements et proposer les réformes radicales qui s'imposeraient, avant d'être dépassés par l'aggravation des conséquences sociales de la crise.

Robert Zoelick, successeur de l'inénarrable Paul Wolfowitz, est un haut fonctionnaire beaucoup plus crédible que son prédécesseur (photo). Il avertit dorénavant que la crise économique ne fera que s'accroître, débouchant sur ce qu'il n'hésite pas à nommer une calamité en termes humains et de développement (« a human and developmental calamity  ») . Cette déclaration a été faite à l'issue d'une réunion de la BM et du FMI elle-même tenue à l'occasion de la réunion à Washington des ministres des finances du G8 et du G20.

Selon cette déclaration, les pays en développement seront les premiers à souffrir, la crise conduisant plus de 50 millions de personnes, femmes et enfants en particulier, au seuil de l'extrême pauvreté. Par ailleurs le chômage mondial devrait s'élever de 5,3 à 8,3 %  et toucher  90 millions de travailleurs supplémentaires, eux-mêmes également réduits à l'extrême pauvreté. Il en résulte qu'un milliard de personne seront dorénavant chroniquement sous-alimentés.

Parallèlement, le FMI publiait son “Global Financial Stability Report”, prédisant que la dette mondiale dépasserait 4 trillions de dollars et que le système bancaire global était proche de l'insolvabilité.

Ces annonces reposant sur des enquêtes officielles minorent certainement les réalités. C'est une raison de plus pour les prendre au sérieux. Or les ministres des finances n'ont pas réagi. Ils ne se départissent pas d'un optimisme de façade  s'appuyant sur des modèles faisant croire à une prétendue reprise prochaine. Inutile de dire que ces hypothèses nous paraissent particulièrement farfelues. Elles ne tiennent aucun compte par ailleurs des perspectives de la crise environnementale en cours d'aggravation, dont personne ne veut parler, non plus que de la toute nouvelle crise sanitaire. Même si la pandémie grippale n'a pas pour le moment l'ampleur que craignait l'OMS, elle aggravera nécessairement la récession et les difficultés des plus pauvres.

Les ministres des finances se bornent à continuer de s'opposer sur les mesures de relance à prendre. Les divergences s'observent principalement entre les Européens, qui ne veulent pas donner pour le moment de nouvelles facilités aux banques,  et l'administration américaine qui continue à réclamer un « surge » mondial de plus grande ampleur. Tout ceci est évidemment parfaitement loin du compte.

En Europe, nul ne devrait l'ignorer, la crise prendra une ampleur particulière due à l'insuffisance chronique des investissements dans les secteurs de haute technologie et de la recherche, seuls susceptibles d'offrir de nouvelles activités et produits « environnementalement-compatibles ». Nous estimons donc de  plus en plus insupportable l'optimisme de façade dont Christine Lagarde est une bonne illustration. La culture historique et politique de l'Europe devrait lui permettre de mettre en œuvre un vaste programme de nationalisations des secteurs financiers et industriels  stratégiques européens, seul capable de redresser la situation.

Nous avons déjà publié ici des articles concernant ce thème. Nous nous proposons d'éditer en libre accès, prochainement, un essai répondant aux questions et doutes que le concept de nationalisation éveille encore dans les opinions  européennes.
04/05/2009
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